Les uvéites

Les uvéites

L’uvée est une membrane vascularisée par le système ciliaire. On distingue :

L’uvée antérieure :

  • Iris : diaphragme mobile baignant dans l’humeur aqueuse et séparant la chambre antérieure de la chambre postérieure.
  • Corps ciliaire : entre la racine de l’iris et la choroïde, il a un rôle dans l’accommodation (muscle ciliaire) et la sécrétion d’humeur aqueuse.

L’uvée postérieure : c’est la couche intermédiaire située entre la rétine en dedans et la sclère en dehors. Elle est composée de la choroïde très vascularisée et de la membrane de Bruch qui la délimite de l’épithélium pigmentaire. 

1/ Les uvéïtes antérieures 

Inflammation aiguë ou chronique de l’iris (iritis), du corps cilliaire (cyclite) ou des deux (irido-cyclite). Une kératite peut être associée. C’est un diagnostic d’œil rouge douloureux avec ou sans baisse d’acuité visuelle. 

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Signes fonctionnels :

  • Baisse variable de l’acuité visuelle, absente ou modérée en cas d’uvéite antérieure.
  • Douleurs oculaires variables souvent à type de pesanteur, rarement insoutenables
  • Larmoiement, blépharospasme, photophobie

Signes physiques :

  • Œil rouge avec dilatation des vaisseaux d’origine ciliaire
  • Cornée claire, sans ulcération
  • Pupille en myosis
  • Pas de sécrétions purulentes. 

Le diagnostic étiologique repose sur l’interrogatoire +++ (l’examen ophtalmologique est peu contributif) et sur les examens complémentaires éventuels. 

Les étiologies sont variées :

  • Causes locales : post-chirurgicales, tumeur oculaire, décollement rétinien ancien, corps étranger…
  • Causes loco-régionales : infection ORL ou dentaire de voisinage
  • Causes infectieuses : Herpès, Tuberculose, Syphilis, brucellose, leptospirose, rickettsiose, lèpre…
  • Causes auto-immunes : SPA, FLR, sarcoïdose, maladie de Behçet, vascularites rétiniennes, neuropathies optiques  ..
  • et iatrogènes (bêtabloquants, corticoïdes, sels d’Or, antipaludéens  …).

Remèdes aigus à choisir en fonction des sensations :

d’œil trop gros Spigelia (cu)
d’éclatement du globe oculaire Bryonia alba (ph)
d’œil tiré en arrière Paris quadrifolia (ge)

 

2/ Les uvéites postérieures :        

Signes fonctionnels :

  1. Baisse d’acuité visuelle liée au trouble vitréen (hyalite) ou à la localisation maculaire d’un foyer.
  2. Scotome positif ou négatif, qui traduit le foyer chorio-rétinien
  3. Myodésopsies, Photopsies par traction vitréo-rétinienne, Métamorphopsies parfois : déformations visuelles
  4. Douleurs rares·        

Signes physiques :

  • Trouble vitréen localisé ou diffus (hyalite) avec parfois des condensations inférieures (œufs de fourmis, banquise)  
  • Choriorétinite : foyer blanc jaunâtre mal limité, un peu saillant de localisation et de nombre variable 

Sous traitement corticoïde, les uvéites guérissent le plus souvent… On aura intérêt à adjuver celui-ci par les vitamines A,C et D. Mais les récidives sont fréquentes et la répétition des épisodes favorise les complications. Tout foyer choriorétinien « guéri » le fait au prix d’une cicatrice atrophique rétinienne, grave si sa localisation est maculaire.

 

alt   Tomographie laser de la rétine :

Uvéite intermédiaire bilatérale avec œdème maculaire bilatéral

Les uvéites peuvent en outre se compliquer de cataracte, d’hypertonie, de décollement rétinien, de synéchies irido-cristalliniennes, de glaucome néovasculaire, d’atrophie optique … Les sérocytols (Oeil et neuro-vasculaire) ont souvent un bon effet.

Les profils de réactivité sérique (BNS) sont indispensables pour orienter un traitement naturel adjuvant (cf. cas ci-dessous – uvéite postérieure métaherpétique) :

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On y remarque l’inflammation chronique (hyper Alpha 2) et les trois remèdes homéopathiques susceptibles d’agir spécifiquement : Cuprum, Stannum et Arsenicum. Le calcul proposait : SCUTELLARIA GALERICULATA, grande labiée (riche en silice), assez spécifique des viroses trainantes, mais aussi des plantes vasculaires, dont : Melilotus (s), Thlaspi bursa pastoris (na), Rubus idaeus (s)…

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En cas d’échec, de récidive, ou lorsque les remèdes bien choisis n’agissent pas, il faudra penser à utiliser les nosodes :

  • Luesinum … avec xanthélasma.
  • Vaccinotoxinum  herpès cornéen et kératite méta-herpétique.
  • Toxoplasma gondii  iridocyclite ou choriorétinite après toxoplasmose

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.