Urtica

URTICA

Nous trouvons essentiellement deux espèces d’orties (famille des Urticaceae) utilisées en phytothérapie :

  • Urtica dioica, l’ortie dioïque ou grande ortie,
  • et plus occasionnellement Urtica urens, l’ortie brûlante,
  • ainsi que des hybrides de ces 2 espèces.

Ces espèces ne doivent pas être confondues avec l’ortie blanche, Lamium album (lamiaceae) qui elle ne pique pas !

  • Urtica : du grec uro pour urine ou du latin urere, qui veut dire brûler.
  • dioïca : du grec di-oikos, qui veut dire « dans deux maisons » (allusion aux deux sexes qui sont sur des pieds différentes).

Urtica_dioica

URTICA DIOICA

NOM FRANCAIS : Ortie commune, grande ortie, ortie vivace (Ang.: Nettle / Esp.: Ortiga mayor)

La plante est récoltée à l’état sauvage en Europe Centrale et Orientale (Bulgarie). Cette plante rudérale est très envahissante. Elle se trouve le plus souvent dans les haies, les décombres, autour des habitations, dans les jardins et les endroits les plus incultes

C’est une herbacée vivace de 60 à 120 cm de haut, d’un vert sombre, à tiges robustes dressées.

Les feuilles sont opposées ovoïdes et acuminées, recouvertes de poils urticants et hérissés. La pointe de ces poils durs et coniques se brise lors d’un contact et injecte les substances urticantes contenues dans une ampoule située à leur base. Le bord de la feuille est pourvu de dents aiguës.

Les fleurs sont unisexuées, verdâtres, portées par des pieds différents, formant de longues grappes dressées, rameuses à l’aisselle des feuilles, plus longues que les pétioles (contrairement à Urtica urens). Les fleurs de la plante mâle sont jaunâtres (anthères à grains de pollen jaunes). Le fruit est un akène jaune-brun, de saveur peu caractéristique ; un goût rance indique que la drogue a été conservée de façon prolongée.

Véritable compagne de l’homme, l’ortie est connue et utilisée depuis des temps immémoriaux. Son usage a pourtant connu des périodes d’oubli. Négligée au XVIIIe siècle, sa redécouverte s’effectuera à la suite d’une thèse sur ses bienfaits dans plusieurs cas d’hémorragies utérines. Rejetée après la seconde guerre mondiale, car elle rappelait trop de mauvais souvenirs liés à la guerre : disette et habillement (dans nos contrées, les allemands faisaient massivement cueillir l’ortie pour en tirer les fibres nécessaires à la confection des fameux uniformes verts), il faudra attendre le début des années 80 pour la voir ressurgir sous les meilleurs auspices (une lutte sera même menée contre les tentatives d’interdiction de l’utilisation du purin d’ortie).

PRINCIPES ACTIFS : 

• Racines : stérols (sitostérol et leurs glucosides) ; tanins ; 0.1 à 0.2 % d’une lectine ; acides- phénols, aldéhydes et alcools phénylpropaniques ; lignanes, polysaccharides acides et neutres.

• Feuilles : flavonoïdes ; triterpénes, stérols (sitostérol) ; nombreux acides organiques ; chlo- rophylle et caroténoïdes ; vitamines (C, groupe B, K) ; sels minéraux (silice, potassium, nitrates) ; les poils urticants contiennent plusieurs amines (histamine, sérotonine, acétylcholine…) et des leucotriènes.

• Fruits : protéines et polysaccharides (mucilages) ; jusque 30 % d’huile grasse. L’huile obtenue par expression à froid du fruit mûr est riche en triglycérides d’acide linoléique (jusque 83 %) et contient des caroténoïdes et des tocophérols.

 

INDICATIONS traditionnelles :

L’ortie était bien connue des Grecs et des Romains, qui s’en servaient pour soigner la toux, la tuberculose, l’arthrite ainsi que pour stimuler la pousse des cheveux. La pratique de la flagellation thérapeutique avec des tiges d’orties remonte également à l’Antiquité.

On la dit efficace contre les rhumatismes. Nicholas Culpeper, célèbre médecin anglais de la première moitié du XVIIe siècle, la recommandait pour soigner les maladies des vaisseaux sanguins et des voies respiratoires.

En médecine populaire, l’herbe a été utilisée comme hémostatique dans les hémorroïdes et saignements utérins (hémostatique). Dans l’anémie en raison de sa teneur en fer (chlorophylle) et de ses propriétés digestives : elle favoriserait les sécrétions gastriques, biliaires et pancréatiques.

Elle est réputée « dépurative », contre les douleurs articulaires, ainsi que dans l’acné modéré et les éruptions cutanées. La feuille d’ortie urticante montre une capacité à structurer, à construire (recalcifier). Elle joue un rôle indéniable dans la consolidation des os, donc dans la reminéralisation.

En médecine ayurvédique (médecine traditionnelle de l’Inde), on emploie l’ortie en association avec d’autres plantes pour traiter les hémorragies utérines, les saignements de nez, les éruptions cutanées et l’eczéma. Les Amérindiens s’en servent pour soulager les douleurs rhumatismales, ainsi que pour soutenir les femmes durant l’accouchement. Les feuilles sèches serait galactogènes. Au Maroc, on utilise l’ortie pour traiter l’hypertension !

En usage externe la décoction de feuilles sèches ou fraiches s’emploie comme tonique dans la séborrhée du cuir chevelu et contre la chute des cheveux. L’application de feuilles fraîches pendant 30 secondes sur la partie douloureuse peut soulager les douleurs arthritiques.

En usage vétérinaire, c’est une plante nutritive à donner en fourrage pour enrichir le lait des vaches. Elle rendra les chevaux vigoureux et vifs. Les poules, elles, pondront davantage d’œufs. L’ortie à été utilisée pour engraisser les volailles et même les porcs.

La feuille comme toute la partie aérienne est légèrement diurétique et augmente l’excrétion des chlorures et de l’urée ce qui l’indique pour les rhumatismes et pour la goutte. Comme aliment les feuilles sont très alcalinisantes.

La racine s’utilise comme diurétique avec les mêmes indications que la feuille. Elle est aussi employée comme astringent (tanins) contre la diarrhée et en bain de bouche ou gargarisme contre les inflammations des muqueuses. Elle est préconisée dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate. La diminution de l’hypertrophie prostatique observée chez le chien a été confirmée par quelques essais cliniques chez l’homme, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour préciser les mécanismes d’action.

Les semences d’ortie (fruits) et l’huile qui en est extraite sont administrées comme tonique et « bio stimulant ».

Fumigation : on peut fumer de l’ortie lors de crises d’asthme.

Jus : Le jus de la plante fraîche, pressée et conservée avec de l’alcool à 25 % (peut aussi être congelé).1 C. à S. par jour.

L’ortie est-elle toxique ? : Non, mais elle est contre-indiquée en cas d’œdème et en cas de grossesse (activité utérine rapportée chez l’animal). Quelques rares cas d’allergies (dermatologiques) ont été observés après une prise d’infusion d’ortie !

Au sujet des racines, une étude ayant porté sur plus de 4 000 sujets que l’on a suivis durant six mois a permis d’établir que des troubles intestinaux bénins pouvaient se manifester dans tout au plus 1 % des cas.

L’infusion prise en très grande quantité pourrait causer une irritation gastrique, une peau brûlante et une interruption de la miction.

Urtica dioica n’a pas bénéficié de pathogénésie homéopathique, mais est très utilisée dans les préparations anthroposophiques (lab. Weleda). Son effet biologique (BNS) est proche de Berberis et de Betula (dépuratifs ++)

URTICA DIOICA essence spagyrique : Agit comme un tambour, qui libère à travers les vibrations les énergies négatives ou déstabilisantes engendrées par notre entourage. Elimination de tout ce qui n’est plus en rapport avec notre énergie (mal être, douleurs diverses du corps et de l’âme, anciens schémas destructeurs). Nous emmène à la découverte de notre totalité pour mieux comprendre la place de l’être humain dans l’univers, notre origine et notre filiation. Représente la communication, parler en toute tranquillité, permet de verbaliser ce qui doit l’être, oser faire, oser dire. Réaction en profondeur de l’intérieur des os à la surface permettant la restructuration fonctionnelle de notre corps physique à travers son action psychique. Force masculine, parfois fausse impression de force, peut être agressif et impulsif, à les nerfs à fleur de peau; essence protectrice et tonique de notre système nerveux. Réunit les éléments Terre (avoir les pieds sur terre et les nerfs – solidement ancré sur terre), Eau (élimination des peurs) et Air (airbag nous protégeant lors de perturbations et chocs, purification de l’air ambiant de toutes sortes d’énergies négatives).

Proche :

URTICA URENS  l’ortie brûlante

HOMEOPATHIE Diathésique : Urtica urens est remède du groupe du Soufre (Kollitsch p. 89).

EFFET BIOLOGIQUE (BNS) d’Urtica urens :

  1. Baisse les paramètres : Mercurius / Alpha 2 et Albumines
  2. Augmente les paramètres : Cuivre / Ammonium (Alumina) / Bêta précipitines

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry

Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il coordonne l’enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l’aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.