Sueurs

   Les sueurs

En MTC, « C’est Wei Qi (énergie défensive – GI) qui commande l’ouverture et la fermeture des pores de la peau » … Or Wei Qi est à l’interne pendant le sommeil = problème des transpirations nocturnes des patients tuberculeux. NB. Si le malade transpire au moindre mouvement, c’est un trouble du méridien Triple réchauffeur (voie des eaux), cas grave à explorer !

 Les troubles de la transpiration peuvent révéler des perturbations extrêmement variées de :

  • la détoxication, dont certaines très graves, ex.: éthyl (Nux vomica) ou insuffisance respiratoire chronique (Kalium carb.),
  • l’équilibre neurovégétatif, ex.: Phosphoricum acid. (épuisement nerveux),
  • la défense anti-infectieuse, ex.: brucellose, tuberculose, HIV …
  • une dysendocrinie : hyperthyroïdies …

ANHYDROSE, l’absence de sueurs, est secondaire à :

  • une énergie pertubée externe, surtout le vent et le froid : Arsenicum album, Plumbum ou Oleander (pb), Tuberculinum resid.
  • un trouble hépatique : Lycopodium ou Alumina, Arsenicum album sur Tuberculinum resid.
  • ou un trouble rénal (vide d’eau = cause poumon): Plumbum ou Oleander (pb), Petroleum

 HYPERHYDROSE

Sueurs profuses des extrémités, symptôme fréquent qui peut avoir trois causes différentes :

  1. Excès de Yang (le Yang exclu le Yin) : pas de régulations des pores de la peau, les liquides ne sont pas retenus = Rate + problème au niveau du Rein,
  2. Le « feu » vaporise l’eau (sueurs chaudes),
  3. La Rate est vide (si transpiration froide de jour, pensez à une hypoglycémie).

NB. Nous excluons de cette étude les transpirations nocturnes avec flush (qui évoque un syndrome carcinoïde), ainsi que les sueurs liées à une maladie infectieuse en phase aiguë ou les hyperthyroïdies.

Remèdes à choisir selon :

—> Les modalités de la sueur

* Les sueurs froides, cas grave :

  • Aurum … transpiration froide des extrémités (HTA ?).
  • Mercurius … un des remèdes qui transpire le plus pendant le sommeil et cela l’épuise d’autant. Patient aggravé la nuit et pendant la fièvre. Transpiration froide en mangeant.
  • Silicea … sueurs froides constantes, tête – nuque et pieds, fétides, < au moindre effort et la nuit
  • Les Venins … mains glacées et transpirantes
  • Veratrum album (as) … grave = vide de Yang, de Qi et de Sang : froid à l’interne, recherche la chaleur.

* Les sueurs chaudes, : « liquide organique du Cœur » en MTC = Chamomilla (na), Sulfur (aisselles et mains surtout) …

* Les sueurs qui « tachent le linge en bleu » (cf. Kent) : Indigo, Iodum … C’était un symptôme encore valable au début du siècle, lorsque les vêtements étaient amidonnés !

—> Le moment particulier de la phase de transpiration :

  • Transpire en dormant (pendant le sommeil, Wei Qi, qui commande l’ouverture des pores de la peau, est à l’interne) : les remèdes tuberculiniques.
  • Transpire en se réveillant : Sambucus (cu)
  • Transpiration au moindre effort (la transpiration est toujours liée au Yang du Rein) : Tuberculinum
  • Sueurs profuses, après maladie aiguë : Calcarea phos., Kalium carb., Psorinum

—> La localisation des sueurs :

— Limitées à la tête = réchauffeur sup. (poumon + cœur) : Calcarea carbonica (surtout de la face – nuque, mais aussi les mains et pieds).

— Limitées au thorax = ruminations psy. (cœur + rate)

— Inguinales = Foie (cf. trajet méridien)

— Axillaire = Rate-pancréas (cf. trajet méridien), souvent dans un contexte d’obésité 

— Mains = Poumon … La dystonie du « mouchoir à la main » (insuffisance de Qi du Poumon) : Actea racemosa (s), Ambra grisea (na), Cocculus (am), Conium, Natrum muriaticum (après les repas), Nitricum acid., Selenium (et plis), Sepia

— Pieds = Rein … Baryta carb., Graphites, Lycopodium, Nitricum acid., Petroleum (et plis), Sepia, Tellurium (s) … Transpiration des pieds avec éruptions en groupes : Dulcamara, Hydrocotyl (mg), Iodum, Mezereum, Silicea.

Transpiration unilatérale, intermittente : Pulsatilla

Transpiration des parties découvertes : Thuya occ. (avec mauvaise odeur du corps et transpiration de la lèvre supérieure).

La BROMHIDROSE

 

Les gens qui ont un véritable problème « d’odeurs corporelles » souffrent d’une affection appelée bromhidrose (ou osmidrose) et la plupart du temps aucun déodorant, produit antisudoral ou parfum ne parvient à les en débarrasser même s’ils se lavent quasiment en permanence. Le syndrome affecte tous les aspects de la vie de la personne : vie scolaire ou professionnelle, amitiés, vie amoureuse, activités sportives et même le shopping.

 

Remèdes les plus souvent rencontrés : Butyricum acidum, Graphites, Hepar sulfur, Magnesia carbonica, Lycopodium, Thuya occ. …

 

Nosode (chronicité) : Psorinum ou Medorrhinum (surtout des aisselles + leucorrhée)

 

Localement : Baume « Sani pieds » (lab. Weleda) ou HE naturelle de sauge.

 

NB. Lorsque le problème est localisé, on voit couramment pratiquer une chirurgie de transpiration axillaire (par lipoaspiration superficielle) et palmaire (par sympathectomie endoscopique).

Cas de bromhidrose (raconté lors d’un cours avec P. Schmidt). 

C’était une jeune fille de vingt ans qui se plaignait d’une grande fatigue, et surtout était désolée par l’odeur désagréable que dégageait sa peau. Ce qui créait chez cette pauvre fille une véritable infirmité. Elle ne voulait plus sortir en public. Plusieurs traitements allopathiques n’avaient rien donné. Or la veille-même de cette consultation, j’avais entendu un de vos conseils: « Recherchez les symptômes mentaux et attachez un grand prix au sommeil et aux rêves« . Mauvais homéopathe, mais assez bon élève, j’appliquais immédiatement la règle et posais les questions suivantes :

Comment sont vos nuits ? – Je rêve beaucoup, surtout depuis la mort de mon père.

Quels sont vos rêves ? – Ils sont toujours anxieux, mais pas horribles. Ils sont tristes. En regardant mon Répertoire de Kent en anglais, je compris tout de suite qu’il fallait être plus précis. A la rubrique « anxious », il y a au moins 150 remèdes. Je lui demandai :

Décrivez-moi vos rêves ? – Ce sont toujours les mêmes, me dit-elle. Je rêve à la mort. Je notai au 3e degré : ARS., MAG-C., THUYA. p. 1237 du Répertoire de Kent.

Vous rêvez à la mort de qui ? – De mon père et de tous mes proches. Je notai à « relatives » : Ferr., fl-ac., mag-c., mag-s., rheum., sars., p. 1237.

– Je rêve aussi que la maison est pleine de fleurs, surtout dans ma chambre. Je notai à « Flowers » : Mag-c., nat-s., p. 1240.

– Et dans mon jardin il y a des tombes. Je notai à « Graves » : Anac., arn., hura, iris, mag-c., ptel. p. 1240

– Et je suis effrayée, parce que mes cheveux tombent en masse. Je notai : « Hair falling out » : Mag-c. p. 1240.

– Je rêve aussi beaucoup aux enfants. Je notai : « About children » (p. 1237) Am-m., hura, kali-n., mag-c, merc.:

– Enfin, dans tous mes rêves, il y a trois cimes neigeuses étincelantes. Celui-là, je ne l’ai pas trouvé dans le Répertoire.

Mais peu importe, j’avais six fois Magnesia carbonica, et il ne manquait à aucun des rêves répertoriés. Comme au cours de cette même conférence vous aviez dit : « Si un médicament est à choisir sur des symptômes mentaux, la haute dilution est souvent préférable« , aussi je donnai d’emblée Magnesia carbonica 30 CH.

C’était un 21 décembre. Le 18 janvier, cette jeune fille revient entièrement guérie de sa mauvaise odeur et de ses rêves obsédants. Mon opinion était faite sur la valeur de l’Homéopathie !

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.