L’homocystéine

L’homocystéine est un acide aminé soufré résultant du catabolisme de la méthionine ou de la cystathionine. Son nom provient de sa structure analogue avec la cystéine, cet autre acide aminé ayant un groupement méthylène (-CH2-) en moins.   

La concentration de cet acide aminé dans le sang et l’urine augmente :

  1. quand il existe une insuffisance cellulaire hépatique
  2. en cas de carence en cobalamine (vitamine B12), en acide folique (vitamine B9) ou en pyridoxine (vitamine B6).

Le taux normal de l’homocystéine dans le plasma à jeun est compris entre 5 et 15 micromoles par litre. L’hyperhomocystéinémie est modérée quand elle est située entre 16 et 30 micromoles par litre et considérée comme sévère si elle dépasse 200 micromoles par litre. 

Test dynamique : six heures après administration par voie buccale de 0,1 g par kg de poids de méthionine, la quantité normale de l’homocystéine dans le plasma (partie liquide du sang) est inférieure à 50 micromoles par litre chez l’homme. 

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L’homocystéine est une substance pro-inflammatoire dont le rôle dans l’athérosclérose a été suspecté dès 1969 par McCully. Mais aucune causalité dans celle-ci n’a été prouvé : une homocystéinémie élevée n’est qu’un indicateur, comme le cholestérol. D’ailleurs, la supplémentation en vitamines B6, B9 et B12, chez des patients à hauts risques de maladie coronarienne, baisse de manière significative le taux d’homocystéine, mais ne diminue en aucun façon la fréquence des atteintes cardio-vasculaires ! 

L’homocysteine a été également incriminée dans le mécanisme de certaines affections neuropsychiatriques. Ainsi, elle serait un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer (certains praticiens en font un facteur pronostic du déclin cérébral), le défaut de fermeture du tube neural, les troubles dépressifs, ainsi que pour la schizophrénie. Son taux semble également être corrélé avec le risque de survenue d’une DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge‎). 

Quelques formes congénitales d’hyperhomocystéinémie ou -urie sont décrites. Il existe, dans ces cas, une majoration du risque de faire un accident cardio-vasculaire et la supplémentation en vitamines semble avoir montré, dans ces cas, un intérêt.


 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.