Réflexions sur la santé, la maladie et la médecine

   Réflexions sur la santé, la maladie et la médecine

« L’idéal thérapeutique consiste à rétablir la santé d’une manière rapide, douce et permanente, à enlever et à détruire la maladie dans son intégralité, par la voie la plus courte, la plus sûre et la moins nuisible, cela d’après des principes clairs et intelligibles » (S. Hahnemann, Organon 2ème paragraphe).

Les praticiens exerçant la médecine intégrée (acupuncteurs, homéopathes, ostéopathes, psychologues, neuralthérapeutes …) utilisent une approche basée sur des « principes ». La médecine académique (allopathique) déclare que la pratique de la médecine doit reposer entièrement sur l’expérimentation animale, les observations cliniques de la pathologie et de l’administration des médicaments aux malades (EBM).

Ces allopathes (galénistes, c’est à dire utilisant les thérapeutiques chimiques à bonne doses) ne se préoccupent que des conséquences, des aboutissements et ils observent uniquement les manifestations matérielles, objectives, les résultats de la maladie. En faisant ainsi, ils méconnaissent ou nient ce qui constitue réellement l’essence de l’être humain, ce qu’il est, d’où il procède, comment il se comporte dans la santé et dans la maladie. Quand ils parlent de l’homme malade, ils ne s’entretiennent que de ce qui concerne les éléments matériels de son corps – ses tissus. Les modifications organiques caractérisent peur eux la maladie et constituent l’alpha et l’oméga de tout ce qui représente l’affection morbide, son début et sa terminaison.

En fait, les partisans du galénisme proclament que la maladie est une entité qui existe sans une cause profonde, fondamentale. Ils n’acceptent que ce que voient leurs yeux et palpent leurs doigts, relayés bien sûr à présent par le microscope et le scanner. Mais toutes ces choses existent-elles sans cause ? Ils n’ont aucune base comme hypothèse de travail pour rechercher l’étiologie du processus objectivé.

Les « médecines alternatives » (la psychologie, l’homéopathie et l’acupuncture en particulier), par contre, perçoivent quelque chose d’antérieur à ces conséquences. Elles partent du matériel pour remonter à l’immatériel. Le concept d’une « énergie vitale » (homéopathie), du « Qi » (en MTC) et de ses symptômes spécifiques reliés à des altérations de quantité et de mouvement, leur est essentiel. C’est l’homme lui-même qui est malade, avant que nous ayons des preuves évidentes de sa maladie, avec ses diverses localisations.

L’homme sent, goûte, voit et entend, il pense aussi. Ce sont là les manifestations extérieures de la vie. Mais il veut, désire, aime et comprend (ce que l’association de tous les organes ne fait pas). Nous avons des outils (l’approche toxico-mimétique de la matière médicale homéopathique, la circulation de l’énergie dans les méridiens en MTC, les avatars de la construction de la personnalité pour le psychologue …) qui nous permettent de comprendre le mécanisme des troubles en cours et donc de guérir le malade parfois. Et pas seulement les résultats de sa maladie au niveau du corps physique.

Si vous demandez à un médecin qui n’a pas étudié l’homéopathie ou la MTC en quoi consiste une guérison, il ne songera qu’à l’idée de la disparition de l’état pathologique. S’il s’agit d’une affection cutanée, la suppression de cette dermatose par une pommade, s’il s’agit d’hémorroïdes, leur excision sera appelée guérison. Le patient lui-même s émerveillera de la grande habileté du spécialiste à faire disparaître une dermatose. Puis il reviendra le voir quelques temps après pour des manifestations plus sérieuses, comme une maladie de foie ou un ulcère de l’estomac ! Bien évidemment, le lien entre ces deux manifestations ne sera pas établi, ni le caractère délétère de la thérapeutique qui aura repoussé en profondeur une dysfonction jusqu’alors superficielle.

Le dérèglement à l’intérieur de l’économie vitale – par carence ou pléthore – constitue un premier état de chose, puis alors apparaissent les manifestations de ce désordre central : les symptômes subjectifs, puis les symptômes objectifs.

Trois points importants doivent être constamment à notre esprit :

1/ « Rétablir la santé » … et non supprimer les symptômes ! Ce qui implique la récupération de l’harmonie au sein des régulations de l’être humain malade. Supprimer la constipation, les hémorroïdes ou l’eczéma, voire même un groupe de symptômes, tout cela n’a pas en vue la restauration de la santé, chez l’homme considéré dans son ensemble. Chaque fois qu’il a été possible de faire disparaitre un symptôme externe, il devrait y avoir une amélioration interne correspondante. S. Hahnemann insiste sur le fait qu’une vraie guérison consiste à rétablir la santé « promptement, sans violence et de façon durable ».

Les drogues actuelles sont extrêmement puissantes, leurs actions à de multiples niveaux nous demeurent inconnues (cf. les nombreux effets secondaires constatés). Les avantages trompeurs de ces remèdes chimiques concentrés ne sont du reste jamais de longue durée. Dans certains cas, ils semblent l’être à première vue, l’économie vitale ayant été comme imprégnée par les effets du médicament, mais la maladie même, dans son essence n’a pas été changée, elle continue son travail de destruction, seule sa manifestation a été modifiée et à la maladie naturelle s’est ajoutée une maladie médicamenteuse !

2/ Le processus curatif ne peut être doux que s’il suit le courant de la réaction naturelle, rétablissant l’ordre selon la loi de guérison de Hering, c’est-à-dire par voie centrifuge, à partir de l’intérieur de l’organisme : « du dedans au dehors, de haut en bas et dans l’ordre inverse de leur apparition ». Lorsqu’un médecin homéopathe, au chevet d’un malade, observant les manifestations et le cours de la maladie, voit que les symptômes – après l’administration de son médicament – ne suivent pas cette direction, il se rend compte du peu de valeur de son intervention.

3/ le troisième point à considérer concerne la fin du paragraphe 2 de l’Organon : « d’après des principes clairs et intelligibles ». Ce qui signifie des règles, principes invariants, qui pour l’homéopathe est constitué par le principe de similitude. Les remèdes de la matière médicale ne changent jamais de propriétés et en se familiarisant avec leur mode d’action, le médecin homéopathe deviendra plus efficace au fil de ses études et de l’expérience.

Les altérations tissulaires se rapportent au corps physique et sont les effets de la maladie, elles ne sont pas la maladie elle-même. L’écosystème microbien lui-même se déséquilibrera en fonction de l’état des régulations immunitaires (cytokines) qui d’ordinaire le contrôlait, ceux-ci dépendant des régulations hormonales et des contraintes psychologiques subies (endorphines). Le remède similimum qui est le reflet de l’ensemble de ces dysfonctions, comprend bien des symptômes subjectifs inexplicables qui sont autant de signes d’appel de la maladie à son stade préclinique.

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Les « experts » médicaux ?!

Dans une épidémie, chaque nouveau malade manifestera quelques symptômes qui lui sont propres, en quelque sorte son empreinte personnelle à cette maladie. Les symptômes que l’on rencontre dans tous les cas sont ceux qui caractérisent l’épidémie actuelle. Ces symptômes correspondent habituellement à 4 ou 5 remèdes qui sont typiques de l’épidémie. Choisissant dans ce groupe de médicaments en fonction du cas, le praticien avisé pourra guérir presque tout le monde. Il procèdera du général au particulier, donnant à chacun le remède épidémique qui lui convient le mieux.

Le devoir du médecin consiste à suivre ces idées directrices (un principe de similitude et des remèdes expérimentés sur l’homme sain), à remonter aux sources, à chercher à découvrir les causes premières du déséquilibre ayant abouti à la maladie. Ainsi, il pourra en connaissance de cause appliquer au malade tous les moyens nécessaires à la restauration de sa santé.

Pour une information objective sur le devenir du pouvoir médical dans nos sociétés occidentales, lire : DOMENIGHETTI G. « D’Hippocrate à Knock » AGEFI magazine / Biotech / 29 mars 2010

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.