Oenothera biennis

alt   OENOTHERA BIENNIS 

Œnothéracée (proche du fuchsia) originaire d’Amérique du Nord, à tige dressée, anguleuse de 1 m environ. Ne poussant pas au dessus de 700 m d’altitude. La tige porte de nombreux fruits. Feuille simple, longue avec des nervures et de fins poils. Porte de grandes fleurs couleur jaune qui ne s’ouvrent qu’en fin de journée après 18 h, en quelques minutes et se referme 24 heures après son ouverture. Floraison de juin à septembre. Le fruit mesure environ 2 à 3 cm. Il contient des acides gras polyinsaturés qui ralentissent le vieillissement de la peau. L’onagre fut introduite en Europe au XVIIème siècle. Elle est cultivée comme plante horticole et médicinale de la Grèce à la Norvège.  

NOM FRANÇAIS : Onagre bisannuelle, herbe aux ânes (Ang.: Evening primrose / All.: Nachtkerze).  

PRINCIPES ACTIFS :

  1. TM de plante totale : mucilage, tanins, phytostérols, résine et sucres
  2. Graines : Huile d’onagre (obtenue par expression à froid des graines séchées) est riche en acides gras oméga 6 + 3 (pré-prostaglandines PGE1 et PGE2). Le Bionagrol® crème/lait ne contient que 2 ou 3 % d’huile d’Onagre  

INDICATIONS traditionnelles : Les Amérindiens du Nord utilisaient les graines et les racines à des fins alimentaires. Selon Wilhelms (1811) “une livre de racine d’Onagre donne plus de force que 50 kg de viande”. Les feuilles et racines furent employées comme dépuratif, vulnéraire et sédatif. Tonique cutané (action anti-radicaux libres). 

La pratique des BNS en a fait le « remède clef » des neuro-algodystrophies (30 gouttes par jour en 1 DH) car elle corrige la sécheresse tissulaire et l’acidose locale qui en découle. Traitée dès le début, l’affection cède en moins de 15 jours ! 

HOMEOPATHIE diathésique : remède du groupe des Acides (Kollitsch p. 371). Diarrhée aqueuse chez l’enfant, deshydratation. 

EFFET BIOLOGIQUE (BNS):

  • Baisse les tests : Alpha 1 précipitines / Calcarea / Magnesia
  • Augmente les tests : Mercurius / Bêta précipitines

Le syndrome prémenstruel :

 

L’huile d’Onagre a retenu l’attention des gynécologues pour le traitement du syndrome pré-menstruel (SPM). Celui-ci est cause par un déséquilibre hormonal, au cours de la seconde partie du cycle : le rapport folliculine / progestérone varie au profit de la folliculine (l’insuffisance lutéale en est la cause). Parallèlement, on observe même une augmentation de l’insulinémie et de la prolactinémie. La supplémentation alimentaire en huile d’Onagre (AGPI) démontre alors son intérêt : les manifestations les plus désagréables du SPM (douleurs mammaires, rétention d’eau, maux de tête et irritabilité) disparaissent dans 65% des cas et sont atténués dans 25 autres %.

 

Autres applications gynécologiques :

L’huile d’Onagre s’est également révélée active sur les mastoses (enflures ou kystes), la dysménorrhée essentielle (dont le mécanisme est une hypersécrétion endométriale des PGE2, qui augmente la contractilité utérine et la constriction artériolaire).

 

La tolérance digestive à l’huile d’Onagre est bonne. Dans les affections gynécologiques évoquées ci-dessus, il peut être utile d’associer à l’huile d’Onagre des vitamines du groupe B, qui interviennent au niveau de l’hypothalamus et de l’hypophyse.

 

Bibliographie :

LAGOUA WHEILLHALLE M.A. “Péri ménopause : intérêt d’une supplémentation micro-nutritionnelle spécifique” Entretiens de Bichat 1990

LEVY “La révolution silencieuse de la médecine, chapitre 3 : l’onagre et les prostaglandines” Ed. Du Rocher

BENATTAR M.C. “L’huile d’Onagre, une thérapeutique efficace en gynécologie et dans les troubles vasculaires”.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.