Troubles sexuels

   Les troubles sexuels …

« La perpétuité de l’espèce humaine n’est pas laissée au hasard, ni au caprice des individus : un instinct naturel la garantit, et il réclame impérieusement, irrésistiblement satisfaction. Celle-ci ne procure pas seulement une jouissance des sens et un bien-être physique, mais encore une autre satisfaction plus élevée, qui est de continuer notre propre existence passagère en de nouveaux êtres, en leur léguant nos qualités physiques et intellectuelles » (R. Von Krafft-Ebing, 1864).

Le vécu de la sexualité du côté de la psychologue :

« La vie sexuelle constitue un facteur considérable dans l’existence individuelle et sociale, et détermine une impulsion puissante pour le déploiement des forces, pour l’acquisition de la propriété, pour la fondation d’un foyer, pour l’éveil des sentiments altruistes … En somme, toute l’éthique et peut-être une bonne partie de l’esthétique et de la religion prennent leur origine dans le développement des conduites sexuelles » (P. Janet, 1931).

Le sexuel est le domaine préféré de manifestations des troubles névrotiques… tous ! A des niveaux plus ou moins prononcés bien sûr, et c’est ce qui fait la différence entre le normal et le pathologique… c’est une question de degré et de circonstances. 

 

L’expérience sexuelle est en premier lieu le lieu de la rencontre de soi et de l’autre et de la mise à nu du soi. La théorie freudienne désigne le sexuel comme cause spécifique de l’angoisse : difficile gestion des désirs et des frustrations et vécu d’une certaine culpabilité. Ces conflits transforment la relation du sujet à son environnement social, en développant des symptômes spécifiques, symptômes ou manière de faire et de se comporter, en relation avec les différentes façons de s’exprimer choisies par le sujet et divers troubles sexuels.

Les troubles sexuels sont de différents types, masculins ou féminins. Ils traduisent tous des difficultés relationnelles, ces troubles correspondent à une survenue inopinée de moments d’angoisse. Ces troubles sont répétitifs et anciens, ils mettent en jeu la relation aux autres.

La plupart des difficultés sexuelles sont abordées avec difficulté, à mot couvert, et témoignent de la culpabilisation qui y est liée. Les tabous sociaux, les préjugés, les vestiges d’une éducation judéo- chrétienne vont mener à des conduites coupables (masturbation, vidéo porno, etc..). Ces patients sont au minimum « mal dans leur peau » et ont une vie conjugale (quand ils en ont une ?) difficile ! La sexualité va parasiter la personnalité de ces sujets. Ils ne trouvent plus dans le vécu sexuel les aménagements habituels du sujet normal.  

  • Inhibition ou excès : c’est une pathologie du désir sexuel et une confrontation difficile avec l’acte sexuel proprement dit. L’inhibition du désir sexuel se traduit par l’impuissance chez l’homme, par la frigidité chez la femme.
  • Excès fantasmatique : quand la satisfaction sexuelle ne peut être obtenue qu’avec une construction impliquant d’autres personnes (ex.: Sulfur, Sélénium …) = vers la perversion.
  • Masturbation : elle n’est un symptôme que dans l’excès (ex.: Origanum …). C’est une alternative à la rencontre et une conduite de rassurement.
  • L’hystérie : les manifestations aiguës, durables ou les manifestations organiques constituent toujours le tableau de base. Elles s’organisent autour de trois axes principaux : le jeu permanent entre vérité et mensonge (fabulation, mythomanie)  la plasticité de la personne (privilégie le personnage sur la personne), et la mise en scène de l’intime et du sexuel (interprétation du sexuel, érotisation de la relation  qui permettent une mise en suspend de l’acte : incapacité à « conclure »). L’hystérique se donne alors un désir qu’il, elle se refuse à combler… Hystérie masculine (démontrée par Charcot) : le machisme, vécu du risque du féminin envisagé du coté de la menace identitaire.
  • Les obsessions : c’est le schéma inverse de celui de la névrose hystérique. L’obsessionnel est surtout obsédé par la défense, acharné à contrecarrer la manifestation de son désir. Le symptôme corporel de l’hystérique affiche le désir, l’obsessionnel va surtout « penser » son désir (ex.: Lycopodium, Sepia, Arsenicum album …) : rationalisation, anticipation et programmation sont ses meilleurs appuis. Ca lui, leur permet de neutraliser, de civiliser les affects.
  •  Les symptômes phobiques sont des stratégies d’évitement de la rencontre avec l’autre. Ces symptômes sont souvent peu visibles pour le monde extérieur et pour le patient représentent un bon compromis en préservant une « zone de vérité » de son symptôme. Le sujet désigne dans le monde extérieur et redoute dans certains moments d’intimité, des situations spécifiques, porteuses de son angoisse. Il met alors au point des rituels de rassurement, ce qui rend l’acte sexuel si laborieux pour ces sujets (ex.: Lycopodium).
  • Les stratégies de l’obsessionnel marquent sa méfiance fondamentale vis-à-vis du monde et son inquiétude devant l’irruption incontrôlable de son désir. Les plus caractéristiques des symptômes se situent dans le registre de la pensée (obsessions, TOC) et de l’action (compulsion), certains concernent le corps (phobie du toucher). Le rite, la pensée magique et le doute lui permettent de constituer un univers artificiel et fermé qui se substitue à l’échange avec l’autre. Ces mécanismes le protègent efficacement d’une rencontre aléatoire avec l’altérité et lui procurent une jouissance secrète… Les actes compulsifs (passage à l’acte) sont en général chargés d’agressivité et de haine (ex.: Luesinum). Avec les rites et la pensée magique (je pense si … il va se produire cela…), l’obsessionnel tente de conjurer sa grande frayeur en l’associant à sa toute puissance.

Le doute (« t’es sur ? ») lui permet de ne pas aboutir à l’échange. Tous ces mécanismes sont marqués par l’agressivité potentielle et la défiance. Le phobique ramène la demande au niveau du besoin, il en découle la négation de l’autre (proche de la perversion) : il pratique le troc et assimile le désir reconnu,  ou au besoin ou à la demande. La névrose obsessionnelle entretient un lien privilégié avec la problématique perverse et la paranoïa. 

 

  • Le pervers est un technicien, un expert dans l’aliénation de l’intime de l’autre. Il nous montre un artisan du mécanisme lui permettant d’avoir la propriété de l’intime de l’autre, de préférence avec sa complicité.Les pervers sont des gens brillants, séducteurs, ils cherchent à se faire aimer, collectionnent les belles choses, les belles femmes (hommes), ils ne vivent pas isolés. Mais on peut dire que l’illusion, l’apparence les satisfait. La perversion est l’aboutissement logique de la névrose phobique.… Mais pourquoi rattacher la phobie à la technique d’intimité ? Parce qu’on se rend maître de l’intime de l’autre pour la vivre par procuration. Pourquoi la complicité ? Car le pervers développe son emprise de l’autre qui va développer à son tour un accord avec lui. C’est rencontrer un autre qui va faire vivre chez lui ce qu’il y a de plus construit, de plus travaillé, c’est à dire sa sexualité infantile : le pervers joue sur les réminiscences de la sexualité infantile perverse de l’autre. Chez chaque sujet, potentiellement, il y a des pulsions perverses !

·         L’homosexualité est une négation de la différence … 

L’homosexuel croit que la différence des sexes ne vaut pas pour lui. L’homosexualité est une voie d’esquive par rapport à cette réalité de la différence des sexes qui s’impose à tous, là est le lien entre toute puissance et l’idée que la différence des sexes ne vaut pas pour lui.

De même, en ce qui concerne le désir d’enfant chez les homosexuels : s’il y a recours à l’insémination artificielle, c’est faire comme si on pouvait faire des enfants n’importe comment, sans relations sexuelles entre hommes et femmes (c’est un « désir de toute puissance »).

 

Le vécu de la sexualité du côté de l’homéopathe :

Si la sexualité a été l’objet d’étude privilégié de la psychologie, la sociologie et l’ethnologie, fort nous est de constater que la médecine ne s’en est occupée que fort récemment, par le biais de la « sexologie » (étude et traitement des fonctions psychosexuelles). L’homéopathie n’a pas fait mieux, car cette rubrique est plus que rare chez tous les auteurs. L’honneur d’avoir levé le voile revient à un homéopathe français du 19ème, Jean-Pierre GALLAVARDIN (1825-1897). 

 

La MTC considère les pathologies de la sphère génitale (chez les deux partenaires) comme des blocages « Shan « :

  1. d’énergie (Qi Shan : suite à un choc émotionnel, colère ou surmenage physique) sur profil psychologique Shao-Yang (VB/TR : actifs/dystoniques), ou Jue-Yin (Foie/MC: vasculaire/ cystalgiques),
  2. et de sang (Tui Shan : attaque d’humidité et de froid, ou Jin Shan : suite de traumatisme) au niveau du vaisseau conception (Ren-Mai) et méridien du méridien du Foie (qui va aux organes sexuels).L’excès ou le vide déterminent la symptomatologie comme le priapisme, les infections génitales et la spermatorrhée, ou au contraire l’impuissance, l’eczéma et le prurit génital. Le déficit sexuel transitoire est nommé « fatigue de maison » ! 

Fréquemment évoquée au cours d’une consultation, l’insatisfaction sexuelle peut relever d’un trouble du désir ou/et du plaisir. La plupart des difficultés sexuelles n’ont pas de cause organique. Ne pas omettre toutefois de pratiquer un examen clinique complet (et para-clinique parfois) pour mettre un tel blocage en évidence. Il faut rechercher en particulier :

—  Les maladie(s) vénérienne(s) : syphilis, gonococcie, chlamydiae, herpès, HIV, amibiase (MST aussi parfois !) … récente ou ancienne,

—  Les troubles neurologiques (exemples : SEP, paraplégie, traumatisme crânien …),

—  Les intoxications : éthyl, tabac, médicaments ++ (hypotenseurs, neuroleptiques, somnifères : par exemple, on peut prescrire Halopéridol  30 CH ou 200 K si fixité de la mimique, difficulté d’attention, de mémoire et d’intelligence) et les anabolisants prisés par certains « sportifs ».

 

                                                               Homme

– Les malformations des organes génitaux : prépuce ++, testiculaire (atrophie, ectopie), scrotum (varicocèle), prostate (adénome ou cancer ?)

– Les lésions vasculaires : artérite iliaque ou aortique, hémorroïdes, varices des membres inférieurs

– Les dysfonctions endocrines : thyroïdienne, surrénalienne ou pancréatique (diabète)       

NB. Après avoir développé la verge, la testostérone influence l’activité sexuelle masculine : les patients hypogonadiques non traités ont peu de libido et encore moins d’érections spontanées.   

                                                                 Femme

– Les malformations des organes génitaux : traumatisme des accouchements ++

– Les lésions vasculaires : hémorroïdes, varices des membres inférieurs

– Les dysfonctions endocrines : ovaires, mais aussi thyroïde (clef des ovulations), hypophyse (aménorrhée-galactorrhée), ménopause (bouffées de chaleur ?). 

 

Examens complémentaires utiles : un bilan biologique BNS (+ bilan hormonal salivaire éventuel). 

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et échographique ou radiologique (ex.: ptose gynéco, blocage de l’articulation sacro-iliaque ?).

NB. Pas de traitement à l’aveugle, sans diagnostic précis, pas de traitement standard surtout. Replacer le trouble dans son contexte, car l’évolution psychoaffective a des modalités très variées et les difficultés d’adaptation sont inévitables …

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             Qui se plaint de difficultés sexuelles ?

–> Des adolescents inquiets, des adultes insatisfaits, des sénescents nostalgiques,

–> Des sujets à difficultés psychologiques : vécu mémorisé des avortements et des viols, plus simplement conflits intra-psychique liés à une culpabilité inconsciente : œdipe non résolu, perversions latentes… (à replacer dans le cadre des névroses, dépressions, psychoses…), voir plus haut

–> Des couples à la recherche de conseil conjugal : mésentente, infidélité, jalousie, séparation prolongée, problème de contraception …

L’origine de certains problèmes peut aussi être sociale : surmenage professionnel, chômage, retraite, guerre … Ces troubles peuvent être :     

  1. primaires = ont existé tout le temps,                                            
  2. secondaires = il y a eu des coïts réussis.                                             
  3. sélectifs = les troubles n’existent qu’avec certain(e)s partenaires : ce dégoût sexuel sélectif ne doit pas être confondu avec une frigidité (ou une impuissance), il traduit une crise du couple et une tentative passive pour opérer une distanciation nécessaire à la sauvegarde individuelle. 

Adolescent : l’âge mental, physiologique et la maturité affective ne coïncident pas toujours. Différence entre l’homme et la femme : l’un vit son initiation sexuelle (peuvent se consoler du ratage par le fait d’avoir surmonté ce moment redouté) quand l’autre aspire à une relation totale (épanouissement sexuel dans le couple communiquant). L’angoisse est au cœur des relations intimes …      

 

–> Masculin : peur d’être nul, d’être ridicule, de ne pas assurer …

–> Féminin : peur d’avoir mal, ne pas se sentir prête, nécessité de se faire confianceLe clivage entre flirt (jeux sexuels) et rapport sexuel mérite aussi discussion. L’absence de pénétration dissimule parfois des relations déterminantes, alors qu’il peut exister un rapport physique détaché de tout investissement affectif.

« Si l’on adopte une vision large de la sexualité, qui incluse l’activité fantasmatique, les émotions et les sentiments, les relations interpersonnelles et les conduites, la distinction entre vie sentimentale et vie sexuelle n’a pas de raison d’être. Ces deux dimensions sont fortement intriquées l’une à l’autre » (A. Giami). La pénétration est souvent vécue comme une « prise de territoire » et par son refus, la femme tente d’amener l’homme sur un terrain plus affectif (relation sur toute la surface du corps et non un point précis !). Durant ce moment de rencontre, les deux personnes ne cherchent pas forcément la même chose … 

 

Adulte célibataire : rares ou nombreuses relations, durées et motifs des ruptures… les uns honteux de leurs incapacités, les autres importunés par leurs pulsions inemployées. S’informer du « scénario » parental, faire la part des « sabotages » inconscients (ex. : la psychorigidité de Cyclamen). 

 

Marié(e) : depuis combien de temps, débuts (lune de miel), influence des maternités, fidélité (existence d’un amant / d’une maîtresse ?), évolution optimale vers un épanouissement mutuel dans l’attention et la tendresse réciproque ? 

 

Veuf ou divorcé ?. Si choc émotionnel penser à Arnica (arnaqué ?), Ignatia amara (déception), Opium (sidéré), Staphysagria (non-dit)… S’informer de la présence d’un angor, d’un antécédent d’infarctus (la peur de l’accident vasculaire limite la sexualité d’Aurum, Arsenicum alb., Lycopodium…), d’une hystérectomie …  

 

Le comportement sexuel suit le cycle de réponse sexuelle décrit par Masters et Johnson :

1 – période d’excitation (préliminaires).

Homme : Femme :
constitution de l’érection lubrification des voies génitales

Troubles de la période d’excitation :

– absence de libido ou excitation faible – désintérêt sexuel
– pensées parasites – vaginisme
– anxiété de pénétration (phantasme de dévoration ?)

 

2 – période de plateau pendant laquelle ont lieu les mouvements alternatifs de la copulation.

Troubles de la période de plateau :

Masculins …

  • éjaculation prématurée (incapacité de retenir : Argentum nitricum, Sulfur …)
  • l’érection de tient pas (problème vasculaire ou chirurgie prostatique)

Féminins … orgasme précoce ou tardif (plateau  long) / dyspareunie (copulation douloureuse)

3 – période d’orgasme : moment privilégié auquel ne conduit pas toutes les expériences amoureuses ! Pour y parvenir, il faut soit :

  • un bon degré de rusticité pour que tout se vive en deçà d’une élaboration consciente (dans la pénombre de leur instinct ?),
  • ou une profonde communion entre des partenaires susceptibles de mettre en commun la plupart des plans de leur existence.

Troubles de la période d’orgasme (éjaculation / contractions musculaires rythmiques) :

  • Masculins … éjaculation retardée ou absente / éjaculation douloureuse ou anesthésique
  • Féminins …  anorgasmie (phantasme de fusion) / orgasme douloureux ou avec céphalées.

4 – période de résolution qui correspond à la phase réfractaire. Possibilité de multi-orgasmes chez la femme. Troubles de la période réfractaire (pour les deux) :

  • excitation anormale : le « démon de midi  » !
  • allongement excessif : désintérêt ou agressivité. L’homéopathie va éclairer ces troubles du comportement qui ne sont que les révélateurs des problèmes profonds d’une personnalité qui peut par ailleurs s’être bien adaptée. Lors de l’interrogatoire, mon maître O. A. Julian avait pour habitude de soulever rapidement les questions liées au comportement sexuel, au risque d’en choquer certain(e)s, ce qui permettait d’éclairer plus vite le choix du remède.

 

Nouveau syndrome sexuel ?

Mal connue, la sexomnie est un trouble du sommeil qui se manifeste par une brutale montée du désir sexuel. Inconscient, le passage à l’acte peut se révéler dramatique.

« Il m’a dit : “Suce-moi.” Il était à genoux sur moi, me maintenait les bras contre le matelas et tentait de me forcer à lui faire une fellation ». Cette nuit-là, Fabienne s’est rendue compte que son copain était un peu sexomniaque sur les bords. Pas obsédé sexuel, juste sexomniaque. Il lui arrive d’avoir une activité sexuelle tout en dormant et sans en être conscient. Comme un somnambule qui irait se faire un sandwich sans s’en souvenir ensuite. Cette pathologie peut se manifester par un simple gémissement, une séance de masturbation, voire par un coït en bonne et due forme.

Votre partenaire vous saute dessus pendant la nuit ? Tout est normal. Là où ça devient bizarre et vexant, c’est quand le matin il ne s’en souvient même plus !

Isabelle Arnulf, spécialiste des troubles du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, explique : « La sexomnie n’est reconnue que depuis une quinzaine d’années, mais c’est une réalité. Les sexomniaques sont souvent somnambules à la base, mais des troubles comme l’apnée du sommeil peuvent aussi en être à l’origine. Les crises se déclenchent souvent quand le sujet est fatigué ou a bu de l’alcool. »

N’y voyez aucune perversion. Les sexomniaques ont une sexualité tout à fait épanouie. Même si le réveil peut être brutal pour le partenaire. Pour Fabienne, cette nuit-là s’est soldée par quelques larmes, de grandes explications et le garçon en a pris pour trois semaines d’abstinence. Depuis, ils se sont mariés.

Mais la sexomnie est parfois plus lourde de conséquences. En 2005, lors d’une soirée arrosée, JB, 22 ans, reste dormir sur le canapé d’une copine. Dans la nuit, la jeune femme sent qu’on lui touche les seins. Le garçon finit par la violer et s’en va comme si de rien était. Traumatisée, elle se lève. Au moment de partir, elle croise son agresseur debout dans le couloir, le regard vide. Le lendemain, c’est la police qui réveille le jeune homme et l’arrête pour viol. Il affirme n’avoir aucun souvenir de ce qu’on lui reproche. Il sera finalement acquitté. Heureusement pour lui, les expertises médicales ont pu prouver qu’il souffrait de sexomnie, ce qu’a confirmé le témoignage de ses ex-petites amies.

Les phases de sexomnie ne sont pas régulières. Elles peuvent durer trois jours de suite et puis plus rien pendant des mois. Les gens ne savent donc pas toujours qu’ils sont sexomniaque.

Une étude canadienne parue en juin a établi que 8% des patients venus consulter dans des cliniques du sommeil souffraient de sexomnie. Trois fois plus d’hommes que de femmes. Le nombre de cas est sans doute très sous-estimé. C’est un sujet tabou et ils ne viennent pas toujours consulter.

Au répertoire de Kent, 5 remèdes sont à la rubrique « masturbation aggravée durant le sommeil » : Camphora, Carbo vegetabilis, Hyoscyamus, Platina et Thuya occ.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.