Sempervivum tectorum

La joubarbe des toits, dont le nom scientifique est Sempervivum tectorum, appartient à la famille des Crassulaceae (150 espèces). Elle est cultivée en Europe depuis le IXe siècle comme plante ornementale et médicinale.

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Son nom vient du latin  jovis barba, barbe de Jupiter (un puissant Dieu de l’antiquité). Elle s’est rendue populaire pour son rôle protecteur contre la foudre (on la trouve encore sur nombre de toits). Elle se plaît sur un sol pauvre et calcaire, sur les rochers et elle s’accommode des temps les plus extrêmes que ce soit de la sécheresse ou des grands froids.

C’est une petite plante vivace, haute de 0.20 à 0,50 m, qui ressemble à un petit artichaut, comportant une rosette dense de feuilles charnues, sessiles, grasses, imbriquées, oblongues, succulentes, à pointes aiguës souvent rouge, à faces glabres et bords ciliés. Du centre de cette rosette sort la hampe florale dressée, charnue, feuillée, disposée en corymbe terminale, qui apparaît en juillet – août et qui porte un groupe d’épis de fleurs roses étoilées striées de pourpre, subsessiles ou courtement pétiolées. Elle porte de 8 à 20 sépales, de 8 à 20 pétales étalés, 2 fois plus longs que les sépales, de 16 à 40 étamines, de 8 à 20 carpelles divergents. Ses follicules s’ouvrent par une fente contenant de nombreuses graines sur deux rangs. La souche donne des rejets.

La rosette feuillée meurt après la floraison, la plante se reproduisant surtout par voie végétative, par enracinement des rosettes filles. C’est une plante pollinifère et mellifère au goût acidulé.

COMPOSITION :

On utilise les feuilles, aussi bien fraîches que sèches, que l’on récolte au moment de la pleine floraison et par beau temps. Étendues sur des claies, il faut souvent les retourner, car elles sèchent très lentement.

Les feuilles contiennent des acides organiques, de l’acide malique, de l’acide formique, des tanins, et substances mucilagineuses. On a détecté la présence de nombreux composés flavonoïdes dont le kaempférol (principal flavonoïde aglycone qui se produit uniquement sous forme glycosidique), mais aussi des huiles, des résines, des sucres et des traces d’alcaloïdes. Le suc est astringent, émollient et vulnéraire, antispasmodique.

Selon Fournier (1948), elle est réfrigérante, astringente, antispasmodique, détersive, diurétique, fébrifuge, hémostatique, stimulante des échanges.

INDICATIONS : proches d’Aloe off.

Ces deux plantes sont dites « grasses » : on qualifie ainsi leurs capacités à retenir l’eau, particulièrement dans le système foliaire. Leurs propriétés communes, tant du point de vue botanique que thérapeutique sautent aux yeux. La joubarbe des toits est en quelque sorte la miniature de l’Aloe vera : un aloès qui se serait adapté aux terres et aux climats froids.

Selon Pline, les feuilles de joubarbe appliquées sur les yeux ou le jus de celles-ci purgent et nettoient les ulcères des yeux et en les remplissant les cicatrisent. Elles soulagent les paupières. Aussi bien le jus que les feuilles appliquées sur les tempes guérissent les maux de tête.

Dans les campagnes le suc est utilisé pour soigner les maux des yeux, les dartres, les ulcérations et les diarrhées violentes. Les feuilles fraîches écrasées, ou simplement leur suc, calment les piqûres d’insectes et les urtications. Le suc de feuilles fraîches, étendu d’eau, servait aussi en gargarismes et bains de bouche contre les inflammations de la muqueuse buccale.

Joubarbe

HOMEOPATHIE : selon P. Kollitch la Joubarbe appartient au groupe des acides. La teinture de plante fraîche est utilisée contre la dysménorrhée et l’aménorrhée.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.