Ménopause et bouffées de chaleur

Ménopause et bouffées de chaleur 

La ménopause est une aménorrhée spontanée chez une femme à partir de 45 ans, par épuisement folliculaire ovarien. Cette crise s’accompagne d’une insuffisance lutéale (chute progressive de la progestérone) et hyper oestrogénie relative, ainsi que d’une augmentation de la FSH. Les cycles anovulatoires sont irréguliers (raccourcis ou allongés), pouvant s’accompagner de ménorragie.

Les règles cessent définitivement vers 50 ans. La ménopause entraîne dans 75 % des cas des troubles variés à type de :

1/ mastodynie, œdème, prise de poids (hyper oestrogénie relative), séborrhée ou hyperpilosité (hyper androgénie relative). Puis la production d’œstrogènes va diminuer à son tour, et on peut observer une asthénie, une sécheresse cutanée et vaginale, des bouffées de chaleur.

2/ petits symptômes névrotiques (liés à la blessure narcissique) + un déséquilibre vago-sympathique (troubles vasomoteurs variés), selon la tendance diathésique prédominante de la patiente… La disparition de la séquence menstruelle fait irrésistiblement apparaître la notion de perte, de rétrocession de l’image du corps.

Les dosages hormonaux de confirmation (FSH élevé et 17 Bêta œstradiol bas) connaissent de fortes fluctuations. Ils ne sont vraiment utiles que si l’on souhaite faire un relais avec une THS (femmes hystérectomisées ou sous contraceptifs oraux : absence de vraies règles).   

La blessure narcissique est proportionnelle à l’investissement émotionnel autour de la féminité et de ses fonctions. C’est aussi la période difficile de dissolution du noyau familial (départ des enfants) et d’un relatif ( ?) désintérêt du conjoint, peut-être aussi celui des rivalités et des compétitions avec les générations montantes.

Le problème se complique depuis quelques années, vu le nombre croissant des femmes qui, pour « éviter l’ostéoporose », ou plus simplement les désagréments des bouffées de chaleur et du dessèchement de la peau et des muqueuses, optent pour une hormonothérapie au long cours … dont nous ne connaissons pas encore les effets à long terme et qui favorisera une progressive prise de poids, tout en ne protégeant pas vraiment le capital osseux (1/3 des femmes n’est pas sensible au THS).

  Les 7 mains de la ménopause !

De plus, le problème du « quand arrêter » ces hormones reste entier ! Si le traitement hormonal substitutif se justifie dans les rares cas de ménopauses précoces et dans les syndromes secs (cf. Alumina, Causticum ou Silicea), il me parait prudent de lui préférer une phytothérapie adaptée (intérêt du BNS) dans tous les autres cas.

Ces symptômes sont plus ou moins gravement ressentis :

  • des bouffées de chaleurs invalidantes, avec troubles du sommeil = 50%
  • dépression ou irritabilité, douleurs musculaires, arthralgies = 55%
  • sécheresse vaginale et perte de la libido = 35%

A cela s’ajoute l’augmentation du cholestérol LDL, donc un risque accru de pathologie vasculaire. Les recommandations alimentaires sont importantes : exercice physique régulier, aliment riches en calcium, magnésium, vitamines D et K permettront de conserver le capital osseux. Une supplémentation vitaminique gommera la fatigue et réduira la sécheresse cutanéo-muqueuse : complexe des vit. B, vit. C et E, Zinc, Chrome, Manganèse, Silicium et AGPI …

Ménopause

Durant la phase de transition, j’utilise assez systématiquement la rotation de quatre remèdes (en 7 CH, une prise quotidienne), choisis selon les symptômes dominants, dès les premiers signes prémonitoires, jusqu’au syndrome déficitaire avéré :

1- Lachesis … arrêt des écoulements -> hyperesthésies, alternance d’élans (verbaux) et de désespoir (MTC : plénitude + feu) les revanches à prendre : jalouse et dominatrice, troubles de mémoire ++ (rate). Aggravation vespérale (insomnie, cauchemars) et à la chaleur du lit

2 – Psore = Sulfur … sueurs nocturnes, paresthésies, céphalées, troubles veineux, dépression périodique, (MTC : stagnation) prurit vulvaire et troubles trophiques (question-clef = cherche-t-elle les places fraîches dans le lit ?).

ou Sepia (mg) … l’indifférence fixée, le relâchement des tissus de soutien (pesanteur ++ !)(MTC : sang + Qi) le « devoir conjugal » et son anorgasmie chronique (toujours les pieds froids).

3 – Thuya occ. … la rétention hydrique (« signe de la bague », aggravé par l’humidité), (MTC : eau non gérée) elle est triste et de mauvaise humeur, on observe l’intrusion des « idées fixes ».

ou Causticum (am) … inquiétude et raideur physique et psychique (maigre, < par le vent et le froid).(MTC : sécheresse sur feu interne) « pseudo-pédago persécuteur » en langage psychiatrique, agitée et révoltée puis déprimé et parétique, avec incontinence urinaire et aversion pour le coït.

4 – Ignatia amara (na) la « déception » d’une jeunesse perdue -> instabilité neurovégérative avec hypertonie des fibres lisses : la « boule dans la gorge », les soupirs (régleur dysneurotonique de tous les remèdes précédents).

Dans le cas d’une ménopause brutale liée à un traumatisme psychique (deuil, frayeur …) ou physique (chirurgical …), on pourra préférer à Ignatia d’autres remèdes de décompensation psychologique, comme : Gelsemium (mn), Opium (ba), Staphysagria (na) …

La ménopause évolue en trois phases qui peuvent nécessiter des remèdes particuliers :

1er phase : le regain d’activité : « Une femme ménopausée se yangise » dit-on en MTC. Sans doute parce « Qu’au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable » (R. Gary) ? : activisme dans le domaine des affaires, de la politique, du syndicalisme ou du prosélytisme religieux.

  • Argentum nitricum … précipitation, avec phobies, vertiges et exigences multiples pour compenser un sentiment profond d’insécurité et une incapacité à choisir !
  • Fluoricum acidum … le goût tardif des « expériences sexuelles » multiples, activiste désespérément optimiste et irresponsable !
  • Iodum … excitée (jusqu’à devenir nymphomane) et boulimique, mais vite épuisée (demandez un dosage de TSH + T3 /T4)
  • Murex (mg) … un désir de dimension sociale, pour compenser un refoulement violent de l’élément génital.
  • Nux vomica (s) … l’effort de réussite se fait sur le plan matériel, stase portale, irritabilité et intoxication (éthyl, tabac, médicaments ?).
  • Phosphorus … l’effort d’idéalisation de l’autre (qui lui est nécessaire) absorbe beaucoup d’énergie.
  • Pulsatilla (si) … irritabilité et caprices, le chantage affectif (et l’égoïsme sous-jacent !).
  • mais aussi selon le cas Platina, Moschus (cu)…

2 ème phase : le repli dépressif : Sensation de vie ratée, d’inutilité. Asthénie physique, ralentissement psychomoteur et troubles somatiques divers.

  • Conium (au) la « vieille fille » : frustration sexuelle, vertiges et défaillances de toutes sortes, antécédents de mastose (ou de cancer du sein … « on ne veut plus de moi comme mère ?! »)
  • Helonias (mg) le moral est bas : mélancolie profonde, hyperménorrhée avec ptose utérine marquée et épuisement.
  • Natrum muriaticum l’incommunicabilité de la spasmophile inquiète et renfermée : se sent perpétuellement incomprise et frustrée !!! et tous les Natrum (eau) : Natrum carb. (thermomètre), Natrum sulf. (baromètre) … ou Kalium (sang) : Kalium carb. …
  • On peut même observer à ce stade, la capitulation tissulaire et morale des acides : Benzoïcum acid. (la goutte), Phosphoricum acid., (le désintérêt total) ou Nitricum acid. (la fissure anale),…

Les nosodes auront un bon effet dès que la situation se chronicise (patiente en vide) :

  • Psorinum frileuse, allergique et désespérée de son cas
  • Colibacillinum sur antécédent de cystite récidivante et colopathie… libère le rein qui remplira le cœur (joie).

Avec désintérêt sexuel (partenaire ?) :

  • Baryta carb.hypo-endocrinie d’involution avec prise de poids, ralentissement psychique et perte de mémoire
  • Calcarea carb. … le peu d’intérêt pour la chose sexuelle se confirme, apathie, obésité et frilosité : préfère la bouffe ?
  • Graphites (ch) …triste, grasse et frileuse, si les migraines vont mieux, la dermatose s’aggrave !
  • Opium (ba) … traitement prolongé aux anxiolytiques et/ou barbituriques (neuroleptiques même parfois)
  • Causticum (am) … agitée et raide pour dissimuler sa perte de pouvoir et sa peur de vieillir

3 ème phase : de l’irritabilité aux réactions agressives, une manière de se défendre et de surcompenser. Parfois recherche d’un bouc émissaire poursuivi avec un acharnement extraordinaire !

  • Actaea racemosa (s) … cyclothymique, loquace et confuse, elle présente une nette hypertonie des muscles rachidiens (palpez les apophyses latérales des cervicales et dorsales)
  • Aurum / Platina … coléreuse, dominante et inquiète, seule la présence de jeunes enfants la détend un peu.
  • Hyosciamus (ca) … sera à réserver à différents délires, de perversion, d’exhibitionniste ou de mégalomanie.
  • Lilium tigrinum (mg) … débordée, refoulée et paradoxale. Mélancolie religieuse : les « grenouilles de bénitier ».
  • Nepenthes (ag) … femme ménopausée, dépressive, fatigable et capricieuse, tr. digestifs et hypersomnie. Frigidité ++, douleur de l’ovaire gauche, règles en avance, abondantes, coxarthrose gauche, aggravée la nuit, améliorée à l’air frais (la marche au grand air).
  • Staphysagria (na) … refoulement et vexations : « pour ne pas avoir l’air … »
  • Pensez aussi à : Adamas (au), Alumina, Crocus sativus (na) rires et larmes alternés, Kreosotum (ac) …

A ces remèdes, les plus souvent rencontrés, il y aura lieu d’adjoindre, en cas de bouffées de chaleur importantes :

SUEURS :

  • Glonoïum (s) = Nitro-glycérine (Trinitine) battements dans tout le corps (sorte de Belladonna aggravée), congestion céphalique, avec vertiges et troubles sensoriels, aggravée par la chaleur du soleil (Yang).
  • aussi : Amyl-nitrosum (s) idem mais angoisse pendant la bouffée et sensation de froid après
  • Belladonna (ca) … malaises violents et subits, soif et sueurs profuses
  • Lilium tigrinum (mg) … sueurs froides, tendance hystériforme
  • Manganum aceticum … sueurs chaudes, avec dyspnée
  • Rauwolfia (au) avec sueurs froides, sur terrain d’HTA

SANS SUEURS :

  • Aconit nap. (s) … palpitations et céphalée violente, avec angoisses
  • Melilotus (s) … bouffées + céphalées congestives, améliorées par un épistaxis.
  • Sanguinaria (ph) … bouffées localisées à la face, joues rouges, douleurs battantes de la tête, sensation brûlante des paumes des mains et des pieds (vide de Yin du Poumon).
  • Veratrum viride … b. de chaleur avec pouls lent et tendance syncopale

Anthroposophie : Bryophyllum D3 + Ignatia amara D4 + Lachesis D 12 aa gouttes (lab. Weleda).

Les troubles vasomoteurs des membres (paresthésies localisées) peuvent nécessiter en outre : Gnaphallium (s)

Dans la banque de données des BNS, nous trouvons au symptôme « bouffées de chaleur » des plantes souvent proposées : Rosa canina (s) / Lilium tigr. / Valeriana (na) / Passiflora (na) / Fumaria (k) / Ulmus camp. (s) / Fragaria vesca (s) / Salvia off. (si) …

Si vous souhaitez réaliser un BNS12 ou 24, cliquez sur ce lien : www.mybiobox.com

Remèdes complexes de Heel : KLIMAKT-Heel (en Suisse : SEPIA-Compositum) (Sanguinaria D3/Sepia D4/Sulfur D4/Ignatia D4/Lachesis D12/Cedron D4/Stannum D12 …)

Auquel on peut ajouter si nécessaire : OVARIUM compositum / PLACENTA compositum / UBICHINON comp.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.