Principes d’hygiène vitale (1)

Définition et principes d’hygiène vitale

  • Histoire de la médecine
  • L’hygiène vitale : restaurer les espaces immunitaire et métabolique / l’équilibre psycho-affectif
  • Les erreurs commises en son nom …

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Un peu d’histoire de la médecine

Notre médecine occidentale a une histoire, elle n’est pas née avec l’irruption de la pensée scientifique et rationnelle au début du XIXe siècle.

La maladie fut associée, dès la Haute Antiquité à une possession (dieu, ennemi) et avait une cause divine ou démoniaque. La mythologie egyptienne, où la médecine est très proche des divinités est encore présente de nos jours au travers l’œil d’Horus, qui aurait une valeur symbolique protectrice contre « le mauvais œil », on en trouve la représentation à Istambul et à Malte par exemple ! La théocratie égyptienne (3000 ans avant JC)  considéraient ce que nous désignons comme des symptômes (fièvre, toux, diarrhée …) comme des maladies en elles-même. Ils utilisait déjà les baumes et les essences, les moustiquaires et l’interprétation des rêves … Les fonctions de prêtres et de médecins étaient encore très mêlées, comme celles du chaman dans les traditions amérindiennes.

En Mésopotamie, on associe à la possession la notion de faute, de pêché commis par le malade. Chez les grecs également la notion divine est présente, la maladie étant la manifestation envoyée par tel ou tel Dieu offensé.

Pour les hébraïques, la maladie serait une sanction divine, une punition, un châtiment. Dans le monde arabo-musulman également, la maladie serait le fruit du pêché et une sanction d’Allah.

L’épidémie de syphilis qui sévit au XV et XVIe siècle n’a que conforté l’église chrétienne dans sa conception de maladie-punition, du fait de sa transmission sexuelle.

La médecine grècque antique fut très imprégnée de mythologie jusqu’au VIe siècle av. JC environ : on attendait la guérison en vouant un culte au dieu de la médecine Asclépios !

Hippocrate (460 à 370 ans avant J.C. environ) balaie l’idée d’une composante divine dans la maladie, et différencie clairement l’étiologie, la cause déclenchante de la maladie des perturbations des « 4 humeurs ». Comme facteur extérieur, il a décrit l’influence d’éléments naturels (ensoleillement, direction du vent…) sur le type de manifestation. L’évolution de la maladie se faisait en trois phases : la phase de dégénerescence (ou déséquilibre des humeurs), la coction (ou maturation) période souvent accompagnée de fièvre et la crise qui allait se dénouer par l’excrétion du trop plein d’humeur fautive, à travers différents émonctoires : vomissements, diarrhée, sueur, pituite (sécrétion glaireuse provenant de l’estomac). Si la crise était surmontée, le malade guérissait, dans le cas contraire, il évoluait vers la mort. On a retrouvé des traces de centres de soins qui ressemblent à nos stations thermales actuelles.

La médecine hippocratique était humble et palliative : pour parvenir à un meilleur état de santé, Hippocrate proposait de pratiquer différents exercices physiques et d’avoir une bonne hygiène alimentaire. Il définit «  les quatre humeurs », qu’il définissait comme : le sang, la bile (jaune), l’atrabile (bile noire) et le flegme (nous verrons que ces termes recouvrent en fait des réalités cliniques modernes). La maladie résultant d’un conflit entre ces humeurs qui peut être d’origine interne ou externe au corps. Ses traitements sont doux, non agressifs et ont pour but de « seconder la nature ». Il introduit également la notion d’éthique, de déontologie dans le comportement du médecin et c’est aujourd’hui encore sur son nom que, dans la plupart des facultés de médecine, les nouveaux diplômés prêtent serment.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate

Après lui, Claude Galien (médecin romain, 129-216 après JC) a eu une influence majeure jusqu’au 17ème siècle. C’est lui qui a codifié les méthodes de préparation des médicaments et combiné les déséquilibres humoraux avec les dysfonctions d’organes que ses contemporains avait mis en évidence. Il ajoute encore une composante personnelle à l’évolution de la maladie : la « diathèse« . Il s’agit d’une prédisposition qui fait qu’un malade évolue vers une forme légère de maladie, alors qu’un autre vers une forme plus grave voir mortelle : on pourrait donc traduire le mot diathèse par « fragilité constitutionnelle ».

On n’avait pas le droit de disséquer les corps à cette époque, on se contentait de rapporter l’anatomie animale à l’humain ce qui nous valut quelques notions fantaisistes qui perdurèrent longtemps. On lui doit cependant la découverte de la paraplégie (différenciation des nerfs moteurs et sensitifs) et de la circulation sanguine (mais ces notions ne seront affinées qu’à la renaissance).

Une longue période d’obscurantisme médical d’environ mille ans laissa la porte ouverte à de nombreuses catastrophes sanitaires comme des famines, ou la Peste noire qui ravagea l’Europe au XIVe siècle et laissa l’Europe orpheline d’un quart de sa population. Puis, avec la création des premières Universités, au XIIIe siècle, le sérieux revint. La médecine y fut enseignée pour la première fois en France à Montpellier en 1220. Toutefois, les mesures d’hygiène étaient précaires, et l’on n’avait pas à disposition de structure autres que les « hôtel-dieu » couvent où les moines tentaient de secourir les malades, ce qui ne freina pas les épidémies. On ne soignait que par des « mélanges de plantes, des saignées et des lavements.

La Renaissance et ses révolutions (culturelles, politiques, scientifiques…) permit de faire table rase de certaines idées du passé. Paracelse (1494 – 1541) un Suisse, réfuta Hippocrate et Galien ! Il commença à enseigner en Allemand et non plus en Latin et introduisit en premier l’Alchimie dans les traitements médicaux en administrant à ses patients des substances élaborées à base de minéraux. On vit à la même époque des progrès considérables en chirurgie (Ambroise Paré) et en anatomie (Vésale). On ouvrit les premiers Hôpitaux universitaires.

 

A l’autre bout du monde, les chinois (monde sans dieu) expliquent la maladie comme un déséquilibre entre l’énergie yin (féminine/structure) et l’énergie yang (masculine/fonction) à l’intérieur de l’individu. Cette dualité complémentaire ainsi que la théorie des cinq éléments remonte à moins 3000 ans ! En effet, cinq éléments composent l’univers et l’homme : le feu, l’eau, la terre, le métal et le bois. Comme les choses sont bien faites, notre corps est composé de cinq organes principaux : le foie, le cœur, la rate, le poumon et le rein. On dit que ces organes transforment les cinq « souffles primordiaux » en cinq sentiments : la joie, la colère, la réflexion, la tristesse et la peur qui peuvent tous déstabiliser l’équilibre yin-yang.

 

5éléments

 

Les cycles d’engendrement (qui gèrent les structures) et de destruction (qui régulent les fonctions) entre chaque élément explique l’auto-régulation organique. Il aide le thérapeute à poser un diagnostic fonctionnel, à établir une approche thérapeutique, à savoir déterminer sur quels points d’acupuncture (par exemple) il devra agir.

Le concept de Qi est plus récent, il date du IVe siècle avant JC. En médecine traditionnelle chinoise (MTC) il s’agit d’un souffle, d’une « énergie vitale » assurant la cohésion des atomes composant toute matière. Un déficit de qi provoque des troubles : maux de tête, constipation, fièvre, douleur, dyspnée… Les progrès en nosologie (classification des maladies) se feront durant le premier millénaire.

 

Au XVIIIe siècle, on observe le développement de l’anatomo-pathologie qui fera prendre une autre direction à la médecine, s’éloignant de l’abstraction pure qui faisait foi jusqu’alors. On établit un lien entre la plainte d’un patient et une lésion organique lors de l’autopsie : on entre dans l’ère du « diagnostic nosologique », ainsi Valsalva (1666-1723) a individualisé l’ulcère de l’estomac, l’angine de poitrine, la tuberculose rénale et la syphilis cérébrale. La médecine devient rationnelle et scientifique.

Mais il faudra attendre le XIXe siècle pour apprécier un formidable renouveau intellectuel et scientifique : Darwin et sa théorie de l’évolution, Mendel et l’hérédité, Pasteur (le monde microbien et la vaccination), l’aspirine, pénicilline et l’asepsie, l’anesthésie… Claude Bernard (1813 – 1878) développe le concept d’homéostasie qui veut que le milieu intérieur reste constant grâce à des mécanisme de régulation s’opposant à toute agression venue de l’extérieur.

C’est d’ailleurs à cette période, en 1874, qu’émerge l’ostéopathie et ses concepts holistiques. Sans doute créée pour répondre aux spécialisations des disciplines médicales qui ont eu pour effet (malheureux ?) de fragmenter de la médecine grâce aux progrès techniques et scientifiques.

René Laennec, en créant le stéthoscope, a permis d’apprécier les modifications au cours des différents états pathologiques. On a pu dès lors diagnostiquer des maladies par l’examen (palpation, auscultation, percussion) du malade vivant et non plus seulement lors de son autopsie. Son œuvre la plus importante concerne la tuberculose dont il reconnut l’unicité et la spécificité, malgré la diversité des lésions qu’elle peut provoquer.

Dès le XXe siècle, les mécanismes physiopathologiques et biochimiques des maladies furent progressivement déchiffrés, en passant d’un niveau organique ou tissulaire à un niveau cellulaire, puis moléculaire.

Un moment important de ces recherches a été la diffusion des Travaux de Pischinger qui portaient sur la matrice extracellulaire (MEC), organe méconnu avant lui et qui pourtant représente 20% du poids corporel.

Pischinger2

Cette matrice est développée à partir du mésenchyme, elle contient des cellules de support (fibrocytes, myofibrocytes et adipocytes), des protéines assurant la structure (des fibres de collagène, élastine et autres), mais également des glycosaminglycanes, des protéoglycanes – qui jouent un rôle d’adhésion cellulaire et de régulation de la diffusion des substances vers les membranes basales. En outre, cet organe est entouré de liquide extracellulaire.

La MEC est donc une interface entre les capillaires sanguins et les tissus, elle joue un rôle de plaque tournante pour tout l’organisme, permettant des échanges tissulaires, qu’il soient nerveux, hormonaux, lymphatiques ou chimiques. C’est la raison pour laquelle Pischinger la qualifiait de « système de base des biorégulations ». Il est intéressant de noter la présence de fibres nerveuses (sympathiques, parasympathiques et sensitives) mettant en lien la matrice avec le Système nerveux central (notions très utilisées en immunologies et neuralthérapie).

Bibliographie :

  • Chastel Claude, Une petite histoire de la médecine, Paris, Ellipses, 2004, 129 pages
  • De La Fuÿe Roger, Traité d’Acupuncture, L’acupuncture chinoise sans mystère, Paris, Librairie Le François, 1947, 529 pages
  • Tedeschi Marc, Anatomie Essentielle, Pour combattre et pour soigner, Noisy-sur-Ecole, Budo Edition, 2007, 141 pages
  • Berlet Claude, Médecines du monde, Histoire et pratiques des médecines traditionnelles, Paris, Robert Laffont, 2002, 925 pages

 

Définition et principes d’hygiène vitale

Définition

L’hygiène vitale est également appelé hygiénisme ou encore hygiène naturelle. Elle correspond à un « art de vivre » visant à promouvoir la santé. On pose comme postulat que c’est le respect des lois de la nature qui engendre une bonne santé. La négligence de ces lois au-delà de certaines limites entraine les organismes vivants vers la maladie.

« Dans les pays à haut revenu aujourd’hui, l’espérance de vie a augmenté de 30 à 40 ans au cours de ce siècle » (dr. Gro Harlem Brundland, OMS)

Statistique indéniable … et pourtant ! Comme l’espérance maximale de vie n’a pas changé (un peu plus de 100 ans), la statistique est faussée par la réduction massive de la mortalité infantile et des maladies infectieuses transmissibles. Curieusement, personne à l’OMS ne semble s’intéresser à la qualité de vie des individus ?

Si l’on se penche un peu plus précisément sur les chiffres, on est obligé de convenir que les affections auxquelles nous sommes confrontées n’ont jamais été aussi variées et nombreuses :

  • les affections cardio-vasculaires sont impliquées dans 1/3 des décès
  • les cancers sont en augmentation constante (> 30%) avec le vieillissement de la population
  • le diabète, l’arthrose et les allergies touchent une part croissante de la population.
  • les maladies auto-immunes sont plus précoces et plus fréquentes …

Historique

L’hygiène vitale prend naissance dans la mythologie avec Esculape, dieu de la médecine et sa fille Hygie, déesse de la santé. Depuis plus de 2500 ans, de nombreux médecins et personnages érudits se sont longuement interrogés sur la santé, mais aussi sur les maladies et leurs liens avec notre environnement et nos comportements. Le jeûne ainsi qu’une alimentation saine est déjà pratiquée dans le but de guérir toutes les maladies à l’époque de la Grèce antique.

Le courant hygiéniste débute au cours de la première moitié du 19ème siècle au Etats-Unis. Les fondements de l’hygiène vitale sont énoncés dans les années 1820-1830 par plusieurs pionniers observateurs des lois de la nature et du fonctionnement du vivant. Parmi ces pionniers se trouvent les docteurs Isaac JENNINGS, Sylvester GRAHAM, Russel TRALL, Georges H. TAYLOR, Ellen G. WHITE… Ils visaient à aider les personnes à améliorer leur état de santé naturellement.

Par la suite, de nombreux théoriciens et praticiens ont propagé les idées hygiénistes. Vers 1900, le docteur TILDEN fit les mêmes découvertes que ses prédécesseurs. Il fut l’auteur de l’étude « Toxémie et Désintoxication », il parla du respect du chemin de la nature et contribua grandement à l’expansion du mouvement hygiéniste.

 

HygièneVital

 

Vers 1910, l’hygiénisme apparaît en Angleterre sous l’impulsion de James C. THOMSON et du docteur Herbert M. SHELTON effectua un travail énorme en regroupant et en triant les diverses recherches qui avaient été effectuées jusque là dans le domaine de l’hygiène vitale. Il développa le concept de « compatibilités alimentaires ».

Albert MOSSERI a été le premier personnage important pour la diffusion des méthodes hygiénistes en France. Désiré MERIEN, qui est professeur de biologie, a grandement contribué à la promotion de ce courant francophone. Il a mis en place une méthode de désintoxication par palier qui est moins dangereuse pour les personnes fortement intoxiquées et plus facile à suivre que la méthode enseignée par SHELTON. Il a écrit plusieurs livres et établit des formations dans le but de diffuser l’éducation hygiéniste.

 

Hygiène vitale

 

Nous devons dire un mot des courants particuliers qui ont habité le mouvement naturopathique :

A/ Le vitalisme, qui est une théorie qui attribue à la vie une force propre, différente de celle de la psyché et des phénomènes physico-chimiques. Dans la conception vitaliste, on est en présence de trois éléments : le corps physique, la force vitale et l’esprit, les trois formant un tout indivisible.

Cette « force vitale » est conçue comme comme une force ordonatrice : elle construit le corps et le concerve dans le temps (concept proche du Qi de la MTC et des « champs morphogénétiques » de R. Scheldrake). Elle agit aussi comme réparatrice des tissus endommagés. Hippocrate en parlait déjà. Le concept à été développé chez les francophones par le dr. Paul CARTON

Pour le dr. P. CARTON (1875-1949) : « La vie humaine ne se déroule pas au hasard aveugle des circonstances extérieures. Un ensemble de lois générales et particulières conduit l’existence de chacun de nous. Connaître ces lois d’une façon précise et les appliquer aussi exactement qu’il est possible, tel est le secret de la santé et du bonheur. » Pour lui, la maladie n’est pas une fatalité, il existe une relation de cause à effet entre la façon dont l’homme dirige sa vie et les états physiques et psychiques dans lesquels il se trouve.

C’est lui qui – à la suite de diverses expériences personnelles – développera le triptyque qui deviendra la base du traitement des tuberculeux (jusqu’à l’ère des antibiotiques) : diététique, drainage, hydrothérapie, héliothérapie et exercices en plein air.

B/ L’humorisme

C’est une doctrine qui attribue aux « humeurs », les principaux phénomènes de la vie. En effet, l’ensemble des liquides du corps représente plus de 60% de celui-ci. On peut donc envisager que la juste répartition/circulation de ceux-ci joue un rôle essentiel dans la santé. Les praticiens qui se revendiquent de ce courant insistent sur le rôle délétère des :

  • excès de glucides et d’alcool
  • excès de matières grasses
  • excès de protéines (sans possibilité de stockage)
  • l’importance du pH et des sels tampons (cf. BEV).

Il y a eu beaucoup d’interprétations fausses à ce concept, car le milieu intérieur est parfaitement thermostaté par de nombreux systèmes tampons. De plus, l’organisme humain est une structure compartimentée : un compartiment peut être acide par nécessité (ex. l’estomac durant la digestion) et le comportement voisin subit une « vague alcaline » physiologique. Ne confondons pas :

  • les acidoses et alcaloses vraies, qui sont du ressort de la réanimation hospitalière (manifestations de décompensation cardiaque, rénale ou respiratoire ou d’erreurs alimentaires majeures – ex. régime Atkins)
  • les acidoses localisées, fréquentes, qui se manifestent par des inflammations, douleurs, fissures et ulcérations. Donc le mécanisme est une sécheresse tissulaire et dont la cause est un décrochage hormonal (prise de stéroïdes, ménopause, ou désadaptation hypothalamo-hypophysaire). Ces phénomènes d’acidose localisée ne se corrigent pas avec des bases, mais avec des sels de sodium et des phythormones (qui favorisent la rétention d’eau).

Dans le même ordre d’idées,

1/ il est inutile de doser les oligo-éléments dont la répartition compartimentale n’apporte pas de renseignements intéressant l’ensemble de l’organisme

2/ la plupart des aliments sont basiques, sauf les protéines (radical NH2 acidifiant). D’autre par, ne pas confondre la saveur « acide » avec le pH qui peut être basique (ex. le citron) ! De même, il est inutile de mesurer le pH urinaire qui nous renseigne sur l’état du compartiment urinaire, mais pas des nombreux autres compartiments …

C – l’hygiéniste : 

Objectifs : l’hygiénisme permet de maintenir et de restaurer la santé, mais aussi d’améliorer les capacités de l’organisme en employant différents facteurs vitaux : l’air pur, l’eau, l’alimentation adaptée au corps humain, le sommeil, le repos, le soleil, l’exercice physique, le minimum de poisons… Aucun remède, même naturel n’est prescrit. Il postule que seule la suppression des causes des troubles de santé suffit pour que l’état de l’organisme s’améliore.

Les bases de l’hygiénisme 

Théorie :

L’état de santé et l’état de maladie sont intimement liés à la quantité de toxines de toutes natures présente dans l’organisme. La bonne santé est présente lorsque la toxémie est faible et d’un niveau inférieur au seuil de tolérance des divers tissus. Quand la toxémie augmente et dépasse ce seuil de tolérance, la maladie apparaît. Les symptômes correspondent aux actions mises en place par l’organisme pour tenter d’éliminer rapidement une partie des toxines, donc de se « désintoxiquer ». Les toxines sont des substances qui perturbent le fonctionnement cellulaire. Par conséquent, la guérison des maladies consiste à purifier l’organisme en facilitant l’élimination des toxines.

Les techniques d’hygiène vitale fournissent à l’organisme les meilleures conditions de vie possibles pour être en bonne santé ou pour recouvrer la santé. Elles favorisent également l’accompagnement thérapeutique des maladies en apportant un meilleur confort de vie et en permettant d’accélérer le retour à la santé.

L’hygiénisme permet d’obtenir une hygiène de vie saine et adaptée au corps humain. Les méthodes naturelles qui le composent diminuent les dépenses énergétiques inutiles et favorisent la régénération des réserves d’énergie du corps. Elles permettent aussi à l’organisme de diminuer sa production de toxines en limitant le surmenage cellulaire et d’en recevoir moins en provenance de l’extérieur (alimentation principalement). Grâce à une plus grande énergie disponible et une plus faible quantité de toxines, l’organisme peut ainsi mieux fonctionner.

Intérêt de l’hygiene vitale

C’est de vous prendre en compte dans votre globalité pour vous procurer un confort de vie supérieur, un corps en meilleur état et vous retrouverez votre poids de forme.

C’est une démarche de responsabilité qui vous permet de devenir acteur de votre santé. Vous arrêtez d’être passif face à la maladie en pensant que celle-ci est une fatalité et que la malchance vous a touché. Vous vous transformez en une personne active qui va mettre toutes les chances de son côté pour recouvrer la santé en agissant sur les véritables causes de la maladie (H.H. Reckeweg dans ces travaux sur les « phases de la maladie », dès 1955, insistait beaucoup sur ces concepts).

L’hygiénisme s’adresse à tout le monde, puisque sa pratique favorise l’élimination des toxines présentent dans l’organisme. A ce titre, il représente plus l’enseignement de l’art de vivre sainement plutôt qu’une méthode curative. C’est le respect des lois naturelles qui permettra à votre corps de trouver la voie de la guérison.

Votre corps possède d’énormes capacités vitales pour se rénover, il travaille à son propre rétablissement, encore faut-il lui laisser la possibilité de mettre en œuvre ses intentions et de les mener à terme.

Un malade ne peut recouvrer la santé qu’en pratiquant une hygiène de vie capable de maintenir une bonne santé chez un bien-portant. Ce sont les mêmes facteurs qui permettent à un organisme sain ou malade d’élever sa vitalité et d’abaisser sa toxémie.

Hygiène vitale2

 

En pratique, les mauvaises habitudes de vie sont de toutes sortes :

Plus souvent qu’autrement, nous sommes déconnectés de nous-mêmes sur le plan émotionnel et physique. On ressent différents états de mal-être et on n’y accorde pas suffisamment d’attention dans le tourbillon du quotidien. Les principales raisons sont reliées au stress, aux mauvaises habitudes de vie, à notre environnement personnel et professionnel, à la peur de montrer notre vulnérabilité, au manque de ressources, etc.

Tout cela a pour conséquences de brimer notre qualité de vie, de nous faire ressentir bien des inconforts dans nos émotions et notre corps, de favoriser burn-out et dépression, jusqu’à ce que l’accumulation porte notre corps à devoir donner des signaux encore plus forts pour qu’on s’y attarde. Oui, votre corps vous parle.

Notons les grands nom français de la naturopathie : ROUX, MARCHESSEAU, R. MASSON …

Bibliographie : Certains ouvrages récents résument bien ces concepts, par exemple

VASEY Christopher « Manuel de détoxication, Santé et vitalité par l’élimination des toxines » (de. Jouvence, 1992)

 

Les études scientifiques se multiplient pour démonter la validité du concept. Ainsi :

  1. la restriction alimentaire (- 30%) augmente la vie des rats de laboratoire de +20% !
  2. de nombreuses études ont démontré que si une alimentation naturelle n’influençait pas nettement l’évolution des cancers, celle-ci permettait (statistiquement) d’en éviter un grand nombre …
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Les 6 règles de vie de l’école de SALERNE (du 9 au 13ème siècle) :

Première règle :

  • Cultiver la bonne humeur et le sourire, procurer de la joie. Savoir se divertir avec mesure dans le calme et la beauté des prés et des bois.

Deuxième règle :

  • Dormir profondément à heure fixe, dormir au calme pendant sept heures environ, ni plus, ni moins.

Troisième règle :

  • Avoir de saines habitudes, sans en être esclave. Eviter de changer trop brutalement et au hasard, de mode d’existence et de régime. Toute modification dans la façon de conduire sa vie et de se nourrir doit être lentement progressive. Pas d’à-coups ni de violences. Toute brusquerie est facteur de stress.

Quatrième règle :

  • Le régime fait appel à l’eau pure, à la nourriture saine, simple, frugale même. Rejeter les mets trop compliqués, trop épicés, qui détériorent le goût et malmènent le tube digestif : « Bon mets appauvrit médecine ; mauvais mets l’enrichit ».

Cinquième règle :

  • Boire sain, mais peu, juste pour apaiser la soif. L’intempérance est la grande ennemie.

Sixième règle :

  • Sobriété sans rudesse. Ne pas manger sans faim. Ne se mettre à table que l’estomac vide et en sortir non rassasié, sans aucune impression de lourdeur, de saturation, de somnolence. La faim règle la quantité.

« L’homme sobre recule l’heure de sa mort »

Marché à présent investi par le numérique … exemple : www.ignilife.ch

HygNumérique

Cependant, un certain nombre d’erreurs ont été (et sont encore) commises sur ces principes, exemples :

1/ l’utilisation immodérée du jeûne ou de régimes restrictifs dont l’utilité n’est pas démontrée. Exemples : régimes Shelton, Oshawa, crudivorisme … Les végétaliens sont la plupart du temps dans un grand état de carence (fer, vitamines B12). Il existe en effet 3 facteurs limitants :

A – les protéines (minimum 1,2 gramme d’a.a. par Kg de poids idéal et par jour), apporté par les œufs, les laitages, les légumineuses et les poissons. On peut faire pour chaque aliment des « amino-grammes » examen qui vérifie la quantité et les proportions d’acides aminés essentiels (6 différents) – si il manque 1 seul, c’est le maillon faible, on ne peut pas se servir des autres !

B – ainsi que des acides gras insaturés : oméga 6 et 3 qu’on trouve dans poissons gras et certains végétaux (carthame, lin, colza …).

C – les vitamines

NB. La « pyramide alimentaire » est un concept créé par les diététiciens – or, il y a des extrêmes :

Exemple 1 : les esquimaux qui ne mangent que du poisson, de la graisse et de la viande crue de phoque + quelques lichens et algues – ils ne mangent pas de fruits, ni de légumes !

Exemple 2 : les tribues masai (Tanzanie, Kenia) qui ne mangent que du lait et du sang de zébu

Ils mettent en avant 2 populations en bonne santé : les japonais de l’ile d’okinaya – et les cretois – cuisine basée sur des céréales, des légumes variés et des fruits.

On doit retenir qu’une alimentation idéale doit être saine et variée, avec un minimum d’alcool, Choix d’un régime adapté en fonction du terrain du patient :

Régimes

2/ La mise en avant du caractère acido-basique des aliments : tous les aliments sont basiques, sauf les protéines !

3/ La recherche d’une « candidose intestinale » (physiologique au sein de l’éco-système microbien) augmenté simplement par un régime trop sucré et un abaissement du système immunitaire.

4/ les effets antiseptiques supposés du  jus de pépin de pamplemousse (néphro-toxique = attaque le rein) – pour l’extraire et le conserver on utilise un ammonium quaternaire qui est antiseptique cutané et pas destiné à être bu – vraie arnaque – cf. « actualités des médicaments » du site – étude de Swissmédic. A proscrire donc !

5/ les effets toxiques de la « levure de riz rouge » supposée baisser naturellement le cholestérol, qui a exactement les mêmes notre-indications et inutilité que les statines !

6/ La « cure du foie » qui prétend nettoyer les voies biliaires …en fait les « calculs expulsés » sont le résultat d’une

CureFoie    intoxication aux sels de magnésium !

……………

Par contre, voici un exemple de problèmes d’hygiène vitale émergeant : les « perturbateurs endocriniens » (cf. lien)

Les perturbateurs endocriniens

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.