Staphysagria

alt   Staphysagria 

Delphinium staphysagria, renonculacée, est une grande plante herbacée pouvant atteindre 1m. Au premier siècle de notre ère, DIOSCORIDE préconisait cette plante contre la rage de dent. Puis, l’utilisation de ses graines a été étendue aux convulsions, à l’épilepsie, aux tics de la face. Enfin l’usage populaire en a fait un parasiticide, d’où son nom populaire « d’herbe aux poux ». 

PRINCIPES ACTIFS : pour l’usage homéopathique, on utilise les graines à l’état sec, au titre alcoolique de 65%. C’est, une fois encore, à HAHNEMANN que l’on doit la première pathogénésie qu’il réalisa en 1819 avec dix collaborateurs. Du fait de sa très grande toxicité (ces graines contiennent un alcaloïde diterpénique proche de l’aconitine), Staphysagria provoque de très nombreux symptômes, souvent banals par eux-mêmes, rendant ainsi sa prescription difficile.

HOMEOPATHIE diathésique : Remède du groupe du Sodium (Kollitsch p. 57) : « Le non-dit : indignation silencieuse« 

Symbole : La suppression émotionnelle, pour « faire bonne figure », mais attention à la somatisation (cf. le Système Inhibiteur de l’Action) –> ce dépit fait le lit des somatisations (cancer ?!).

Causalité : Cache son indignité dans une souffrance silencieuse, vieux chagrins secrets qui bouillonnent à l’intérieur, ressentiments, blessures profondes d’amour-propre.

Key-note : Hypersensible et orgueilleux : vexé, il « garde tout sur l’estomac« .

Psyché de l’adulte : Pourquoi le silence ?
Parler d’une offense ou d’une blessure permet habituellement d’en réduire la portée. Staphysagria choisi l’indignation contenue comme un stimulant qui sert en outre de barrage au débordement émotionnel de sa personnalité hypersensible (pb. de gestion du « non-dit » : tant qu’on en parle pas, cela n’existe pas ?). Comportement placé sous le signe de la frustration : par éducation, il peut se dominer, il observe l’impulsion qu’il sent naître en lui, alors il fait une colère rentrée, donc des troubles urinaires ou digestifs. Importance du « qu’en dira-t-on ». Il torture sa conscience car il cherche à sauver la face : « Si je gueule, qu’est-ce que les autres vont penser de moi ?! »

Il est alternativement plein d’espoir et découragé, soutenu par le désir de se prouver / de leur prouver son pouvoir d’endurance. Besoin de maintenir sa dignité et le respect de lui-même (fierté !), même sous la contrainte extrème. « Moi aussi, j’ai besoin de respect et d’admiration » : se sent impliqué dans toutes les injustices (Causticum). Il se révolte, même pour des choses qui ne le regarde pas ! Il prône des idéaux de fraternité, d’harmonie conjugale et de solidarité professionnelle, etc… et rumine de vieilles injures ou des critiques injustifiées (Natrum mur.).

Souffre d’un sentiment d’orgueil dominé, d’un chagrin refoulé, d’une colère inexprimée. Il en résulte une répugnance pour la société, une humeur sérieuse et silencieuse. Susceptibilitée maladive, mais très indulgent pour lui-même (Lycopodium). Obsession sexuelle, mais timidité à l’égard du sexe opposé (onanistes ou homosexuels ?).

Psyché de l’enfant :
Atmosphère familiale autoritaire, intransigeante, les parents n’acceptant aucune réplique ou bien enfants devenus dans le groupe scolaire la « tête de turc ». Staphysagria, positivant l’indignation et développant le sens critique, améliorera ces sujets, en permettant un certain rejet parental qui les fera évoluer vers une personnalité autonome, mais il faudra obtenir de l’entourage une attitude plus compréhensive et parfois un changement d’école afin d’obtenir un nouveau contexte. Très susceptible (toute moquerie sur son physique le vexe profondément), trop facilement indigné et rouspéteur, surtout le matin. Bouge, tellement il est inquiet : il ne tient pas en place (Argentum, Causticum, Medorrhinum). Solitaire par vexation, aversion à être touché. Dans la période de l’adolescence il se réfugiera dans l’onanisme, poursuivi par des idées sexuelles obsédantes. Jette à toute occasion des choses dans le feu (Hepar sulfur).

Soma :
1- hyperesthésies (méridiens IG + Vessie = chaleur sur stagnation)

— génito-urinaire : cystalgies à urines claires (ex.: la « cystite émotionnelle de la jeune mariée »), ténesme vésical: le goutte à goutte après la miction, hyperesthésie vulvaire (Platina), douleurs déchirantes aggravées par le moindre contact, bon remède de dyspareunie.
— prurit erratique et psychogène, éruptions : eczéma des organes des sens (yeux / bouche et oreilles), chalazions, orgelets à répétition (aux règles).
— mal aux dents, aggravé pendant les règles
— perçoit un tremblement intérieur constant.

2- tumeurs molles : verrues pédonculées et papillomes des parties génitales 
NB. diathèse cancérinique épithéliale = Thuya occ. + Staphysagria + Nitricum acidum.

Modalités : Aggravé par :
les émotions : chagrins, vexations, indignation, querelles
le moindre contact (les excès sexuels et l’onanisme)
les coupures et la chirurgie (offenses physiques ?)
les boissons froides, la nuit
les traitements « mercuriels » (historique, actuellement, mercure-like = chimiothérapie et AINS)

Amélioré par :
– la chaleur
– le repos
– après avoir mangé

ACTION BIOLOGIQUE (BNS):

  • Baisse les tests : Alpha 1 précipitines / Ammonium / Mercurius
  • Augmente les tests : Albumines / Alpha 2 et Bêta précipitines

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry

Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il coordonne l’enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l’aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.