Troubles du rythme

      Les troubles du rythme cardiaque

La cardiologie fut une des premières disciplines à sortir du tronc commun de la médecine. Successivement considéré comme le siège de la chaleur humaine, réceptacle de l’âme, le cœur apparaît rapidement comme le symbole de la vie. Nous différencierons ainsi deux grandes catégories d’affections cardiaques :

  1. celles où les phénomènes de « sclérose vasculaire » prédominent (maladies dégénératives) —> prédominance de la systole = spasmes vasculaires à lever,
  2. celles où le « métabolisme » l’emporte (phénomènes inflammatoires) —> prédominance de la diastole = cœur à tonifier.

Un bilan biologique (BNS) permettra de réguler ces phénomènes sous-jacents au troubles de rythme. S’il existe une hyperlipémie (cholestérol haut), on aura intérêt à conseiller la prise d’acide gras Oméga 3 (et arrêter l’hypolipémiant, qui ne sert à rien et génère beaucoup d’effets secondaires désagréables).

Les anticoagulants pourront être utilisés selon les circonstances (risques de phlébites ou d’embolie). Ils appartiennent à 3 classes = l‘aspirine et les Anti-vitamines K (AVK = Sintron) sont déjà anciens, les anticoagulants oraux (AOD = Xarelto) sont entrés dans la pratique : l’effet s’installe rapidement et la dose fixe permet de se passer du contrôle biologique. Le risque de saignement intracrânien est moindre qu’avec les AVK, néanmoins ces médicaments présentent des limitations d’emploi, en particulier l’insuffisance rénale.

ECG4      tracé d’ECG

Dans la pratique on observe 3 types de troubles :

  • Les troubles du rythme sinusal : tachycardie, bradycardie, arythmie
  • Les troubles du rythme auriculaire : extrasystoles, flutter, fibrillation
  • Les troubles jonctionnels ou ventriculaires (du domaine de la réanimation !)

Palpitations (appelées « extrasystoles » par le monde médical)

Contractions prématurées et fortes du cœur, provoquée par une excitation anormale du SN autonome du myocarde. Souvent phénomène isolé et passager, elles peuvent durer des heures et frappent le moral du malade.

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NERVEUSES

  • Phosphorus … toutes les dysneurotonies, patient aggravé couché sur le côté gauche
  • Natrum muriaticum (avec ou sans anémie) … sur fond de tristesse + Ignatia (na) plus paradoxale
  • Actea racemosa (s) … alterne dépression et excitabilité,
  • Coffea (s) … excité le soir, n’arrive pas à se calmer pour trouver le sommeil 
  • Gelsemium (mn) … trac, aggravé par le mouvement (différent de Digitalis),
  • Tabacum (am) … sensation lipothymique
  • Castoreum (cu), Lilium tigr. (mg), Moschus (excitation diaphragmatique) … hystériques
  • Ambra grisea (na) … impressionnable
  • Asa foetida (au) … le faux angor digestif

DIGESTIVES : Nux vomica (abus de tabac, d’alcool), Carbo vegetabilis … flatulences ++

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TOXIQUES

  • Hyper thyroïdien … Iodum excitation du matin (différent de Coffea) ou Lycopus (io)
  • De grossesse … Sepia ou Platina crampes et angoisses
  • Ménopause … Lachesis : palpitations au réveil et durant les bouffées de chaleur
  • D’effort … Arnica (hg), Rhus toxicodendron (hg) : dérouillage
  • Suite de prise d’amphétamines … Coca (ba) ou Zincum

Dans un contexte d’H.T.A.

  • Arnica (hg) … dyspnée avec réveil nocturne, faciès congestif
  • Aconit nap. (s) … crise de panique et poussée hypertensive
  • Glonoïnum (s), Sulfur … pléthore et stagnation

En cas de fibrillation auriculaire non valvulaire, la prévention du risque d’accident vasculaire cérébral est essentielle. L’aspirine et les antiagrégants plaquettaires n’ont pas d’indication dans ce contexte. Le choix s’impose entre les antivitamines K (ex.: Sintrom – qui réduit le risque d’AVC de 64% mais nécessite une surveillance biologique par INR) et les anticoagulants oraux directs, dont l’incidence des hémorragies cérébrales est plus faible et qui ne nécessite pas de surveillance par l’INR. Cependant, leur dose devra être adaptée en fonction de l’âge, d’un faible poids ou d’une insuffisance rénale éventuelle.

CARDIOPATHIES

  • Aurum (sclérose du faisceau de Hiss)… palpitations violentes intermittentes, surtout la nuit + bouffées congestives
  • Benzoïcum acid. … palpitations nocturnes, antécédents de goutte
  • Cactus (zn) … palpitations + dyspnée, céphalée constrictive ou angor, aggravé à 23h
  • Naja (ge) … palpitations + dépression (antécédents de TS ?)
  • Spigelia (cu) … palpitations violentes, irradiant au membre supérieur gauche.

 

L’ablation de la fibrillation auriculaire par radiofréquence

La fibrillation auriculaire est une anomalie du rythme cardiaque, provoquée par des signaux électriques désorganisés provenant des oreillettes. Cette perturbation du rythme cardiaque porte atteinte à l’orchestration des contractions normales, coordonnées entre les oreillettes et les ventricules, compromettant la capacité du cœur à envoyer efficacement le sang dans le corps.

Chez les personnes atteintes de fibrillation auriculaire, l’activité électrique du nœud sinusal est désorganisée, ce qui provoque une contraction anarchique des oreillettes. Ces contractions irrégulières ne permettent pas de remplir correctement les ventricules avec le sang, ce qui entraîne aussi une irrégularité des contractions ventriculaires. La fréquence cardiaque peut atteindre jusqu’à 100 à 175 battements par minute ou plus.

La fibrillation auriculaire peut provoquer un évanouissement, une sensation de faiblesse, et conduire à la formation de caillots de sang ou à d’autres complications.

Cette intervention utilisée pour traiter la fibrillation auriculaire (FA) vise à éviter le battement rapide des cavités supérieures du cœur, par petites brûlures des tissus, isolant et bloquant ainsi les déclencheurs de la FA dans les veines pulmonaires qui conduisent le sang au cœur. Cette technique introduite en cardiologie depuis la fin des années 1980 consiste à utiliser les effets des courants de radiofréquence pour supprimer certaines tachycardies. Les courants de radiofréquence sont transmis vers l’intérieur des cavités cardiaques par l’intermédiaire d’un cathéter (câble électrique recouvert d’une gaine en plastique).

Radiofréquence

 

Ils provoquent à son extrémité une brûlure de très petite taille (0,5 cm2) dans une zone préalablement repérée comme étant déterminante dans le déclenchement des troubles du rythme. Outre le cathéter destiné à transmettre le courant de radiofréquence, d’autres cathéters sont généralement utilisés afin de localiser très précisément la région cible. Ces cathéters sont introduits sous anesthésie locale par ponction d’une artère ou d’une veine au niveau de l’aine et (ou) du cou. Ils sont placés à l’intérieur des cavités cardiaques sous contrôle télévisé.

Tachycardie (coeur rapide) : 

Le flutter auriculaire est un trouble du rythme supra-ventriculaire responsable d’une tachycardie régulière, perturbant la fonction de la pompe cardiaque. Le risque qu’il entraine est celui de la formation de micro-caillots au sein du flux vasculaire perturbé, ceux-ci se manifestant par des embolies périphériques (dont de petits ictus répétés : absences ou paralysies segmentaires) et nécessitant la prise d’un traitement anti-coagulant.  

  • Aconit nap. (s) … palpitations et tachycardie brutale, angoisse et agitation
  • Belladonna (ca) … dans un contexte de fièvre
  • Glonoïnum (s) … avec bouffées de chaleur (ménopause) ou migraine
  • Kalium carbonicum … tachycardie paroxystique sur fond d’insuffisance cardio-respiratoire
  • Lycopus (io) … tachycardie + angor de dysthyroïdie, tendance aux hémorragies
  • Lilium tigrinum (mg) … tachycardie paroxystique, douleur irradiant à droite + polarité génitale
  • Natrum iodatum … sur problème dysthyroïdien
  • Spigelia (cu) … migraine gauche, tachycardie paroxystique (verminose ?)
  • Strophantus (ph) = Ouabaïne … tachycardie paroxystique (maladie de Bouveret).

Bradycardie (cœur lent – risque de syncopes) :

  • Apocynum cannabinum (as) … le syndrome cardio-rénal : bradycardie – oligurie – œdèmes
  • Digitalis (as) … tonicardiaque homéopathique, extrasystoles bi ou trigéminées, aggravé par le mouvement. En dilutions moyennes, assure les effets d’intolérance de la digitalisation allopathique.
  • Gelsemium (mn) … bradycardie améliorée par le mouvement (différent de Digitalis)
  • Iberis amara (na) … sent son cœur battre « dans la gorge »
  • Kalmia latifolia (al) … bradycardie sur cardiopathie vraie, avec névralgies
  • Naja (ge) … bradyarythmie avec cyanose des extrémités
  • Natrum piruvicum … bradycardie et hypo TA
  • Veratrum viride … bradyarythmie avec syncopes, céphalées battantes

Mais aussi : Abies nigra, Baryta carb., Berberis (al), Cannabis ind., Dulcamara, Hydrastis, Oleander (pb), Opium, Physostigma (mn), Staphysagria, Veratrum viride 

A partir d’un certain âge, il faudra envisager la pose d’un « pace-maker ».

Remède complexe de O.A. Julian pour le bloc auriculo-ventriculaire : Iberis amara (na) + Rauwolfia + Moschus aa 3 DH

Anthroposophie : « Cardiodoron » =

  1. Primula + Onopordon + Hyosciamus – flacon n°1
  2. Aurum met. + Cactus grand. + Cor + Crataegus – flacon n°2

Avec, si :

  • Endocardite = Echinacea D3
  • Péricardite = Bryonia D6 + Stannum D10
  • Infarctus = Arnica D10 + Nicotiana D10

Phytothérapie :

  • Crataegus oxycantha 1D … Palpitations, excitabilité cardio-vasculaire.
  • Scutellaria galericulata 1D … Palpitations et dépression (contexte de trouble thyroïdien ou suite de grippe).

Organothérapie / Sérothérapie : Intestin grêle +++ (cf. MTC), avec :

  • Myocarde (si insuffisance cardiaque)
  • Rein (si HTA ou œdèmes)
  • Rate et pancréas (si RAA)

Oligo-éléments : Manganèse-Cobalt et Soufre (si auto – intoxiqué)

  • ou Lithium (anxieux)
  • ou Phosphore (spasmophile)
  • ou Iode (hypothyroïdie)

Formules complexes du lab. Reckeweg (Allemagne) :

« R 2 » Aurin … toujours ! 20 gouttes, 1 à 3 fois par jour … Affections fonctionnelles du cœur : arythmie, tachycardie, extrasystoles (Aconit D6, Arnica D3, Aurum mur. D6, Cactus D4, Crataegus D1, Digitalis D3, Ignatia D6, Kalium phos. D4, Laurocerasus D3, Spigelia D3, Valeriana D2).

« R31 » Contraemin 10 gouttes, 1 à 3 fois par jour … Troubles du rythme cardiaque sur anémie (vide de sang du foie) (Aranea diadema D30, Arsenicum iodat. D6, China D6, Ceanothus americ. D6, Ferrum mur. D6, Lycopodium D12, Sulfur D30).

« R 44 » Hypotonol 10 gouttes, 1 à 3 fois par jour … Troubles du rythme cardiaque sur Hypo TA et fatigue, après accouchement ou maladies infectieuses (Crataegus D1, Laurocerasus D3, Oleander D3, Sarothamnus D2)

« R 66 » Arrhythmin 10 gouttes, 1 à 3 fois par jour … Troubles du rythme cardiaque, suite d’endocardite, infarctus (Amni visnaga D2, Iberis amara D3, Leonorus cardiaca D2, Oleander D3, Spartium scoparium D2, Sumbulus moschatus D2).

NB. à noter, les sensations « comme si …

  • le cœur allait s’arrêter » : Aurum, Lobelia (am), Nux moschata (ba)
  • le cœur s’est arrêté » : Cicuta virosa (cu), Digitalis (as)
  • le cœur est suspendu à un fil » : Kalium carbonicum
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.