Remèdes du groupe du Germanium

Le groupe du Germanium / les Venins

Le groupe du GERMANIUM concentre l’essentiel des venins de la matière médicale, toxiques animaux qui provoquent un empoisonnement souvent mortel. L’impact de ces substances choquantes agissant à des doses minimes, est neurologique, hémorragique et nécrosant.


Ce sont les remèdes de réparation des grands traumatismes (toutes formes d’atteinte à l’intégrité : attentat, viol, mutilation, sensation d’avoir été battu à mort et injurié …) ou de croissance à l’ombre de la répression (cf. leurs rêves horribles).


Contraintes externes :… gérées par le pôle : … Remèdes satellites :


Froid (et traumatismes)

 Rein

 Elaps (sang noir) / Heloderma / Prionurus

Sécheresse (acidité)

 Colon

 Crotalus cascavella

 Chaleur (sur stagnation)

 Poumon

 Crataegus / Echinacea

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 Humidité (œdèmes)

 Pancréas

 Agave / Nasturtium

 Vent (soucis/poison)

 Foie

 Tarentula / Mygale / Paris quadrifolia

 Feu (destructeur)

 Coeur

 Bothrops (hémiplégie gauche)

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Dysfonctions internes : … gérées par le pôle : … Remèdes de structure

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 L’eau …

 Rein

 Naja (impulsion suicidaire)/ Serum d’anguille

 Le sang …

 Coeur

 Crotalus (hémiplégie droite) / Latrodectus

 L’énergie/chaleur …

 Poumon

 Germanium (culpabilise) / Cenchris

 Le Yin/Yang …

 Foie

 Lachesis

 La Lymphe …

 Rate

 Vipera (phlébite)

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L’envenimation : la première impression ressentie est une douleur locale comme une piqûre d’aiguille. Il est rare que les crochets ayant pénétré une veine superficielle, il se produise une syncope en début d’envenimation. Puis, quelques minutes à une demi-heure après, une tuméfaction douloureuse apparaît et s’étend : la région se met à enfler et à présenter une teinte rouge avec des taches livides. Cette enflure se résout et devient moins douloureuse au bout de quelques heures.


Les signes généraux prennent plus ou moins rapidement le devant de la scène le sujet ressent une faiblesse générale qui peut aller jusqu’à l’évanouissement, le pouls devient faible et irrégulier, il éprouve des éblouissements ou des vertiges. Les sueurs profuses, les nausées et les vomissements accompagnés d’une forte soif sont liés à l’atteinte bulbaire. Une hypothermie s’installe, en commençant par les extrémités. Si le mal progresse, le mordu entre dans le coma et meurt en quelques heures. Dans le cas du venin de Cobra, le sujet reste conscient et assiste angoissé et muet à son asphyxie progressive.


Il existe environ 2400 espèces de serpents, dont 700 sont venimeuses et seulement 200 dangereuses pour l’homme. Ceux-ci ont envahi tous les milieux : ils peuvent être aussi bien aquatiques que fouisseurs (serpent-taupes), terrestres ou arboricoles. Leur densité est maximale dans la zone intertropicale. Parmi ceux-ci on distingue :


— Les Henophidia (serpents peu évolués), comme les Boas, Pythons et Anacondas (qui peuvent atteindre jusqu’à 9 mètres et 100 Kg.)

— Les Caenophidia (serpents plus évolués) dont les familles les plus intéressantes sont :

  • les Colubridae … famille des couleuvres
  • les Elapsidae … famille de Naja, d’Elaps et de Bungarus fasciatus, pour lesquels les troubles nerveux prédominent
  • les Vipéridae … famille de Bothrops, Crotalus, Lachesis et Vipera, pour lesquels les troubles vasculaires dominent.

L’homéopathie a surtout étudié ces deux classes de serpents.


Composition chimique des venins : ce sont des substances liquides à consistance visqueuse, sans saveur ni odeur. Ensemble de protéines qui agissent par voie sanguine : choquantes, à action neurologique, hémorragique et nécrosante. Ils agissent à des doses minimes = mortels pour la plupart dès la dose de 0,1 mg/kg. Ils contiennent tous des proportions variables de :

  • d’amines pressives : Bradykinine, Sérotonine, Histamine = douleur + oedème + hypoTA
  • de neurotoxines curarisantes et d’enzymes hémolytiques (phospholipase) = CIVD
  • de minéraux : Zinc, Phosphore, Magnésium, Fer, Calcium et Soufre.

Ils ont sept propriétés principales :

  • neurotoxiques (surtout Elaps et Naja) = SNC et SNS, organes des sens : céphalées + obnubilation (à doses pharmacologiques)
  • hémolytiques = avec altération des endothéliums vasculaires
  • thrombosants (surtout Bothrops) = CIVD : œdème et nécrose
  • dépresseurs du SRE = réduction de l’effet des GB et du complément
  • hyperglycémiants, avec réduction de la réserve alcaline (pH du sang)
  • curarisants = paralysie des membres et du diaphragme (asphyxie)
  • hypotenseurs centraux par action cardiaque.

Caractères psychologiques tuberculiniques :


La « soif d’être » sur fond d’absence d’amour (pas livré !). L’indifférence est leur bête noire. Ils ont peur de rester seuls (Phosphorus, Pulsatilla). Manque de distance envers les êtres, les choses et les événements : souffrent d’être séparés !


Caractères psychologiques communs :

Remèdes de réparation des grands traumatismes (toutes formes d’atteinte à l’intégrité : attentat, viol, mutilation, sensation d’avoir été battu à mort et injurié …) ou de croissance à l’ombre de la répression (cf. leurs rêves horribles). Ces souffrances se retournent à l’âge adulte en « actes intégristes » : ils préfèrent à la difficulté de construire (ils font un « travail de paresseux »), la facilité de détruire (jusqu’à exercer la torture !). Impuissants et redoutables, ils vivent tout avec violence, jouent leur survie pour toute chose, à chaque instant, sans céder du terrain, car ils sont peu disposés au renoncement. Ils épient, jugent, toisent, espionnent … prêt à créer la zizanie, multiplient les provocations, pour que dans toutes leurs actions, le monde les regarde et les serve.


Leur dynamique est le refus, perpétuellement ironiques (confrontés tous les jours à la déception de n’être que ce qu’ils sont), ils font bande à part, s’opposent, contestent, critiquent, sans rien proposer de cohérent. Parce qu’ils ont mal, sont mal, se sentent mal, ils sont agressifs, déprimés et anxieux (en cela, ils sont proches des Acides).


Artistes, militaires ou chercheurs, ils sont dans un monde clos, car indécis et velléitaires, ils ne supportent pas l’autre (d’où un goût prononcé pour les mensonges, les masques, le camouflage). Ils prêchent la transcendance alors qu’ils ne peuvent s’élever, se dépasser : les coups bas sont de rigueur !


Au niveau sexuel, ce sont des « voyeurs embusqués » car, empêchés de faire, envieux et jaloux, ils dévorent des yeux (cf. leurs nombreux symptômes de troubles de la vue !). L’affectivité est sèche (l’autre ne compte pas). Les baisers sont une contrainte, une menace d’étouffement.

Cybernétique : Ils ressemblent, par beaucoup de leurs symptômes, aux acides, mais …

  • les « acides » sont sur l’axe [Rate à Rein] donc remèdes chroniques de phénomènes Yin (lésé) -Yang (apparent),
  • les « venins » sont sur l’axe [Coeur à Poumon] donc remèdes aigus de phénomènes Sang/Feu (sur peau et muqueuses), jusqu’au « Shen troublé » (délire) et suicide (atteinte de l’instinct de conservation).

Dans les répertoires, on relève :

  • Colère sous-jacente, comme Mercurius, Hepar sulfur, Nitricum acidum, Lycopodium …
  • Sentiment d’abandon ou/et d’insécurité : méfiance, phobie, perfectionniste, compassion
  • Besoin de contrôler son territoire : autoritarisme chez soi, jalousie, possessivité
  • Intolérance aux restrictions : endroits confinés, constriction cou, contradiction, injustice.
  • Accroissement des perceptions sensorielles : aggravé au moindre toucher, sensibilité aux odeurs

Modalités : Ils présentent tous …

  • une aggravation par l’humidité et le froid
  • une aggravation par l’alcool et le sel (qui retient l’eau)
  • une périodicité annuelle
  • une irritation des muqueuses et des symptômes oculaires.

En pratique, on distingue :

Les colubridés, pour lesquels les troubles nerveux prédominent :

  • Naja, le Cobra capel ou serpent à lunettes, d’action surtout neurotoxique,
  • Elaps corallinus, le serpent corail, d’action surtout hémolytique.
  • Bungarus fasciatus, paralysie progressive médullaire et bulbaire

Les vipéridés, pour lesquels les troubles vasculaires (hémorragies et caillots) prédominent :

  • Bothrops lanceolatus, la vipère jaune
  • Crotalus horridus, le serpent à sonnette
  • Vipera redii, la vipère italienne
  • Cenchris contortrix, ou Ancistrodon
  • Lachesis trigonocephalus, qui cumule à peu près les effets de tous les autres !

« Le Seigneur Dieu dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs…; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie » (La Genèse 3:14).


 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.