Rhodiola

C’est probablement à la suite des nombreuses études faites sur cette plante et des articles de vulgarisation qui en ont découlé que les magasins de produits diététiques, les prescripteurs naturopathes, les herboristes et les phytothérapeutes conseillent à tout va Rhodiola (Rhodiola rosea L.), anciennement Sedum rosea, pour son action relaxante contre un stress passager, une tension nerveuse, de l’angoisse ou une fatigue intellectuelle. On utilise la racine dorée dont l’odeur de rose en rend l’utilisation agréable. Elle appartient à la famille des Crassulacées.

Rhodiola_rosea

Rhodiola a été mentionnée pour la première fois par Dioscoride, à l’époque romaine. C’est une plante qui vient des pays Scandinaves et surtout de Russie où elle est considérée comme une panacée. Le nom latin « rhodiole » lui-même emprunté au grec rhodios fait référence à l’odeur de rose que dégage la racine. On la trouve sous diverses appellations : racine dorée, racine arctique, rhofiole, orpin rose.

Plante vivace, Rhodiola ressemble au Grand Sédum (Sedum telephium L.). Elle croît dans les régions froides, d’altitude (2 500 à 4 000 m) ou de latitude élevée, elle aime les sols sablonneux et secs des pentes rocheuses de l’Asie, de la Sibérie, de la Scandinavie et de l’Amérique du Nord. On peut la rencontrer dans toute la Sibérie, en Scandinavie, en Islande, dans les montagnes de la frontière Chino-Tibétaine jusqu’aux Alpes.

Sur les 30 espèces de rhodiola qui existent Rhodiola rosea L. est la seule employée comme plante médicinale. Elle est utilisée traditionnellement par l’homme dans toutes les régions où elle se développe. On ramasse la racine de plants qui ont au moins 5 à 6 ans d’âge. Rhodiola appartenait autrefois au genre Sedum, elle possède maintenant son genre à elle, et comprend au moins une vingtaine d’espèces.

Dans la tradition les Vikings l’utilisaient pour augmenter leur force et leur endurance, les allemands contre l’inflammation, la douleur et les maux de tête. En Sibérie et dans les pays scandinaves Rhodiola est réputée pour son pouvoir d’accroître l’endurance physique, la longévité, la vigueur sexuelle, la mémoire et les facultés cognitives. En Alaska elle fut utilisée comme lotion ophtalmologique. Aujourd’hui encore, en Sibérie, une coutume veut que l’on offre aux jeunes mariés un bouquet de racines de rhodiola afin que la descendance soit assurée !

PRINCIPES ACTIFS :

Elle contient des Phenylpropanoïdes : rosavine, rosine, rosarine ; des dérivés de phenylethanol : salidroside (rhodioloside), tyrosol ; des flavonoïdes : rodioline, rodionine, rodiosine, acetylrodalgine, tricine ; Des monoterpènes : rosiridol, rosaridine ; des triterpènes : daucosterol, beta-sitosterol ; de l’acide phénolique : chlorogenique, hydroxycinnamique et de l’acide gallique.

NB. seule l’espèce Rhodiola rosea renferme de la rosavine, de la rosine et de la rosarine : les substances que l’on pense les plus actives.

Le plus souvent elle est proposée sur le marché en gélules de poudre de plante. Comme pour toutes les plantes, les chercheurs tendent à standardiser les teneurs des principes supposés actifs. En découle l’utilisation d’extrait normalisé à 3 % de rosavine et 1 % de salidroside alors qu’à ce jour, rien ne permet de prouver que ce soit ces deux molécules qui agissent positive- ment sur l’organisme.

Une étude suédoise recommande un dosage de 340 à 680 mg par jour.

INDICATIONS traditionnelles :

De nombreuses vertus découlent de sa composition : c’est un antidépresseur qui, malgré le stress, améliore les fonctions cognitives. Elle combat la fatigue et remonte l’énergie, améliorant ainsi les performances physiques, intellectuelles et sexuelles. Elle favorise la fertilité. Adaptogène, elle traite le rhume, la grippe, la dépression, l’asthénie, la neurasthénie, ainsi que l’aménorrhée et les dysfonctions sexuelles.

Grâce à ses composés actifs de la famille des phénols et des flavonoïdes, la Rhodiola possède des propriétés anti oxydantes certaines pour protéger le cœur, la circulation, les surrénales, et régénérer le foie. Furmanowa M. a démontré que l’extrait alcoolique à 60°de rhodiola a une activité immunostimulante aussi importante que celle du ginseng.

Dès les années 60, en étudiant leur flore, les Russes ont montré qu’elle pouvait rivaliser aussi bien avec l’éleuthérocoque que le ginseng, deux grandes plantes adaptogènes. La discré- tion volontaire dont ses propriétés ont fait l’objet jusqu’en 1974, est sans doute due au fait qu’on la réservait à une élite et qu’on craignait son pillage.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.