Profil d’activité des Neurotransmetteurs

Le profil d’activité des Neurotransmetteurs

« Le stress est l’aboutissement de l’ensemble des bouleversements hormonaux et neurobiologiques provoqués par tout élément capable de menacer l’intégrité physique ou psychique de l’individu » Hans SELYE en 1950.

Intérêt principal de ce bilan : dépistage biologique du niveau de stress et d’un « Burn-Out potentiel ». Selon l’OMS : « Le « Burn-Out » se caractérise par un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». C’est un épuisement moral et/ou physique le plus souvent professionnel. Il peut aussi se rencontrer aussi chez les personnes victimes d’un harcèlement moral.

Notre humeur, nos comportements, nos pensées, nos émotions sont largement influencées par des peptides importantes agissant au niveau du cerveau. On appelle ces molécules des Neuromédiateurs ou Neurotransmetteurs. Il faut distinguer :

  1. les médiateurs de la réaction : Dopamine, Noradrénaline et acide glutamique
  2. les médiateurs de l’inhibition (sédatifs) : Sérotonine, GABA et glycine
  3. les médiateurs périphériques : acéthylcholine, la vasopressine et l’histamine

Dans les situations de stress, il y a d’abord une tentative de contrôle avec sécrétion d’adrénaline (situation de combat ou de fuite). L’augmentation du cortisol sanguin est le reflet de l’échec de cette tentative de contrôle.

 

Nous connaissons une dizaine de neuromédiateurs, dont nous utilisons les précurseurs, activateurs ou inhibiteurs de la recapture. Ce système d’adaptation central a ses corolaires hormonaux et immunitaires à l’étage tissulaire (cf. les résultats du BNS).

Par exemple : Tyrosine –> L-DOPA –> Dopamine –> Noradrénaline –> Adrénaline

Et : Tryptophane –> Sérotonine –> Mélatonine

 

A la réflexion, les NEUROTRANSMETTEURS nous semblent avoir aussi un impact diathésique (c’est à dire une polarité d’organes) marqué. Faisons le point :

RATE-PANCREAS (adaptation) … GABA … sédatif, facilite la réflexion et la mémorisation / Précurseur = l’acide glutamique

Remèdes allopathiques activateurs = anti-épileptiques / benzodiazépines / Lyrica

 

GLUTAMATE … facilite la mémoire et l’apprentissage

NB. La « L-théanine » est une association du glutamate et d’ethylamine (associée au catechol dans les catécholamines), c’est pourquoi elle augmente et régule les cathecholamines et le GABA.

 

POUMON (narcissisme) …     SEROTONINE … voies du plaisir : améliore l’intolérance à la frustration, les addictions compensatoires. Difficulté à relativiser, troubles de l’endormissement / Précurseur = Tryptophane

Remèdes activateurs = Inhibiteurs de la recapture de la Sérot. (ex. Prozac, Zoloft) / Ecstasy

Plantes médicinales sont reconnues comme ré-équilibrantes de la sérotonine : safran, griffonia et millepertuis 

La sérotonine, neurotransmetteur de l’intelligence, est fabriquée à partir d’un autre acide aminé, le tryptophane, dès 12h pour avoir un pic à 16h. Elle est le précurseur de la mélatonine dont le pic se situe entre 2 et 3h du matin, lors du sommeil profond. La sérotonine est le frein, le contrôle de l’appétit alimentaire et sexuel. Elle régule nos pulsions, nos circuits d’évitement et induit le sommeil. Elle nous permet d’accéder à l’équilibre émotionnel, à la « zénitude », au bonheur d’être Soi en harmonie avec le monde extérieur. L’intestin fabrique près de 90 % de la sérotonine, ce qui explique qu’une inflammation digestive ou un simple désordre de la flore, a une incidence sur l’humeur.

La sérotonine est le précurseur de la MELATONINE (« hormone du sommeil », remède du jet-lag) dont le pic se situe entre 2 et 3h du matin, lors du sommeil profond. Une supplémentation peut – là aussi – être indiquée ou augmentez vos apports en noix et noisettes ++, maïs, tomates et pommes de terre.

NB. 1 Si la flore intestinale est perturbée (dysbiose), les nutriments sont mal assimilés et certaines molécules comme la Sérotonine sont fabriquées en quantité moindre. on aura beau donner tout le tryptophane que l’on veut, celui-ci fermentera et ne sera pas converti en sérotonine. De plus le tryptophane qui fermente donne très mal au ventre… Si la sérotonine est basse à l’analyse, il peut s’agir d’un problème intestinal, de perméabilité ou de dysbiose. Donc il faut rétablir une flore convenable avec des pré et probiotiques.

NB.2 Certains patients ont une variation génétique (TPH2 – polymorphisme détectable) qui réduit le taux de leur sérotonine au niveau cérébral !

 

HISTAMINE … rythmes (sommeil, prise alimentaire, attention – vigilance …

 

REIN (volonté)  …                       ADRENALINE (ou Epinephrine) … adaptation immédiate

Pathologie : souffrance morale, culpabilité / Précurseur = la Tyrosine

CORTISOL … adaptation rapide infructueuse, sa baisse signe la dépression !

 

FOIE (émotions) …                      NORADRENALINE (ou Nor-Epinéphrine) … efface la fatigue. Augmenté si agitation motrice

Pathologie : lassitude, replis sur soi, indifférence, sommeil agité

Remèdes activateurs = antidépresseurs tricycliques (ex.: Laroxyl) / CYMBALTA (Duloxétine) = inhibiteur de la recapture de la Sérotonine et de la Noradrénaline

Plante médicinale reconnue comme ré-équilibrante de la noradrénaline : le millepertuis 

L’adrénaline est fabriquée vers 11h du matin, toujours à partir de la tyrosine (d’où l’importance d’un petit déjeuner protéiné de type anglo-saxon)  : c’est l’accélérateur, dynamisant les capacités d’apprentissage, les circuits du plaisir et de la récompense, permettant de forger une bonne estime de Soi, indépendante du regard de l’autre. Elle permet d’atteindre l’acceptation de soi et de l’autre, étape indispensable pour accéder à la quiétude dans l’instant et à la réalisation de soi.

Parfois, le taux de Noradrénaline dépasse de beaucoup celui de l’Adrénaline. La Noradrénaline est bien plus psychoactive, alors que l’Adrénaline augmentera le flux sanguin (offre accrue d’oxygène) et la distribution du glucose à travers le corps.

ACETYLCHOLINE … impulsivité, motricité / Pathologie = myasthénie

 

CŒUR (idéal) …                          DOPAMINE … motivation, euphorie.

Pathologie : lassitude, indifférence, repli sur soi, sommeil agité

Précurseur = Tyrosine et Phénylalanine (+ fer et B3)

Remèdes allopathiques activateurs, exemple = Ritaline

Plantes médicinales sont reconnues comme ré-équilibrantes de la dopamine : Feuilles d’olivier (OLIVUM : www.evergreenlife.it), pois mascate (Dolichos pruriens) fabacée riche en Lévo-dopa, son précurseur.

La Dopamine est fabriquée le matin vers 8h, à partir d’un acide aminé : la tyrosine contenue dans les protéines du petit déjeuner (il n’ y a pas de réserve cérébrale en tyrosine). C’est le starter de la journée, assurant la motivation, le dynamisme matinal, une bonne mémoire, la curiosité, la capacité à élaborer des projets, à faire face aux difficultés et surtout un sommeil récupérateur. C’est notre adaptation aux évènements et différentes étapes de la vie.

 

Burn-out ou dépression ? :

—> dans la dépression, l’activité dopaminergique est abaissée et le taux de cortisol (hormone de stress qui s’élève lors des tentatives d’adaptation infructueuses) est bas (avec un sentiment de culpabilité).

—> alors que dans le cas du Burn-out, la Sérotonine, l’Adrénaline et la DOPA sont effondrées : c’est une faillite du système d’adaptation, avec une colère paradoxale et une désorientation.

Selon l’Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au travail en 2009, le Burn-out est aujourd’hui la première cause d’absence prolongée et3 millions de français actifs seraient menacés de Burn-Out. L’individu épuisé oriente ses efforts dans les mauvaises directions, d’une façon disproportionnée par rapport aux résultats. Il n’est pas entendu ni soutenu par sa hiérarchie ou ses collègues. Il y a confusion entre valeur personnelle et performance, ce qui rend dépendant du regard de l’autre.

Le Burn-Out, c’est aussi la faillite des neurotransmetteurs, régulateurs de l’humeur et des émotions : Dopamine, Adrénaline et Sérotonine

 

Le stade d’alerte : le « pré-Burn-Out », suspecté cliniquement, confirmé par la biologie. La correction des carences et quelques prises de conscience comportementales permettent d’éviter de passer au stade du Burn-Out complet, imposant l’arrêt de travail

Cet état correspond à une chute des niveaux de Dopamine et d’Adrénaline :

Dopamine basse : si l’activité dopaminergique est abaissée, cela dénote une baisse de motivation (comportement de repli sur soi, une lassitude face à la routine du quotidien avec progressive indifférence), une fatigue matinale, des fringales à 11h ou 18h, un sommeil agité non récupérateur…

Sur le plan cognitif, on observe des troubles de l’attention, de la capacité à former une pensée, des troubles de la mémoire avec difficulté à trouver ses mots. Au total, un ralentissement cognitif avec manque d’initiative, démotivation sur perte de confiance en soi.

Il convient de rechercher un apport trop limité en ses acides aminés précurseurs (une supplémentation micronutritionnelle peut être indiquée) ou une maladie de Parkinson

Adrénaline basse : état d’anxiété permanente avec sentiment d’insécurité, souffrance morale, perte de capacité à se faire plaisir, indifférence affective, besoin accru de reconnaissance, recherche de récompense (addictions ?)… des difficultés à l’apprentissage, à l’attention, au soutien de l’effort cognitif

Il convient de rechercher un apport trop limité en son acide aminé précurseur, la tyrosine (+ vitamines B6 + B9 + B12, une supplémentation micronutritionnelle peut être indiquée)

 

Le Burn-Out associe la chute de la sérotonine après celles de la dopamine et de l’adrénaline. Le « rempart » qui évite de basculer vers le Burn-Out est un bon taux de sérotonine.

Sérotonine basse : Difficultés d’endormissement, impatience, intolérance aux frustrations, agressivité qui débute vers17h, migraines aggravées lors des règles, syndrome prémenstruel, addictions compensatoires (alimentaires, alcool, jeux, sport en excès, drogues …).

Il convient de rechercher un apport trop limité en son acide aminé précurseur, le tryptophane (+ vitamines B3 / B6 / Mg / Fer et Zinc + une supplémentation micronutritionnelle à prendre le soir, peut être indiquée).

Visionnez : https://www.youtube.com/watch?v=C-8KuHUvAQI&feature=youtu.be

Le plus souvent, un simple interrogatoire permet de suspecter ces situations.

 

Le dosage des neurotransmetteurs nous permet de conclure que c’est bien la conjonction des trois qui est en cause, car nous sommes inégaux face à la gestion des agents stressants. Elle permet également de dépister (quantification) le stade de pré-Burn-Out, pauvre en signes annonciateurs en dehors de la fatigue matinale.

On dose dans les urines 9 paramètres – dosages par HPLC – de ces 3 neuromédiateurs avec leurs catabolites :

………………………………. Activité DOPAMINERGIQUE

DOPAMINE … 116 à 230 ug/g.créatinine

3.4 DOPAC (acide diOHphénylacétique) … 0,7 à 4 ug/g.cre

HVA (acide homovanillique) … 2,4 à 5,2 ug/g.cre

………………………………. Activité NORADRENERGIQUE

NORADRENALINE … 15,7 à 34,3 ug/g.cre

MHPG (MétoxyOHphénylglycol) … 1,38 à 4,15 ug/g.cre

VMA (acide vanilmandélique) … 2,1 à 3,85 ug/g.cre

ADRENALINE … 1,27 à 6,1 ug/g.cre

………………………………. Activité SEROTONINERGIQUE

SEROTONINE … 61,5 à 116,8 ug/g.cre

5 HIAA (acide 5-OH-indolacétique) … 2 à 4,26 ug/g.cre

Voici une publication qui dit que le niveau basal de 5-HTP est 0. Le taux augmente uniquement après traitement : brjclinpharm00011-0109

……………………………….

Rapport HVA / 5 HIAA de 1,25 à 2,56

Si le rapport HVA / 5 HIAA est diminué, il y a lieu de favoriser l’axe dopaminergique.

 

Cas clinique 1 : Monsieur Michel L.. né en 1942, est un retraité actif (il gère une société d’import export) et enveloppé (107 kg pour 1,76m). Il se plaint de crises d’angoisses et de sa perte de libido.

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  1. L’activité dopaminergique est globalement diminuée (71/9/51%) … troubles de l’attention et de la mémoire, perte de motivation et de confiance en lui.
  2. L’activité noradrénergique est conservée (121/142/74/23%) … soutient de l’attention
  3. L’activité sérotoninergique est abaissée (66/74%) … régule les pulsions et induit le sommeil
  4. HVA/5HIAA diminué : favoriser l’axe dopaminergique.

On peut alors proposer une correction spécifique par les acides aminés précurseurs (glutamine, tryptophane …) et des vitamines (vit. B3/B6/B9/B12) et des oligoéléments (Mg/Zinc et Fer) anticiper précisément un « Burn-out » !

 

Cas clinique 2 : Madame Solange M. est une sympathique consoeur acupunctrice en cours de ménopause. Elle prend du poids assez régulièrement, malgré une activité physique normale et un régime correct. Son BNS est assez perturbé : Acidose (hypo Albumines/hyperAlpha1) + hyper EuBêta (« vent »= angoisses) + hyper Zinc et Iode (elle a des intolérances alimentaires multiples).

Un MOU effectué met en évidence une dysbiose de putréfaction.

  1. L’activité dopaminergique est globalement élevé … elle a une grosse clientèle !
  2. L’activité noradrénergique est basse, ce qui, avec un cortisol salivaire abaissé confirme l’épuisement du REIN
  3. L’activité sérotoninergique est également élevé : on peut exclure le BURN-OUT

 

Dans tous les cas, la nutrition devra être optimisée pendant 2 à 3 mois avec soit :

— un apport en TYROSINE : œuf, produits laitiers, banane, avocat (à prendre le matin)

— un apport en GLUTAMINE (nécessite 4 gr./jour) : viandes et légumineuses

— un apport en TRYPTOPHANE : viandes, fabacées, produits laitiers, riz complet, chocolat, banane, amande (à prendre l’après-midi).

— un apport en Nor-ADRENALINE : les OMEGA 3 (pris au repas du soir – améliore la fluidité membranaire), antiOxydants et Magnésium (qui favorise le stockage des neurotransmetteurs).

La nutrition et surtout le respect de notre horloge biologique sont au cœur du problème. L’absence de petit déjeuner ou un petit déjeuner exclusivement sucré sont sources de carence en tyrosine puis de Dopamine. L’absence de collation à 17h, limite l’apport de tryptophane et donc la synthèse de sérotonine. Paradoxalement, les apports sucrés (biscuits, fruits, chocolat) vont favoriser cette synthèse de sérotonine alors qu’ils freinent la synthèse de la dopamine au petit déjeuner. On comprend mieux ces « fringales » compensatoires de chocolat au goûter ou devant la télé !

Sérotonine

Une inflammation digestive, une constipation chronique, limitent l’assimilation du tryptophane et augmentent sa dégradation ce qui favorise la chute de la sérotonine. Les carences en micronutriments, oligo-éléments, acides gras oméga 3, limitent les réactions enzymatiques qui permettent la fabrication de ces neurotransmetteurs. Ces erreurs alimentaires provoquent les carences d’apport en neurotransmetteurs qui ne remplissent plus leur rôle adaptogène.

 

A propos de l'auteur
Martine DUCASSE
Kinésithérapeute de formation, praticienne de méthode Quertant, de Rééducation Posturale globale et d'EFT