Nez

  Le nez

Le territoire nasal intéresse les muqueuses respiratoires (Poumon), la zone superficielle du méridien du Gros intestin (Tsin Kan), ainsi que la branche interne du méridien profond du Foie. De plus, c’est une zone sous dépendance du parasympathique crânien (en relation avec le parasympathique pelvien).

Aspect du nez :

Nez rouge =

  1. Au bout, brutalement : Agaricus, Ambra grisea, Belladonna, Lachesis, Ledum palustre ….
  2. Luisant : Borax (na)
  3. Boursouflé, séborrhéique, avec veinules et couperose des joues = le rhinophyma (sorte d’éléphantiasis facial) : Aurum, Nux vomica, Carbo veg., Lachesis
  4. Face « rouge tomate » dans une pièce chaude : Natrum carbonicum, Pulsatilla

Bout du nez froid (sur peau chaude) : Arnica (na), Medorrhinum

Peau blanche et tâches de rousseur : Ferrum, Sanguinaria (ph)

Se frottent et s’écorchent le nez : Antimonium crud. (as), Arum triphyllum (si), Cina (verminose), Teucrium marum (na)

NB. : Ne pas toucher un bouton (furoncle) des bords du nez : risque de phlébites des veines du crâne.

Séborrhée : Magnesia carb., Natrum muriaticum (au centre du visage), Selenium

Eczéma du bord des narines : Arsenicum album, Graphites, Hydrastis (k)

Condylome du nez : Causticum, Nitricum acidum

Le nez bouché

C’est un symptôme peu parlant, en dehors de l’éventualité d’une obstruction unilatérale durable qui évoque un processus d’oblitération (corps étranger, polype, tumeur…). Lorsque l’obstruction est bilatérale, la chronologie et l’association syndromique sont de bons guides diagnostiques. L’ancienneté du trouble, son caractère permanent ou intermittent, la notion d’une périodicité saisonnière ou journalière est évidemment capitale.

Les facteurs déclenchant positionnels, environnementaux (tabac, pollution), endocriniens (diabète, grossesse, hypothyroïdie) médicamenteux (bêta-bloquants, IEC, antidépresseurs favorisent les rhinites vaso-motrices), ainsi que les signes indirects (sécheresse buccale, toux, douleur pharyngée …) sont à valoriser. En cas de doute, se rappeler que la normalisation du flux nasal sous vasoconstricteur signe un obstacle muqueux, alors qu’un test négatif objective un obstacle fixe mécanique. Mais, l’utilisation excessive de ces spray vaso-constricteurs entraîne un effet rebond et une évolution vers la rhinite atrophique (1% des consultations en ORL !).

Se rappeler aussi qu’une inflammation à distance (ex.: arthrite de hanche ou métrite), peut provoquer et entretenir les troubles sécrétoires les plus variés au niveau du rhino-pharynx, par équilibre homologique (cf. loi de Peladan).

Dynamique des évènements :

–> Dès l’enfance :

  • Sur fond de constipation : Ammonium carb., Calcarea carbonica … transpire du front (le yang est à la tête), Nux vomica ou Sambuccus (cu), Silicea … transpire de l’occiput (trajet méridien de vessie) …
  • Dans un contexte de diarrhée : Rheum (mg), Belladonna et Mercurius solubilis
  • Si l’enfant est vermineux : Cina (cu), Dulcamara (na), Sulfur … après la nouvelle lune.
  • Dans un contexte de douleur dentaire : Chamomilla, Belladonna (ca) et Mercurius sol.
  • Sur terrain atopique : Arsenicum album … écoulement aqueux, brûlant, périodicité + + éternuements, aggravé dehors, à la fraîcheur, Arsenicum iodatum … aggravé par le vent chaud et sec (avec Sabadilla).
  • Avec toux coqueluchoïde : Corallium rubrum (s)… écoulement antérieur et postérieur.

–> Chez l’adulte :

* Nez sec :

  • Nux vomica (s) … nez sec la nuit, coule le jour, obstruction aiguë de l’adulte par temps froid et humide, gorge douloureuse, « champion des éternuements au lever » !
  • Sambucus (cu) … nez sec et bouché, la nuit dort la bouche ouverte, contexte spasmodique, antécédent d’asthme ?
  • Sticta pulmonaria (s) … anosmie (// sinusite et toux), aggravé par le froid sec, mieux quand il crache, besoin constant de se moucher sans résultat = il est sec !

* Ecoulement muqueux :

  • Ammonium mur. … le matin, nez bouché la nuit ++, anosmie (// rhumatismes) + turgescence des cornets
  • Kalium iodatum … allergie (sur Natrum muriaticum ?)
  • Lycopodium … ronfle régulièrement la nuit + Senna (l’acétone !)

* Muco-purulent :

  • Hydrastis (k) … alternativement coulant et sec (sec au chaud)
  • Dulcamara (na) … coulant au froid humide.
  • Kalium bichromicum … pus, rhinite chronique et sinusite frontale (+ eczéma ?)
  • Pulsatilla (si) … écoulement « doux » avec toux capricieuse, vers Kalium sulf.
  • Mercurius sol. … écoulement corrosif, haleine fétide, transpiration grasse.

* Avec éternuements :

  • Sabadilla (as) … au réveil et au coucher « dès la tête posée sur l’oreiller « .
  • Sulfur … prurit du nez + Rosa damascena (s) 1DH
  • Cyclamen (na) … céphalées avec troubles de la vue

* Alternance d’une narine à l’autre :

  • Argentum nitricum … avec conjonctivite et douleur laryngée
  • Phytolacca (k) … céphalée frontale et douleurs dans les oreilles

Et ça « brûle » : Lac caninum (na), Phosphorus, Sepia, Sinapis nigra (s) …

* Avec les règles : Melilotus (s) … la rhinorrhée remplace les règles, Platina ..

* Barométrique :

  • Bromum (io) … début d’évolution vers l’asthme (aux poussières).
  • Iodum … sujet maigre, sec et agité
  • Pulsatilla (si) … aggravé à la chaleur de la pièce, mieux au grand air.
  • Stillingia (au) … rhinite congestive avec enrouement, aggravée par le froid humide

* Présence d’un polype … Dans son répertoire, au symptôme « Polype nasal », Kent indique 34 médicaments, avec au 3ème degré =

  • Arum maculatum (si) … jusqu’à l’ulcération
  • Calcarea carb. … prend froid au moindre courant d’air
  • Kalium nitricum … chez un asthmatique
  • Lemna minor (na) … avec odeur putride du nez
  • Phosphorus … le polype saigne facilement.
  • Sanguinaria (ph) … polypes saignants facilement + écoulement muqueux
  • Teucrium marum (na) … avec éternuements et larmoiements
  • Thuya occ. … mucus épais verdâtre.

–> Chez le vieillard :

  • Muqueuses sèches : Alumina, Causticum
  • Le nez coule, perte de l’odorat, congestion des sinus : Colchicum (as), Silicea … (insuffisance de Yang et de Qi qui ne contrôle plus l’Eau)

Nosodes (chronicité) :

  • Psorinum … s’enrhume constamment, amélioré par l’air chaud
  • Marmoreck … la « goutte au nez » permanente
  • Medorrhinum … nez froid, polypose nasale récidivante

Localement, essayer :

  1. l’application dans chaque narine, d’un peu d’Homéoplasmine (lab. LHF)
  2. ou de « Luffa comp. » gouttes nasales, dans un contexte allergique (lab. Heel).
  3. ou d’ « Euphorbium comp. » gouttes nasales, dans un contexte suppuratif (lab. Heel).
  4. Les 3 « S » : association de la congestion de la face = Sabadilla + Sanguinaria + Sinapis nigra aa 6DH

Oligo-éléments : Selon la diathèse en cause : Mn ou Mn-Cuivre ou Mn-Cobalt

NB. Diluer progressivement la Détergilone ou l’Aturgil avec du Mn-Cuivre, une, puis deux doses / flacon

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.