Les mycoses

Les mycoses 

 

Pour la médecine chinoise, ce sont les manifestations locales d’un phénomène « chaleur + humidité » général. En effet, le colon, comme la peau, sont physiologiquement porteurs de quelques spores mycosiques, au sein d’un riche écosystème de germes lactiques. La survenue (objective) d’une mycose cutanée ou digestive n’est que le signal biologique d’un glissement de l’équilibre microbien cutanéo-muqueux vers un état déséquilibré (généralement marqueur biologique d’une certaine baisse immunitaire).

Trois familles de germes s’observent :

  1. Candida albicans (filaments non ramifiés, champignon commensal habituellement présent dans la bouche, les intestins et le vagin),
  2. Dermatophytes et aspergillus (filaments ramifiés, mycélium qui infecte la peau, les ongles et les cheveux),
  3. Cryptococcus (levures = champignons unicellulaires, risque d’infection pulmonaire) 

Ce sont des infections le plus souvent superficielles, rarement systémiques qui ne s’observent alors que chez les patients immunodéprimés (HIV, corticothérapie, chimiothérapie, greffés …). Cinq classes d’anti-mycosiques peuvent être utilisés :

  • Polyènes … amphotéricine B en IV, nystatine, trop toxique : usage local uniquement
  • Flucytosine … sur candidoses systémiques, mais résistance rapide
  • Imidazoles (Kétaconazole) et thiazoles … larges spectre, mieux tolérée, surtout en usage local
  • Griséofulvine … dermatophytes (teignes du cuir chevelu)
  • Terbinafine … pour les infections des ongles

Mais ne comptez pas trop sur les antifungiques, qui n’auront la plupart du temps qu’un effet momentané et partiel. Le champignon n’est que le marqueur biologique d’un déséquilibre du terrain, c’est celui-ci qui devra être exploré et corrigé, si vous souhaitez une amélioration durable.

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Recherche étiologique = la mycose s’est installée après mauvaises habitudes alimentaires, la prise de médicaments ou des vaccinations, une dégradation de l’état immunitaire (virose chronique) ?! Evaluez éventuellement l’écosystème microbien intestinal :

Berthet

  1. Corrigez l’alimentation (sucres/alcool ?),
  2. Candidose digestive après antibiotiques : Cantharis (douleurs brûlantes), Pulsatilla (si)  …
  3. relancez les fonctions de Poumon (ORL) du Colon et de la Rate-pancréas,
  4. si polarité vaginale ou anus : ajouter « Foie »

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* CANDIDOSE (remède à choisir en fonction de la correction de « terrain » à effectuer, car il n’y a pas de remède spécifique des « mycoses » en homéopathie) :

  • Arsenicum iodatum … si pèle.
  • Berberis (al) … si aspect circiné.
  • Borax (na) … leucorrhée épaisse, blanchâtre, prurigineuse (apparaissant parfois après une antibiothérapie : sorte de « muguet vaginal » 
  • Graphites (ch1) … si suinte (collant)
  • Sepia et Helonias (mg) … si mycose des plis.
  • Sulfur … surtout des pieds
  • Thuya ou Nitricum acid. … si mycose de la région génito-crurale
  • et un remède d’humidité (les natrums) : Dulcamara, Natrum sulf. ou Thuya occ., Borax (na) …
  • Nosodes (c’est chronique) : Psorinum + Candida albicans 200 K

Homéopathie complexiste (Heel) : perlingual ou sous-cut. de « Graphites compositum » (Calcarea carb. + Graphites).

« R 82 » Antimycosique (nosodes = hors phase aiguë, si récidivant) du lab. Reckeweg (Aspergillus niger D12, Candida alb. D8, Chlamidiae trac. D12, Echinacea D12, Mycosis fung. D12, Penicillinum D12, Tecoma D5, Zincum met. D10).

* ATHLETIC FOOT (mycose interdigitale)

Localement : jamais de pommade ! Calendula à 20% ou Citron pour le bain (lab. Weleda)

Avec, selon le cas  : Baryta carb., Graphites, Nitricum acid., Sepia, Silicea (si surrinfectée), Sulfur, Zincum

Traitement classique : Permanganate de Potassium dilué au 1/10 000 et sécher les régions atteintes au séchoir électrique.

Porter des chaussures ouvertes et séparer les orteils avec une gaze (pour que ça respire).

 

* DERMATOPHYTOSES :

Le pityriasis versicolor (PV) est une épidermomycose saisonnière, chronique et récidivante, très fréquente, dont l’agent (Malassezia furfur) est un saprophyte de la peau humaine. Le caractère pathogène procède de son passage à la forme mycélienne, favorisé par les conditions locales (chaleur, humidité, sueur, séborrhée …).

Le PV n’est pas contagieux, le traitement consiste en un décapage au Mercryl laurylé (hg) puis à une application de Selsun®  (soufre + sélénium) pendant 3 à 4 semaines. La récidive est la règle. NB. traitement allopathique « minute » actuel : « Ketazone unidose« 

Nosode : Pyteriasis orbiculaire ou isothérapique de l’ongle infecté (avant tout traitement)

Dans les formes étendues ou résistantes, pensez au traitement anthroposophique : Ferrum sidereum D20 + Epiphysis D2

 

 

* MYCOSES INGUEALES (onychomycoses : ongles blancs, jaunes ou noir) : à traiter avant que la matrice ne soit atteinte (Tricophyton rubrum dans 70% des cas)… 2 méthodes :

— Isothérapique de l’ongle (avant tout traitement) en doses croissantes : 5, 7, 9 et 12 CH

— Une HE naturelle localement (pas de mélange SVP !). Les plus actives sont : Aspic, Bois de Rose, Cèdre, Géranium (Pelargonium), Lavande, Niaouli (Melaleuca) Palmarosa (Cymbopogon), Santal, Sauge sclarée … On les trouve à présent dans des sticks applicateurs.

Et – bien sûr – une évaluation des déséquilibres alimentaires / immunitaires (intérêt du bilan BNS) …

 

Complexe spagyrique anti-mycosique, préparation Spagyrie Phylak  30ml (22,80 Francs suisses) : P.S. 901.1 + Dulcamara solanum

Composition du P.S.:

  • Podophyllum pellatum
  • Vinca minor
  • Rhus toxicodendron
  • Drosera
  • Propolis
  • Artemisia vulgaris
  • Sarsaparilla
  • Valeriana officinalis
  • Cardiospermum halicacabum
  • Echinacea (3: angustifolia, pallida, purpurea)
  • Fucus
  • Carduus marianus
  • Tilia
  • Pilocarpus
  • Quercus

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.