Troubles de l’apprentissage

 

Les troubles de l’apprentissage

Les troubles de l’apprentissage sont évoqués quand les performances de l’enfant à des tests standardisés, passés de façon individuelle, portant sur la lecture, le calcul ou l’expression écrite sont nettement au-dessous du niveau escompté, compte tenu de son âge, de son niveau scolaire et de son niveau intellectuel. Il faut les distinguer des variations normales des acquisitions culturelles et des difficultés scolaires qui naissent de facteurs socioculturels ou de difficultés sensorielles (visuelles ou auditives).

Les difficultés scolaires interfèrent de manière significative avec le passage de classe ou les activités de la vie courante qui nécessitent de savoir lire, compter et écrire (DSM IV). La prévalence de ces troubles chez les enfants d’âge scolaire est de 2 à 10 %.

1/ Troubles de la lecture : la dyslexie

Définition : Déficit sévère et durable de l’acquisition de la lecture, chez un enfant d’intelligence normale, normalement scolarisé.

Diagnostic : Niveau de lecture inférieur aux capacités intellectuelles

Le trouble apparaît vers l’âge de 7-8 ans. La lecture est lente et composée d’erreurs nombreuses : omission, distorsion de mots. La compréhension est limitée. Il existe des difficultés de rappel, d’évocation et de séquentialité des lettres et des mots. Seuls, sont reconnus et mémorisés quelques mots simples.

Des troubles émotionnelles sont souvent associées : anxiété, sentiment de honte. Des perturbations plus graves peuvent survenir : perte de l’estime de soi, dépression.

 Complications : difficultés, puis échec scolaire.

Evaluation :

  • Bilan psychologique avec tests d’intelligence (dont le QI)
  • Bilan orthophonique

Hypothèses étio-pathogéniques : cause probablement multifactorielle

 

  • Origine génétique
  • Anomalie de la latéralisation ou du développement cérébral (zones auditives et verbales)
  • Trouble psychologique de l’investissement du langage écrit
  • Méthodes pédagogiques inappropriées pour certains enfants


Diagnostics différentiels :

 

  • Absentéisme scolaire
  • Troubles sensoriels : visuels et auditifs
  • Troubles psychiatriques : instabilité psychomotrice, dépression…
  • Retard mental

 

Conduite à tenir :

 

  1. Dédramatiser, mais sans minimiser le problème.
  1. Rééducation orthophonique, adaptée à chaque enfant.
  1. Adaptation de l’enseignement scolaire, dans certains cas
  1. Si besoin, prise en charge psychologiques des troubles associés.

L’enfant dyslexique doit être (dans la mesure du possible) scolarisé en classe normale. Attention au risque de créer de la maladie là où il n’y a qu’une difficulté passagère ou un rythme de maturation différent.

 

2/ Troubles du calcul : dyscalculie

 

Les troubles de l’apprentissage du calcul sont rarement isolés et le concept de dyscalculie est discuté.


Diagnostic : Trouble présent dès 8 ans (CE2), mais variations possibles entre 6 ans (CP) et 10 ans (CM2). Difficultés dans le maniement des concepts arithmétiques. Difficultés dans le choix de stratégies pour la résolution de problèmes abstraits, chez un enfant aux compétences intellectuelles par ailleurs normales.

Complications : difficultés, puis échec scolaire.

Evaluation : Bilan psychologique avec tests d’intelligence, éventuellement consultation de Pédopsychiatrie.

Diagnostics différentiels :

 

  1. Absentéisme scolaire,
  1. Enseignement inadéquat pour certains enfants
  1. Retard mental
  1. Troubles psychiatriques : instabilité psychomotrice, dépression…

 

Conduite à tenir : Soutien scolaire – Adaptation du système scolaire. Si besoin, rééducation spécifique.


3/ Troubles de l’expression écrite : dysorthographie

Trouble de l’expression écrite, la dysorthographie fait généralement suite à une dyslexie. Diagnostic : Le niveau d’expression écrite est inférieur au niveau attendu :

– Dès les premières classes de primaire, à 7 ans (CE1) : difficultés pour orthographier les mots, pour exprimer ses pensées. Nombreuses erreurs grammaticales et mauvaise organisation des paragraphes.

– Puis en CM1-CM2, multiplication des erreurs d’orthographe, de grammaire et de ponctuation, rendant l’expression écrite très difficile.

Des troubles émotionnels sont souvent associés : anxiété, sentiment de honte.

Des perturbations plus graves peuvent survenir : perte de l’estime de soi, dépression.

Complication : difficultés, puis échec scolaire.

Evaluation :

 

  1. Bilan psychologique avec tests d’intelligence
  1. Consultation de Pédopsychiatrie.

 

Diagnostics différentiels :

 

  1. Absentéisme scolaire
  1. Enseignement inadéquat pour certains enfants (méthode « globale » !)
  1. Troubles sensoriels : visuels et auditifs
  1. Trouble du langage
  1. Retard mental
  1. Troubles psychiatriques : instabilité psychomotrice, dépression…


Conduite à tenir : Soutien scolaire – Adaptation du système scolaire. Rééducation spécifique. Si besoin, prise en charge des troubles associés, psychologiques.


4/ Dysgraphie

 

Certains enfants présentent une écriture particulièrement maladroite voire illisible. Parfois, l’écriture est très lente. Cela entraîne des difficultés scolaires.

 

L’examen doit rechercher particulièrement :

 

  • des problèmes neurologiques (troubles cérébelleux)
  • des troubles psychomoteurs : retard moteur global retentissant sur la gestuelle.
  • des difficultés relationnelles : source d’inhibition, de difficultés d’investissement des activités scolaires
  • des troubles psychologiques constitués, masqués par la dysgraphie.

 

Le bilan psychomoteur et le bilan psychologique permettent d’éclairer les raisons de la dysgraphie. En fonction de chaque cas particulier, la conduite à tenir s’oriente vers :

  1. la relaxation
  1. une thérapie psychomotrice
  1. une rééducation spécifique
  1. une approche psychothérapique.

 

Complication : difficultés, puis échec scolaire.

 

Evaluation :

 

  1. Bilan psychologique avec tests d’intelligence
  1. Consultation de Pédopsychiatrie.

 

Diagnostics différentiels :

 

  • Absentéisme scolaire
  • Enseignement inadéquat pour certains enfants
  • Troubles sensoriels : visuels et auditifs
  • Trouble du langage
  • Retard mental
  • Troubles psychiatriques : instabilité psychomotrice, dépression…

 

Conduite à tenir : Soutien scolaire – Adaptation du système scolaire

Rééducation spécifique. Si besoin, prise en charge des troubles associés, psychologiques.

Jung


Les agités impatients : « Mon enfant est infernal, à l’école il n’écoute pas, ne tient pas en place et n’arrive pas à jouer avec ses camarades. A la maison, ce n’est pas mieux : nous n’en pouvons plus !« .

 

L’évocation d’un tel tableau par les parents renvoie à ce que le DSM4 appelle THADA, c’est à dire « Trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention« . Lors de ces affections, on observe souvent des troubles de LA FIXATION (mémoire récente), quelques remèdes typiques (mais n’hésitez pas à consulter un professionnel) :

 

  1. instabilité du comportement (veut tout faire à la fois !)
  1. agitée par émotion réprimée, il/elle parle avec précipitation
  1. très oublieux des évènements récents et des noms propres.


* Avec agitation constante : perte de mémoire complète, dit un mot pour un autre, cauchemars, nombreux petits oublis. Coléreux et très dispersé. Il tend à détruire, frappe, griffe, horreur d’être touché. Oublieux, il répète les questions qu’on lui pose avant d’y répondre.

 

* Avec déficit : passif, timidité, bougon, arriération mentale, lent d’esprit habituel, faibles acquisitions, faibles fixations, difficulté à fixer son attention, « s’embrouille », long à réfléchir.

 

 

A propos de l'auteur
Françoise HENRY
Auteur de remarquables pages d'homéopathie et de psychologie, alors qu'elle avait commencé sa carrière par le droit, elle nous a quitté en 2013, suite à la complication d'une greffe rénale. Nous lui devons tous beaucoup pour sa lucidité et ses efforts dans le domaine des médecines douces.