Posologie

Règles de posologie

Les avis divergent beaucoup selon les auteurs : certains préconisant des quantités importantes de teinture-mère, d’autres ne prescrivant que de rares doses très diluées. Selon notre expérience, l’action thérapeutique d’une plante varie selon la présence dans ses tissus de constituants actifs (parfois toxiques), en plus ou moins grande quantité. On observe ainsi qu’il existe des extrêmes dans le monde végétal :

  • des plantes alimentaires comme l’Avoine, le Blé, la Carotte, l’Artichaud, la Laitue …
  • des plantes toxiques, comme l’Aconit, la Belladonne, la Ciguë, la Digitale …

L’homéopathie diathésique propose une stratégie thérapeutique cohérente : « Le traitement idéal d’un patient consiste en l’association d’un remède (toxique) en haute dilution, qui dispersera les symptômes de plénitude ou d’hyperfonction, avec un remède (alimentaire) en basse dilution, qui corrigera les phénomènes d’insuffisance sous-jacente (hypostructure ou hypofonction). Les Etats de « vide » en MTC (pathologie chronique grave que tout aggrave) étant du ressort des Nosodes« .

La règle de prescription des remèdes en est simplifiée :

  • Remèdes alimentaires (ou physiologiques) = nourrissent –> basses dilutions
  • Toxiques = dispersent les plénitudes ou les hyperfonctions –> hautes dilutions

Bien sûr, cela dépend aussi de la forme de conservation du produit : alcoolature (TM, 1D, 3D …), gélules (produit sec), HE (une goutte = 50 tisanes !), etc …

 

La méthode du « drainage », chère à L. Vannier, dans les années 1930, visant à accélérer les processus d’élimination, consiste en la prescription d’une basse dilution végétale (plante qui nourrit la structure) pour relancer une fonction (d’épuration) défaillante. C’est une des méthodes princeps des praticiens naturopathes.

Les plantes 8

Cette pratique (voir schéma ci-dessus) s’appuie sur le fait que « Un redoublement du Yin se manifeste dans le Yang et réciproquement » (Su Wen chapitre 5), mais il est des cas où nous devons formellement la contre-indiquer…

  1. les structures (Yin) en excès, c’est à dire les obésités ! Nous avons tous dans notre clientèle des patient(e)s qui, ayant absorbé quelques gouttes par jour d’une petite plante (1 à 3D) paraissant bien indiquée, ont pris en quelques semaines une dizaine de kilogrammes bien difficiles à reperdre ! C’est ce que la MTC appelle un « syndrome froid = le Yin en excès (graisse, eau …) exclu le Yang » … il faut commencer par disperser le Yin en excès (c’est à dire proposer un régime hypocalorique normo-glucidique), et se rappeller que « dans la plénitude de Yin, il y a un refroidissement interne » (ex.: Calcarea carbonica).
  2. les hyperfonctions pathologiques, c’est à dire les syndromes allergiques ou inflammatoires ! C’est le cas de ce qui s’appelle en MTC un « syndrome chaleur = le Yang en excès exclu le Yin » … disperser d’abord le Yang en excès (ex.: Arsenicum album).

Réflexions sur ces deux importantes remarques :

« Une plénitude (vraie) est une surrabondance de Qi malfaisant » : commencez par éliminez l’énergie perturbée. Ainsi, en cas de surpoids, commencez par un régime alimentaire adapté (voir sur ce site la section « régime personnalisé ») et évitez absolument toutes les « plantes drainantes » proposées par votre pharmacien qui auront exactement l’effet inverse !

« Le malade présentant une plénitude de Yang est plus facile à guérir que celui qui présente une plénitude de Yin » (Ling Tchrou, chapitre 53).

Lorsque l’affection est grave, on observe souvent une insuffisance vraie (de Yin + Yang) : une évolution grave est alors à craindre, car il y a un phénomène de stagnation (hypo-Yang) sur insuffisance de liquides organiques (hypo-Yin) —-> vers des pathologies inflammatoires destructrices (en MTC = on parle de « chaleur au sang » !)

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.