Ulcère d’estomac

Ulcus digestif

Maladie psychosomatique inflammatoire et périodique. En MTC on dit :  » le bois soulève la terre « , c’est à dire que l’émotionnel (Foie) pèse sur le pole digestif (Rate-Estomac). Evolution typique d’un soucis (trouble psychisme) —-> fonction organique perturbée —-> lésion tissulaire.

Succédant généralement à une phase d’aérophagie puis de gastrite, les symptômes caractéristiques de l’ulcère gastrique sont une douleur brûlante à l’estomac (une à trois heures après avoir mangé), soulagée par une nouvelle ingestion d’aliment ou la prise d’un antiacide. Le syndrome douloureux peut s’accompagner de nausées et vomissements, ainsi que d’une perte de poids (au bout de quelque temps).

Le tableau clinique (facilitée par la prise de salicylés ou d’AINS) peut parfois commencer par :

  1. une perforation (10% des ulcères sont asymptomatiques) : un pneumopéritoine est objectivable à l’ASP.
  2. un méléna (2% des cas), même sans hématémèse, avec anémie (faire une NF+VS), surtout chez la personne âgée.

Diagnostic différentiel :

  • Le syndrome de Zollinger-Ellison, qui associe à une oesophagite peptique, la présence d’ulcères multiples et une diarrhée chronique,
  • Un lymphome malin ou un cancer gastrique.

La question thérapeutique est encore en débat … les antiacides, les protecteurs de la muqueuse (aluminates et prostaglandines), les H2-bloquants et les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) ayant été associés ces dernières années aux traitements antibiotiques : la bi (traitement habituel) ou tri-thérapie de 7 jours (si l’éradication a échoué = 20% des cas) contre l’Hélicobacter pylori (HP, bacille gram -, jugé responsable de l’hyperacidité et de la baisse de la défense muqueuse) dont pourtant plus de 30 à 50% des européens et 70 à 90% des asiatiques et africains (acquis dans l’enfance) sont porteurs !

Or, depuis que cette « infection » recule dans les pays développés, les pathologies ulcéreuses et cancéreuses de l’estomac ont en effet diminué, mais la prévalence des reflux et de ses complications ne cesse d’augmenter !

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Le régime alimentaire a varié au cours des années, les médecins ont d’abord conseillé un régime lacté (laitages et purées), puis une exclusion des acides (vinaigre, moutarde, condiments). En fait, l’acide acétique est un acide faible qui ne joue pas de rôle dans les douleurs ulcéreuses… En revanche, le patient doit réviser son mode de vie (grignotage, surpoids) et ses mauvaises habitudes (alcool, tabac).

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LA GENE AU CARDIA (en avalant) :

  • Abies nigra (na) … sensation de corps étranger dans l’estomac « comme un œuf dur » (vieillards)
  • Gratiola (s) … sensation de « pierre qui roule » dans l’estomac, céphalées, vertiges, diarrhée.
  • Inula helenium (mg) … avec toux sèche

LES CRAMPES : Cuprum, Colocynthis (mg), Magnesia phos., Rhus tox. (la nuit)… Mais le médicament homéopathique le plus important est Nux vomica. Ce fruit orangée (Logoniacée) ressemble beaucoup à une orange remplie de pépins amers qui contiennent 13 alcaloïdes, dont de la Strychnine et de la Brucine.

Voici quelques traits caractéristiques des médicaments homéopathiques les plus importants des GASTRITES : 

1/ C’est une inflammation muqueuse qui touche l’ensemble du tube digestif :

  • Argentum nitricum … éructations, flatulences et colite, désir de sucre (qui pourtant aggrave) gastrite et gastro-entérite, avec éructations. Patient agité et hypochondriaque
  • Kalium bichromicum … douleurs ponctuelles, vomissements sans flatulences, constipation, rhinite et/ou leucorrhée, dermite de contact, eczéma … NB. Avec un désir de bière qui pourtant aggrave !
  • Graphites (ch) … éructations putrides, aggravé en mangeant.
  • Kalium carbonicum … aggravé à trois heures du matin, amélioré en se pliant en deux.
  • Lycopodium … éructations, flatulences, constipation.
  • Natrum muriaticum … suite de contrariétés (tristesse et somatisation ++)
  • Petroleum (ch) … amélioré en mangeant : se lève pour manger la nuit.
  • Geranium maculatum (ka) … ulcus gastrique hémorragique

Pensez aussi à : Causticum (am), Kreosotum (ac), Nitricum acidum … brûlures, crampes, désirs d’aliments gras. Lachesis, Staphysagria (suite de contrariétés), Sulfuricum acidum (pyrosis des alcooliques, sueurs), Thuya occ

Arsenicum

2/ C’est un problème « nerveux » (yang en excès ou apparent) :

  •  Arsenicum album … la tension nerveuse est constante, la douleur brûlante maximale la nuit (1-2h) qui s’améliore – un peu – avec la prise d’une boisson chaude.
  • Bismuthum (as) … vomissements améliorés par les boissons froides, douleurs améliorées penché en arrièreAnacardium (am) …  amélioré des les premières bouchées de nourriture
  • Belladonna (ca) … contient de l’atropine, vomissement après une boisson chaude
  • Bromum (io) … « après un coup de chaud » (amélioré par les boissons froides) : toux suffocante + ulcus gastrique des fumeurs (Nux vom.) ou entéro-colite membraneuse (idem Colocynthis)

Pensez aussi à :

    1. Sulfur … fringales, éructations et gaz, suite d’excès ou de contrariétés avec : Cuprum (crampes), Nux vomica (s), Robinia (s) brûlures d’estomac avec renvois acides ou aigres
    2. Sepia (mg) avec Hydrastis (k) … sensation de vide à l’estomac, non améliorée par les repas
    3.  Phosphorus … douleurs brûlantes avec : 
      • Bryonia (ph) … vomissements acides
      • ou Ipeca … gastralgies brûlantes, améliorées en buvant froid
      • ou Iris versicolor … tout le tube digestif est brûlant, vomissements, migraine ophtalmique.

Gastritis   modalités des principaux remèdes

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En anthroposophie, on utilisera « Robinia composé« , formule équilibrée de dystonie neuro-végétative à polarité digestive : Argentum nitricum D4 + Natrum phos. D6 + Nicotiana fol. D6 + Nux vom. D6 + Robinia cortex D2

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Complications classiques :

  1. LA STENOSE = Geranium (k) avec hématémèse
  2. L’HEMORRAGIE = Carbolicum acidum, China (as), Nitricum acidum, Phosphorus
  3. LA DEGENERESCENCE CANCEREUSE (Voir au service de cancerologie) 

Tous les remèdes de dyspepsie et d’ulcère peuvent être indiqués, mais les plus spécifiques sont :

  • Bismuthum (as) … stomatite avec vomissements alimentaires (sur Arsenicum album)
  • Cadmium sulfuricum (zn) … hématémèse et méléna, froid glacial de tout le corps
  • Condurango (au) … avec fissures de la commissure des lèvres
  • Crotalus (ge) … « Vomito negro » avec ictère
  • Hydrastis (k) … faim ou dégoût de la nourriture
  • Kreosotum (as) … dyspepsie hyperchlorhydrique, diarrhées et vomissements sanguinolents

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L’ULCUS DUODENAL : douleur plus tardive après le repas

Affection qui touche surtout les personnes âgées de plus de 50 ans. Affection du bulbe (90% des cas) souvent conséquence de traitements prolongés à l’aspirine et aux AINS, il est très corrélé à l’Hélicobacter pylori (90%) mais dégénère rarement. La complication évolutive en est la sténose pyloro-duodénale que l’on doit traiter par antrectomie-vagotomie.

  • Anacardium (am) … remède clef, douleur améliorée par le repas
  • Ornithogalum umbel. (ag) … avec flatulence post-prandiale majeure, dissociée des douleurs
  • Uranium nitricum (ag) … gastralgies avec boulimie et soif excessive (diabète ?).

Homéopathie complexiste :

« R 2 » Gastreu (lab. Rekeweg) … Les ulcus gastriques (Anacardium D6, Argentum nitricum D6, Arsenicum D4, Belladonna D4, Carbo veg. D8, Chamomilla D2, Chelidonium D3, Lycopodium D5, Nux vom. D30, Scrophularia D1).

Gastricumeel  … Les ulcus gastriques (Argentum nitric.  D6, Arsenicum alb. D6, Pulsatilla D4, Nux vom. D4, Carbo veg. D6, Antimonium crud. D6).

Ypsiloheel  …  Les dysneurotonies, émotions non gérées, insomnies (Asa foetida D4, Ignatia D4, Paris quad.  D4, Thuya D6, Pulsat. D4, Lachesis D8, Moschus D6, Glonoïnum D6)

Erigotheel …  Ulcus gastro duodénaux (Origanum vulgare D6, D10, D30, Erythraea centaurium D30)

Duodenoheel … Duodénite, hyperacidité gastrique (Anacardium D4, Argentum nitric. D6, Ipeca D4, Iodum D6, Lachesis D12, Petroleum D6, Robinia D4)

Phytothérapie (le BNS est souhaitable) :

  • Ficus carica 1D … anti-inflammatoire gastrique
  • Glycyrrhiza glabra (s) … la Réglisse, attention car contre-indiquée en cas d’HTA !
  • Melissa officinalis 1D … anti-spasmodique
  • Tilia tomentosa 1D … sédatif doux, 30 gouttes/jour (en poussée)

Si vous souhaitez réaliser un BNS12 ou 24, cliquez sur ce lien : www.mybiobox.com

Oligo-éléments : Mn-Cobalt ou Ni-Cobalt (avec, si aérophagie = Lithium)

Sérothérapie :    Sérum equi 4CH « DVPF » + « Diencéphale »

NB. Attention à la prise continue de pastilles RENNIE (Carbonate de Calcium) qui calme les aigreurs, mais risque de pousser un malade insuffisant rénal vers une hyper calcémie toxique !

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.