Pierre Schmidt

Pierre SCHMIDT (1894-1987 – Suisse)

Sans l’activité d’hommes vivants capables de les incarner, les doctrines ne sont que des souvenirs dans les cimetières des idées mortes. La transmission de la doctrine homéopathique à travers deux cents ans d’histoire n’a pu se faire que grâce à la sensibilité, à l’intelligence et à l’activité de grands pionniers qui se sont transmis le relais. Hahnemann, Hering, Lippe, Kent et bien d’autres ont constitué une chaîne vivante de transmission. Après la mort de Kent et une phase de déclin apparent caractérisée par la multiplication de doctrines parasites, ce fut Pierre Schmidt qui vint restaurer la doctrine hahnemannienne dans sa formulation originale.

Parti aux U.S.A. pour en recueillir les éléments auprès de disciples directs de J.T. Kent, il rentre en Suisse et diffuse un enseignement auprès de nombreux disciples attirés par sa renommée naissante. Pierre Schmidt était médecin et insistait énergiquement sur la nécessité de connaissances médicales englobant non seulement la médecine classique et l’homéopathie, mais aussi des éléments d’acupuncture, de médecine manuelle, des connaissances de sémiologie allant de la morphopsychologie à l’iridologie, en passant par la graphologie, la chirologie et la numérologie. Mais il possédait aussi des connaissances linguistiques étendues, lui permettant de jouer le traducteur à une époque où les Congrès n’avaient pas encore de systèmes de traduction simultanée, ce qui lui facilitait un enseignement lorsque, voyageant à l’étranger, il était sollicité d’organiser des séminaires.

Il possédait aussi une très large culture artistique, s’intéressant à la littérature, la musique, le théâtre, la peinture, l’art traditionnel du tapis ce qui faisait de son appartement professionnel un véritable musée… Il ne négligeait pas non plus les disciplines du corps et, avec son guide de montagne, il pratiquait régulièrement le ski en hiver et la montagne en été.

Peu après son mariage, il fonda en 1921, avec la collaboration de son épouse pharmacienne, un laboratoire pour la préparation des médicaments homéopathiques selon la technique traditionnelle à partir des souches rapportées de son voyage aux U.S.A. En 1935, il contribua à la fondation de la « Liga Homoeopathica Internationalis » qui, depuis cette date organise chaque année un congrès dans la vaste géographie recouverte par ses praticiens.

LMHI

 

D’autre part, il ne cessa de diffuser un enseignement aux nombreux élèves qui venaient en stage chez lui, en provenance de tous les pays du monde, et à l’occasion de ses nombreux voyages qui l’ont fait surnommer « le Globe-trotter de l’homéopathie« . Un moment capital de son enseignement fut la fondation du « Groupement hahnemannien de Lyon » qui fonctionna de 1946 à 1978. Les travaux qui émanèrent de ce groupe de travail furent rassemblés et diffusés dans une revue mensuelle, les « Cahiers du Groupement hahnemannien de Lyon« , qui paraît encore actuellement, alimentée par les travaux inspirés par une pratique classique.

Pierre Schmidt eut par ailleurs une très abondante activité littéraire qui se traduisit par de très nombreux articles parus en français, anglais, allemand, italien, espagnol, portugais. Le monde homéopathique francophone lui doit encore une traduction de la sixième édition de l’Organon, celle des « Maladies Chroniques » de Hahnemann, celle des « Lectures » de J.T.Kent, et des « Cinquante raisons pour être homoeopathe » de J.C. Burnett.

A partir de 1978 Pierre Schmidt cessa toute activité médicale et termina ses jours chez des amis proches à Nancy. Il décéda le 15 Octobre 1987 dans sa quatre-vingt-quatorzième année. Il laissait après lui de nombreux disciples qui, dans les pays d’Europe, latino-américains et dans le sous-continent indien, diffusèrent son enseignement.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.