Nosodes, Stock-nosodes et Biothérapiques

Les Nosodes, Stock-nosodes et Biothérapiques

Ces remèdes sont particuliers et les profanes les confondent souvent …

1/ Un Nosode est un remède issu d’un organe malade, c’est un révélateur du conflit : Antigènes (microbiens) – Anticorps (défense de l’hôte). C’est une invention de S. Hahnemann devant les rechutes incessantes des affections de ses patients, pourtant partiellement soulagés par des remèdes bien choisis.

On comprend mieux le potentiel d’un nosode en l’étudiant sous l’angle de la MTC : c’est la solution d’une situation de « Vide » organique, quand les régulations de base d’un organe ont cédé et le patient se chronicise alors que tous les remèdes utilisés l’aggravent. Il existe quatre « nosodes de diathèse » :

  1. Tuberculinum … vide d’énergie du pôle Poumon … patient asthénique et en quête du paradis perdu
  2. Psorinum … vide de Yang du pôle Foie … patient frileux ++ et dépressif
  3. Luesinum … vide d’eau du pôle Rein … patient sec et insomniaque
  4. Medorrhinum … vide de feu du pôle Cœur … patient obèse, anxieux et arthrosique 

NB. Les souches françaises (laboratoire Boiron) de ces remèdes ayant été passées à l’autoclave, elle n’ont pratiquement plus aucun effet : préferez les souches originales disponibles chez certains fournisseurs …

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2/ On appelle stock-nosodes (il en existe à peu près 150) les prélèvements pathologiques qui correspondent aux situations de « blocage partiel » du pôle Rate-pancréas. Ces « stock-nosodes » correspondent à des situations graves, suite de maladie infectieuse ou de vaccination, le conflit AG-AC étant mémorisé et limitant par la suite partiellement le métabolique physiologique (en particulier par épaississement du réseau de Jerne).  Parmi ceux-ci on peut remarquer quelques remèdes aux origines et utilisations peu connues :

à Anthracinum … extrait de la rate d’un mouton malade du charbon (Hering 1830).

à Botulinum … toxine du bacillus botulinus, qui se développe dans la charcuterie avariée ou les conserves mal préparées.

à Cariesinum ou Pyorrhein … fragment de carie dentaire.

à Malandrinum … sécrétion caséeuse à odeur fétide du sabot postérieur du cheval, favorisée par l’humidité et le purin (H.C. Allen 1900).

à Melitagrinum … lymphe de vésicules d’eczéma du cuir chevelu (Skinner).

à Melitococcinum … Brucella melitensis, la fièvre de Malte.

à Morbillinum … sang de rougeoleux (Gross), toux chroniques qui ont suivi un état éruptif, conjonctivites qui ne guérissent pas….

à Oscillococcinum … diplocoque à grains inégaux, très mutagène : « il devient pneumo, strepto … il « oscille » selon le pH du terrain » (J. Roy). Attention : ne pas confondre avec le sarcode (foie et cœur de canard) actuellement vendu avec cette appellation.

à Pertussinum … salive et sang d’enfant mort de la coqueluche (Clarke).

à Pyrogenium …  viande décomposée par autolysat (Kent), pour toutes les affections focales (dentaires, sinusales, utérines ++…).

à Staphylococcinum … pus prélevé sur un furoncle (photo ci-dessus)

à Streptococcinum … germe connu depuis longue date pour ses complications immunes, il est porté par environ 10% de la population. Germe aussi impliqué dans la Scarlatine et dans de nombreuses albuminuries (séquelles de glomérulonéphrites)

à Varicellinum (VZVirus) … pour les cas de Varicelle ou de Zona (herpès-virus, infection fréquente chez les immuno-déprimés).

– etc … NB. Des études sur les capacités curatives des germes infectants sont aussi menées par l’Institut Pasteur (INSERM U786), ainsi Shigella flexneri est étudiée pour ses capacités à bloquer l’activation de gènes pro-inflammatoires lors des Mici (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin).

BowelNosodes   Les nosodes intestinaux

3/ Les « Biothérapiques » … Evidemment, les autorités sanitaires qui nous surveillent sont assez peu satisfaites de ces remèdes « historiques », prélevés au lit du patient, parfois il y a plus d’un siècle et dont on ne connait pas du tout la composition (même si leur effet reste « merveilleux » à nos yeux de thérapeutes) !

Il leur semble donc bien plus logique de leur substituer des germes de cultures effectuées en boites de pétri et parfaitement identifiées, ou des produits vaccinaux … donc Antigène microbien/viral seul (motif antigénique connu, pas de marqueur de la réaction du patient) !

Ainsi, il ne faut pas confondre :

  • la souche « Influenzinum hispanica » (crachat de patient atteint de la grippe espagnole) encore disponible en Suisse, qui est un « stock-nosode »,
  • avec le « biothérapique » « Influenzinum » (dilution du vaccin de la grippe saisonnière H3N2).

Autres exemples classiques de Biothérapiques :

  • Le VAB … dilution du vaccin BCG
  • Le Sérum de Yersin … sérum contre la peste, qui a des symptômes pulmonaires graves qui correspondent assez bien au SRAS ou aux formes graves de AH1N1. 

4/ Les Sarcodesde « sarc » = la chair (encore appelée « Organothérapie ») sont des remèdes préparés à partir d’organe sains ou de sécrétions d’origine animale, dont les principes d’utilisation sont développés sur ce site dans un chapitre spécifique.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.