Soins complémentaires

Soins complémentaires des cancers évolués

« Si vis vitam para mortem » : Si tu veux vivre, prépares-toi à mourir (S. Freud)

L’étude américaine des « cliniques de Tijuana » est à ce niveau démonstrative : les autorités sanitaires des USA demandèrent dans les années 1980 une évaluation comparative en terme de survie sur deux lots de patients à diagnostic tumoral comparable, l’un étant pris en charge dans les hôpitaux universitaires US et bénéficiant des plus modernes protocoles de traitement, l’autre (dont l’acteur Steve Mac Queen !) ayant décidé d’abandonner le circuit classique et de passer la frontière pour bénéficier de traitements « naturels » dans les cliniques mexicaines spécialisées. Après plusieurs années d’études, quelle ne fut pas la surprise des officiels : les deux lots de malades présentaient des résultats sensiblement équivalents !

1/ Ralentir la progression tumorale : les « alcaloïdes de Beljanski » (Pr. M. BELJANSKI 1924 – 1998)

Dans les conditions normales, la cellule doit dupliquer son génome ADN, transcrire des gènes en ARN et traduite ces ARN en protéines conformes. Il existe une différence entre les ADN des cellules saines et ceux des cellules cancéreuses dont les brins sont ouverts en permanence et ne fonctionnent plus de façon coordonnée. Quelques substances se sont révélées actives sur l’ouverture excessive des brins d’ADN, sans toxicité pour les cellules normales. 

La cancérogenèse doit être combattue sur trois fronts :

  • arrêter la multiplication des cellules K, sans affecter les cellules normales (VR/PP40)
  • restaurer les défenses générales et locales de l’organisme (ARN/NA)
  • corriger les dysfonctionnements enzymatiques secondaires (GB).

Remèdes choisis grâce au « test d’activité ribonucléasique » (Oncotest), ils ont la propriété de freiner considérablement le développement tumoral par « verrouillage des brins d’ADN » :

L’ALSTONINE est un alcaloïde inhibiteur de la réplication de l’ADN tumoral, cytostatique des tumeurs solides, qui peut être employé parallèlement à la chimiothérapie classique (ex BG 8). Il est extrait actuellement de :

« Rovol V® » … (RAUWOLFIA SERPENTINA)  … lab. Natural source (USA)

« Petite Pervenche » (VINCA MINOR) … lab. Oronat (Luxembourg)

« VR »la Verge d’Or (SOLIDAGO VIRGA AUREA) … lab. Phyt’Herbs (Suisse) 

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La FLAVOPEREINE est un alcaloïde antiviral et cytostatique (ex P 100), même sur des localisations cérébrales (passe la barrière méningée). Il est extrait actuellement de :

« PAO V® » … Pao Peirera (GEISSOSPERMUM VELLOSII) … lab. Natural source (USA) … espèce protégée, de plus en plus difficile à trouver !

« PP 40 » … Frangipanier (PLUMERIA RUBRA) … lab. Phyt’Herbs (Suisse)

« PAO 40 » … ASPIDOSPERMA SUBINCANUM … lab. B3 Labs (Espagne)

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Le « NA », NARINGINE est extrait de l’orange amère (CITRUS VULGARIS), remède spécifique des atteintes cutanéo-muqueuses, comme les polyposes et ulcères.

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L' »ARN ribosomial » ou « ANX » ou « RealBuild » (ex RLB), stimulant des polynucléaires et des plaquettes, limite les effets délétères des traitements lourds. C’est un bon protecteur en cours des radios et chimiothérapies (une dose semaine).

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Le « GB » ou « GK 10 » ou « Ginko V® » (ex Bioparyl), extrait de GINGKO BILOBA, est cicatrisant et antifibrosant (protecteur de la moelle osseuse en cours de radiothérapie).

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Ces remèdes, un temps interdits en France à la vente pharmaceutique, ont à présent une AMM européenne et sont proposées à la vente par un laboratoire américain (Natural source) et plusieurs autres laboratoires (belges, suisses et espagnols – sensiblement moins chers, mais vérifiez les concentrations de produits actifs), les patients commandent par internet ou bulletin donné par leur thérapeute et sont livrés par la poste.

Ces alcaloïdes ont un effet stimulant (comme le café) sur le système digestif (gargouillis) et le cœur (palpitations) : il faut donc augmenter la dose progressivement et la réduire (un peu) si ces effets secondaires deviennent désagréables.

 

NB. Les alcaloïdes de Beljanski (cytostatiques) ne doivent pas être combinés avec les viscotoxines du Gui (Viscum / Iskador) qui sont plus immunostimulants et auront intérêt à être prescrits après éradication de la masse tumorale, afin d’éviter une récidive.

 

Dans cette gamme de produits émergeants, il faut noter le CRICIBRO (extrait de brocolis). Le Brocolis (« brocco » signifie branche en latin) est riche en « Indole-3-Carbinol » (I-3-C). Ce composé indolé se transforme in vivo en une série de métabolites actifs dans le cancer du sein, avec la faculté, comme de nombreuses études récentes semblent le montrer, de pouvoir compléter et même remplacer l’action du Tamoxifène comme inhibiteur des cellules cancéreuses (ER+) exprimant des récepteurs à estrogènes. Cet effet s’est confirmé sur les cultures de cellules cancéreuses prostatiques. Les essais cliniques ont aussi mis en évidence l’action du I-3-C dans les lésions à papillomavirus, bloquant leur expression tumorale (pour une prise moyenne de 400 mg/jour). Cf. « Alternative Medicine Review« , volume 6, n°6, 2001, pages 580 à 589.

Citons également le « Cartilage de requin », supposé contenir des facteurs inhibiteurs de l’angiogénèse (idem Avasta, classiquement utilisé). Une étude publiée dans le « Journal of the National Cancer Institute » l’a testé comparativement à un placebo chez des patients (379) atteints  de cancer pulmonaire à petites cellules. Les résultats n’ont pas été très probants : moyenne de survie avec cartilage = 14,4 mois, avec placebo = 15, 6 mois !

 

2/ Soutenir les organes sains (alternez les produits selon les besoins, exemples, les remèdes complexes du lab. Heel) :

Toujours = Molybdan compositum + Ubichinon compositum + Galium-Heel (Galium comp. en Suisse) + Glyoxal comp.

Avec = Hepar compositum + Solidago compositum + Lymphomyosot (Myosotis comp.) + Thalamus comp. … en évitant bien sûr de stimuler un organe touché par la croissance néoplasique.

La vitamine D  réduit le risque de métastase dans les cancers du sein, par inhibition du gène ID1 : tout déficit devra être corrigé.

 

Les « Sérum equi 4CH » (lab. Serolab. – Suisse) ont aussi un excellent effet, surtout : « SRE » + Foie + Emonctoires » (si chimiothérapie) + « Neuro-vasculaire » (si douleurs)

Attention, on n’utilisera jamais l’organe concerné par la tumeur !

 

NB. Attention à l’hypercalcémie tumorale (> à 2,6 mmol/l) des cancers de la thyroïde ou des métastases osseuses, qui peut entraîner des troubles digestifs, une asthénie avec confusion mentale et des troubles cardiaques graves.

 

3/ Décongestionner et traiter la douleur : « Ah ! Perce-moi cent fois de ton aiguille fine, et je te bénirai cent fois, sainte morphine » (Jules Verne, mort en 1905)

 

En médecine douce, on utilisera, en fonction de la symptomatologie :

* Métastases osseuses : « Aurum (D 30) + Silicea (D 20) » amp. Inj. (lab. Weleda), avec Symphytum 1 DH (ca) 25 gouttes/jour.

* Douleurs des cancers :

  • Améliorées par le froid : Apis mel., Bufo (cu), Carboneum sulf. (ch2), Euphorbium (hg) …
  • Aggravées par le froid : Arsenicum alb., Carbolicum acid. (cachexie et douleurs brûlantes)

* En conseil téléphonique : « Sédatif PC » (lab. Boiron), la peur de mourir : Aconit napelus

* En « sels de terrain » : EFFICOMPLEX n°7 (les « acétates » … lab. Effithera / Nutramex – bon de commande à télécharger dans la boutique), gélules à ouvrir, contenu à laisser fondre sous la langue. Bon effet sur les douleurs et la fatigue des patients cancéreux en cours de chimio ou radiothérapie.

* Au stade terminal, alternez nos formules complexes d’homéopathie (voir sur ce site la rubrique CHU) = « Lachesis comp. », « Acidum comp. » et « Camphora comp. » selon la symptomatologie.

 

Dans le cas d’une évolution terminale, l’action psychologique devra évoluer parallèlement aux soins palliatifs.

Certains s’intéresseront à la « méthode Simenton » qui propose de « Réveiller en chacun son médecin intérieur » ! Leshan et Simenton proposent dans une « psychothérapie de choc » (individuelle et en groupe) de rendre le malade conscient des pulsions négatives qui jalonnent le cours de son existence (ex.: mauvaise qualité des rapports avec autrui), puis de libérer leurs pulsions positives, de redécouvrir leur « moi-vrai ». Le programme se déroule en plusieurs temps :

  • expérimenter la relaxation (temps de reprise de souffle)
  • recherche du stress primordial (il faut sortir de l’impasse du « pourquoi » et du « pourquoi moi »)
  • temps de re-décision : veut-on vraiment revivre ?
  • imaginer sa guérison physique, le retour à la vie normale
  • expérimenter l’imagerie mentale (originalité de la méthode : on agit sur le corps +)

Les CAC développent depuis quelques années des « unités de soins palliatifs« , où l’accompagnement du malade peut s’organiser. Elisabeth Kübler-Ross (psychanalyste suisse) a systématisé dès 1969, les étapes que traverse la personne malade jusqu’à la mort : dénégation, puis colère, marchandage (prise de conscience graduelle), dépression, enfin acceptation (et augmentation de la conscience de soi et des contacts avec autrui).

Le « projet de soins » consiste pour l’équipe médicale en une réduction des douleurs et des troubles métaboliques et fonctionnels induits par la tumeur, mais surtout en une aide psychologique qui va permettre au malade d’éviter la solitude, de l’aider à vivre en lui donnant l’occasion d’exprimer ses sentiments, ses difficultés, ses désirs et ses espoirs.

NB. 1 : le patient ne meurt jamais de son cancer, mais d’une des complications secondaires de celui-ci :

  1. Cachexie ou compression d’un organe de voisinage (rein, cortex, etc…)
  2. Embolie (attention à l’utilisation des H.E. qui peuvent être thrombogènes). Les thromboses veineuses devront d’ailleurs être une préoccupation constante chez le patient cancéreux, d’autant que leur prise en charge est difficile (hormonothérapie, chimiothérapie, accès veineux central ….). L’héparine reste la base du traitement, en dehors d’une insuffisance rénale, parfois complété par la pose d’un filtre sur la veine cave. Devant un état veineux limite, on pourra utiliser les complexes suivants : Aesculus-Heel, Hamamelis-homaccord ou Traumeel.

NB. 2 : on appelle « Syndrome de Lazare » les situations où le malade considéré comme perdu guérit. Sa réapparition inattendue suscite parmi ses proches des réactions (embarras après un deuil anticipé) qui l’atteignent aussi !

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.