Oscillococinum

Tout à commencé par une erreur : à la fin de la première guerre mondiale, après que les dernières offensives allemandes soient stoppées par la « grippe espagnole », le dr. Jean ROY, croit identifier sous son microscope l’agent épidémique : un diplocoque « oscillant’ … Il va l’isoler et le cultiver, puis l’utiliser dilué et dynamisé chez les patients dont il a la responsabilité. C’est un Nosode, qui semble efficace, mais de maniement difficile.

Puis, il en étudie les propriétés : il recherche les remèdes qui semblent avoir le plus d’effets sur ses cultures. Pour ce faire, il mélange ces remèdes à sa souche bactérienne et étudie la modification de la tension superficielle du mélange avec un compte-goutte. Parmi les remèdes sélectionnés, c’est une organothérapie de CANARD qui semble la plus active : OSCILLOCOCCINUM sarcode est né !

Oscillo

Oscillococcinum 200K n’est donc pas à proprement parler de l’homéopathie, puisque l’on donne à tout le monde la même souche (traitement non individualisé !). C’est un sarcode (ou organothérapique) fabriqué à partir d’extraits de foie et de coeur de canard. Ces extraits sont riches en acides nucléiques et autres composés phosphorés, divers hypothèses d’action ont été avancées :

  • ses constituants le rapproche de la structure des virus, d’où une action selon la loi des semblables ?
  • les canards chinois sont (avec le porc) le réservoir chinois du virus

Plusieurs études cliniques ont permis de comparer l’effet d’Oscillococcinum à celui d’un placebo. La première eut lieu en 1988 par le centre Alpin de recherhce Epidémiologique et de Prévention sanitaire, à Grenoble (J. P. Ferley et all.) et fut publiée dans le British Journal of clinical Pharmacology.

Pour évaluer l’efficacité d’Oscillococcinum, on choisit des malades ayant une température supérieure à 38°C et présentant au moins deux des principaux symptômes de la grippe : maux de tête, courbatures, maux de dos, douleurs articulaires, frissons. 237 malades reçurent Oscillococcinum, 244 reçurent un placebo. Matin et soir, pendant 7 jours, on notait l’évolution de la fièvre, des symptômes grippaux, de la toux, du rhume et de la fatigue. On considérait comme guéries les personnes ayant une température stabilisée à moins de 37,5°C et ne présentant plus les principaux symptômes grippaux. Dès le troisième jour, près de la moitié des malades recevant Oscillococcinum étaient guéris. 48 heures après le début du traitement, la différence entre les malades qui prenaient Oscillococcinum et ceux à qui il était donné un placebo était nettement significative.

Pour confirmer les résultats obtenus avec la première étude, une seconde fut mise en place en Allemagne. Oscillococcinum fut alors testé dès les premiers symptômes. Tous les patients devaient avoir un syndrome grippal datant de moins de 24 heures, une température supérieure à 38°C, des maux de tête ou des courbatures et un autre symptôme parmi les suivants : frissons, douleurs articulaires, toux, rhume. On sépara les patients en deux groupes : les uns (237) prenaient une dose-globules trois fois par jour, les autres (241) un placebo. Chaque soir, ils notaient l’évolution de leurs symptômes et les autres médicaments qu’ils avaient pris dans la journée.

Après 24 heures, la température était plus basse avec Oscillococcinum et l’amélioration des symptômes plus importante. La consommation de médicaments associés était plus faible.

Après 48 heures, le nombre de guérisons était plus élevé avec Oscillococcinum. Et bien entendu, aucun effet secondaire n’a été relevé ! Pourtant l’article rapportant l’étude de J.P. Ferley et publié dans le BJcP fait état de 17% conte 10% : P = 0.03, ce qui est significatif.

Le brevet de J. Roy a été cédé au laboratoire Boiron (France), qui le vend cher … mais depuis qu’il est tombé dans le domaine public, plusieurs génériques efficaces sont disponibles, ex. IMMUNOSTIM (lab. Sérolab, Suisse),  Anas barbariae (lab. Schmidt-Nagel, Suisse), etc

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References :

CuréNicole « Oscillococcinum »  edition Hélios 1990

Ferley JP, Zmirou D, D’Adhemar D, Balducci F. « A controlled evaluation of a homoeopathic preparation in influenza-like syndromes« . British J. Clin. Pharmac. (1989)

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.