Naturopathie et médecine intégrée (5)

Platon disait : « Que les thérapeutes séparent l’esprit du corps est une grande erreur de notre époque, lors du traitement des êtres humains ».

Si cela était déjà une grande erreur à son époque, celle-ci n’a fait que croître au cours des siècles où, du fait du progrès des technologies, le patient s’est trouvé « morcelé » entre une foule de spécialistes de disciplines diverses. En réaction à cette « technicisation » de la médecine, divers courants se sont fait jour. D’abord, l’approche psychosomatique qui se proposait de « réintégrer le sujet en médecine », puis celui de « médecine de la personne », de « médecine globale », de « médecine holistique » pour aboutir aujourd’hui à celui de « médecine intégrée » qui réunit plusieurs de ces approches complémentaires.

CoûtSanté  coût du système de santé

Il existe un grand nombre de systèmes médicaux à travers le monde qui se définissent par leur contexte culturel, leurs philosophies et leurs règles diagnostiques et thérapeutiques. L’allopathie ou médecine conventionnelle (parfois aussi désignée comme médecine occidentale), qui n’est elle-même qu’un système médical particulier, se réfère aux autres (quand elle veut bien les prendre en considération !) comme « médecines complémentaires et alternatives ». On trouve parmi celles-ci en occident la phytothérapie, l’homéopathie, l’ostéopathie, la naturopathie et diverses médecines traditionnelles comme la médecine chinoise dans son ensemble et la médecine ayurvédique de l’Inde, entre autres.

DuréeVie   espérance de vie

Apparu dans les années 1990 aux États-Unis, le concept de médecine intégrée (Integrative medicine, en anglais) a d’abord été développé par les docteurs David Eisenberg et Andrew Weill, puis repris par divers praticiens et universités à travers le monde : Angleterre, Canada, France… C’est ainsi qu’aujourd’hui, au Canada et aux États-Unis, plus de 35 universités dont celles de Stanford, de Calgary et l’École Médicale de Harward se sont regroupées au sein du Consortium of Academic Health Centers for Integrative Medicine.

On voit que l’idée a fait son chemin…

MedPreventive

 

Un vieil adage médical proclame : « Primum, non nocere ! D’abord ne pas nuire! ». De son côté, Deepak Chopra, spécialiste en endocrinologie et en médecine ayurvédique, affirme que « l’organisme est la meilleure pharmacie jamais imaginée. Il fabrique des diurétiques, des analgésiques, des calmants, des somnifères, des antibiotiques, […]. Le dosage est toujours approprié et administré au moment voulu ; les effets secondaires sont minimes, voire inexistants et le mode d’emploi est inclus dans le produit lui-même, car il fait partie intégrante de son intelligence innée ». Voilà qui nous invite à être respectueux de la personne et de ses possibilités naturelles et mesuré dans nos actes et prescriptions thérapeutiques.

Personnellement, je considère que psyché, soma et énergie sont toujours à prendre en considération (sans oublier la dimension spirituelle), si l’on veut vraiment parvenir à une compréhension globale de l’individu. En pratique, cela veut dire que l’on s’intéressera à toutes les facettes du style de vie de la personne : tempérament, alimentation, activité physique, sommeil, fatigabilité, stress, climat de travail, vie familiale, vie sexuelle, conflits actuels et anciens, etc. Cela veut dire aussi que, pratiquant une écoute « élargie » du patient, on s’efforcera de comprendre la logique d’apparition des symptômes présentés, de redonner du sens à ce qui lui arrive et de le diriger vers les soins qui lui sont le plus adaptés, sans exclure le recours au spécialiste, lorsque cela s’avère nécessaire.

 NatureHumaine
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.