Métabolites organiques urinaires

Les métabolites organiques urinaires (MOU)

Ce profil urinaire à 11 paramètres (dont les concentrations sont rapportées à la teneur en créatinine) est indiqué en cas d’INFECTION FROIDE, avec troubles digestifs (mais aussi cutanés et généraux) consécutifs à une dysbiose intestinale rebelle (et en particulier lorsque les coprocultures sont négatives) et destiné à la recherche d’une infection fongique ou parasitaire chronique (en particulier après échec du traitement antifungique)

 

Symptômes communs aux dysbioses (au moins une fois par semaine, depuis 6 mois), les symptômes sont classés par pôle organique :

Estomac-Rate …        Brûlures d’estomac / Herpès (buccal, cutané ou génital) / Hypersensibilité aux remèdes, produits ménagers …

Colon-Peau …

  • Peau sèche, rougeurs et prurit, eczéma / Selles ou gaz nauséabonds. Constipation ou diarrhée
  • Infections ORL fréquentes / Fatigue (physique et psychique) / Sueurs nocturnes

Rein-Surrénales …     Chute des cheveux / Acouphènes intermittents / Dépression, baisse de la libido / Pollakiurie, infections urinaires à répétition

Foie-VB …                 Douleur dans la région du foie / Ongles fragiles

Cœur …                     Palpitations, épisodes de tachycardie / Maux de tête, insomnie

 

— Symptômes plus particulièrement parasitaires (amibes) :

Estomac-Rate …        gingivite, parodontite (mobilité dentaire, poches)

Colon-Peau …           Diarrhée chronique, selles glaireuses / Constipation chronique, prolapsus rectal / Irritation chronique de la gorge

Foie-VB …                 Douleurs musculaires

 

— Symptômes plus particulièrement mycosiques (candida) :

Estomac-Rate …

  • Attirance pour le sucre, prise de poids / Rougeurs, fissures de la commissure des lèvres
  • Douleurs d’estomac, résistants aux anti-acides / Douleurs fugaces des oreilles, des dents ou mâchoire

Colon-Peau …           Démangeaison des aisselles, de l’anus / Ecoulement nasal fréquent ou nez bouché. Spasmes intestinaux parfois violents

Rein-Surrénales …     urines d’odeur forte, parfois moussantes ou filaments

Foie-VB …                 Irritation oculaire : yeux secs, paupières inflammatoires. Humeur changeante, excitation (enfant)

 

— Symptômes plus particulièrement bactériens (Clostridium) :

Estomac-Rate …

  • Poids insuffisant. Intolérance à l’alcool / Aggravation ou amélioration suite d’antibiotiques
  • Brouillard intellectuel, troubles de mémoire, cherche ses mots / Maladresse, gestes imprécis, chute d’objets
  • Ecchymoses, bleus spontanés / Tremblements musculaires fins (paupières ou autre)

Colon-Peau …

  • Fourmillements des extrémités, brûlures sous la peau / Jambes lourdes ou gonflées le soir
  • Besoin d’inspirer profondément, essoufflement à l’effort

Rein-Surrénales …     Instabilité, sensation d’être ivre / Hypersensibilité au bruit

Foie-VB …

  • Douleurs musculaires ou péri-articulaires migrantes, tendinites / Crampes nocturnes ou de repos, jambes sans repos
  • Flou visuel, ombres ou taches lumineuses / Hypersensibilité à la lumière

Cœur …                     Angoisses injustifiées, humeur fluctuante / Endormissement irrépressible avec sursauts, hypersomnie.

 

Les troubles digestifs constatés peuvent être consécutifs à :

       Une alimentation déséquilibrée : trop riche en sucres, conserves, carnée ou au contraire végétalienne !

       Un déficit enzymatique (génétique ou post médicamenteux) ou micronutritionnel (vitamines, oligo-éléments)

       Une inflammation chronique du grêle (intolérances alimentaires ?) ou une modification durable du pH qui favorisent l’apparition de micro-organismes pathogènes.

Les quelques 400 souches différentes de la flore intestinale représentent environ 10 puissance 14 bactéries, soit environ 700 grammes du poids total d’un adulte.

La méthode consiste à repérer la présence en trop grande quantité dans la flore intestinale de ces micro-organismes pathogènes par l’identification de leurs métabolites spécifiques dans l’urine :

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Marqueurs bactériens (NB. Les bactéries consomment de préférence des acides aminés aromatiques) :

Test global = le D LACTATE

Augmentation de la flore de putréfaction = alimentation trop riche en protéines et en graisses / pauvre en hydrate de carbone ?

 

Phénylalanine = BENZOATES :

1/ Le « 4 OH Benzoate » 

Présence de bactéries genre Clostridium (bactérie de putréfaction) ou Echerichia coli – tyrosine dépendante – généralement sensibles au Flagyl

Signe souvent une carence en vitamine B5 (activateur de son enzyme hépatique).

NB. L’acide benzoïque est aussi apporté par des aliments tels que les prunes, le myrtilles, les airelles.

2/ L’« hippurate »

Marqueur de la détoxication hépatique et des pH intestinaux bas (passage d’acide garstrique)

 

Tyrosine = PHENOLS :

1/ Le « 2 OH Phénylpropionate »

Présence de bactéries genre Clostridium ou Pseudomonas (après antibiothérapie ?)

Signe souvent une carence en dopamine (acide inhibiteur de la dopa-décarboxylase)

2/ Le « P-OH Phényl acétate »  métabolite de la Tyrosine

Présence de bactéries genre Clostridium ou de Giardia intestinalis, témoin d’une dysbiose parasitaire et bactérienne (source de malaise, fatigue, amaigrissement …)

Signe souvent le déficit en vitamine C ou à une hyper perméabilité intestinale (alcool ou intolérances alimentaires ++)

3/ Le « Tricarballylate » métabolite de l’aconitate

Présence de souches bactériennes aérobies qui chelatent le Calcium, le Magnésium et le Zinc, ce qui a pour conséquence un déficit de ces micro-nutriments.

 

Tryptophane = INDOLES

L’ « Indikan » Signe une putréfaction exagérée souvent liée à une digestion enzymatique peu efficiente.

 

NB. Le genre Clostridium est un genre bactérien regroupant des bacilles gram positifs anaérobies, souvent sporulés, mobiles en général par l’intermédiaire de flagelles.

Les quelque 150 espèces de bacilles sporulés anaérobies appartenant au genre Clostridium sont des germes saprophytes telluriques intervenant dans la putréfaction des déchets organiques (protéolyse et saccharolyse). Ils se trouvent en commensaux de la flore intestinale, surtout chez les herbivores, mais également chez l’homme. 

Conseils :

  1. Traiter la constipation, mangez lentement en mastiquant bien, veillez à bien boire (hydratation)
  2. Réduire les aliments riches en protéines (viandes, fromages, charcuterie, oeufs)
  3. Augmentez la consommation de fibres (légumes, fruits, céréales complètes)
  4. Utilisez un complexe pré (FOS) + probiotiques
  5. Utilisez des huiles végétales insaturées (noix, chanvre, lin, colza …)
  6. arrêtez les IPP (qui entraine une maldigestion des protéines)

Quelques espèces sont toxigènes et peuvent causer des maladies non contagieuses résultant de l’introduction accidentelle dans l’organisme du germe et de sa toxine. Les 4 principales de ces maladies sont le botulisme, le tétanos, la gangrène gazeuse et l’entérotoxémie.

   prédominance du Clostridium

 

Marqueurs fongiques :

Le « Tartarate »

Le « Citramalate »

Le « D-ARABINITOL  » … c’est un sucre-alcool produite par le Candida albicans

Une présence excessive fera suspecter une candidose aiguë (cas souvent observé chez les patients immunodéprimés)

Conseils : le traitement de ces infections fongiques est compliqué. Il passe par :

— La réduction drastique des sucres et des céréales (pain, pâtes ..)

— Corriger les les carences en Sélénium, Zinc, oligo-éléments et vitamines

— La prise d’inhibiteurs fongiques naturels, exemple : CANDIDAPUR, complément alimentaire contenant :
De l’acide caprylique (350 mg par gélule, extrait de la noix de coco),
De l’extrait de feuilles d’olivier hautement concentré (20% d’oleuropéine),
De l’extrait de graines de pamplemousse en forme poudre
Et du Lapacho

— Eventuellement même des antifongiques chimiques … Diffucan ou Nystatine 500 000 UI par jour durant 3 semaines

— En arrêtant – bien sûr – les IPP, remplacés par un probiotique le matin

— Un apport de Glutamine est conseillé en cas de porosité intestinale (intolérances alimentaires multiples)

Ce profil urinaire est surtout utilisé pour confirmer / infirmer une « candidose chronique », diagnostic posé trop souvent par défaut de preuve.

Prix = 125 euros (laboratoire Barbier en France)

 

Il est bon de savoir qu’il existe une seconde méthode indirecte de détermination des déséquilibres de la flore intestinale, par l’analyse des gaz évacués :

   Hydrogen breath test

 

Le test respiratoire est une technique non-invasive qui mesure les gaz exhalés permettant d’investiguer les désordres fonctionnels intestinaux. Il permet en outre de diagnostiquer une malabsorption du fructose et/ou du lactose ainsi que la détection de la prolifération bactérienne intestinale anormale (SIBO en anglais).

Ces désordres sont souvent à l’origine d’une dysbiose intestinale c’est-à-dire d’un déséquilibre de notre flore intestinale entraînant à terme une perméabilité intestinale source de complications multiples (maladies auto immunes, troubles de l’humeur …). Les fermentations qui en découlent sont liées à des populations bactériennes qui se développent anormalement dans l’intestin grêle. Normalement la fermentation se passe dans le côlon, et très peu dans le grêle, qui est le lieu d’absorption des nutriments.

On mesure essentiellement 5 types de composés organiques volatils (COV) :

  1. à l’hydrogène (H2)
  2. au méthylacétate : le plus acidifiant de tous (sorte de  vinaigre), propice entre autres aux candidoses.
  3. au méthane (Isobutylène) : ce composé est directement lié au méthylacétate .
  4. à l’hydrogène sulfureux : très rare, indique un état inflammatoire . (H2S, putréfaction)
  5. monoxyde d’azote (NO)

En pratique, on mesure essentiellement hydrogène et méthylacétate.

Les bactéries qui fermentent à l’hydrogène concurrencent celles qui fermentent au méthane (elles sont « opportunistes », la nature à horreur du vide on le sait..), ainsi le traitement consiste souvent à assainir les deux types de bactéries simultanément.

La dysbiose est donc un paramètre important à mesurer de façon fiable afin de le neutraliser avant qu’il ne crée une atteinte fonctionnelle. Le Dr Bruno Donatini a travaillé avec la société GazDetect sur le MIX6-COV afin de nous permettre d’effectuer des mesures fines et précises à l’échelle du millionième de détection soit le ppm.

http://www.bhsbrasil.com.br/Implementation%20and%20Interpretation%20of%20Hydrogen%20Breath%20Tests.pdf

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.