Vitamine A

La vitamine A (Rétinol) et le Bêta-Carotène (Pro-vitamine A)

Bien qu’elle fût la première vitamine à être découverte (1913), ce qui explique pourquoi on lui attribua la première lettre de l’alphabet, il fallut attendre jusqu’en 1930 pour déterminer la structure chimique de la vitamine A et bien comprendre qu’elle jouait un rôle crucial dans la croissance et la résistance aux maladies infectieuses infantiles. L’huile de foie de morue, une importante source de vitamine A, fut, dès lors, considérée comme un ingrédient essentiel à la croissance des enfants.

Vitamine liposoluble, la vitamine A se présente, dans l’organisme, sous la forme de rétinol, de rétinal (dans la rétine), d’acide rétinoïque (dans les os et les muqueuses) ou de palmitate de rétinyle (réserves stockées dans le foie). C’est dans la rétine qu’on l’a isolée la première fois, d’où le nom de « rétinol ».

Elle joue un rôle important dans la vision, notamment au chapitre de l’adaptation de l’oeil à l’obscurité, mais aussi dans la croissance des os, la reproduction et la régulation du système immunitaire. Elle contribue à la santé de la peau et des muqueuses (yeux, voies respiratoires et urinaires, intestins), qui constituent notre première ligne de défense contre les bactéries et les virus.

Elle est essentielle à la différenciation et la croissance cellulaire, car elle participe à la transcription de certains gènes et à la synthèse de certaines protéines. Elle favorise également l’absorption du fer et semble jouer un rôle dans la régulation des réponses inflammatoires (rôle anti-oxydant).

L’organisme s’approvisionne directement en vitamine A dans les aliments de source animale (foie, jaune d’oeuf, matière grasse du lait …), mais il peut aussi le faire indirectement, en transformant en vitamine A certains caroténoïdes provenant des végétaux. On dit de ces caroténoïdes qu’ils sont des « provitamines A » : sur les 600 connus, 50 sont dits « actifs », c’est-à-dire qu’ils peuvent être convertis en vitamine A (légumes : carottes, épinards, certains fruits : abricots, melons …).

Teneur moyenne de certains aliments en vitamine A (ug pour 100 gr.) :

  • Huile de foie de Morue ……. 20 000
  • Foie de Veau …………………20 000
  • Beurre …………………………… 750
  • Oeuf cuit ……………………….. 550
  • Carottes crues ……………….. 1 100 …….. 2 000 de Bêta-carotène
  • Epinards ………………………… 810
  • Abricots …………………………. 270
  • Fromage ………………………… 320
  • Tomate …………………………. 100
  • Lait entier ………………………… 40

Des apports suffisants en protéines et en zinc sont essentiels au métabolisme de la vitamine A. La vitamine E en accroît l’absorption et les réserves stockées dans le foie. Notez également que l’absorption optimale du bêta-carotène contenu dans les végétaux demande la présence d’un peu de matière grasse. Ainsi, si vous prenez un jus de carotte, un jus d’abricot ou des carottes comme collation, votre organisme n’absorbera que très peu de bêta-carotène si vous n’y ajoutez pas une ou deux noix par exemple, ou quelques gouttes d’huile d’olive.

Lors de leur cuisson, les aliments perdent environ 20% de leur teneur en vitamine A.

La vitamine A est potentiellement plus dangereuse que la plupart des autres vitamines, puisqu’elle peut s’accumuler et atteindre des concentrations toxiques, particulièrement pour le foie. Pour la femme enceinte, l’excès de vitamine A est vivement déconseillé. Il faut quand même souligner que le foie peut stocker jusqu’à 500 000 UI (150 mg) de vitamine A avant qu’il y ait surdose.

Le bêta-carotène (pro-vitamine A) ne présente pas les mêmes risques, puisque le corps ne convertit en vitamine A que la quantité dont il a besoin, évitant de la sorte un stockage excessif de cette vitamine.

La carence en vitamine A est pratiquement inexistante dans les pays développés. Les seuls cas, relativement rares, qu’on a relevés concernent des personnes souffrant de troubles physiologiques qui entravent le métabolisme naturel d’assimilation de cette vitamine (malabsorption des gras, fibrose kystique, diarrhée chronique, maladies du foie, sida, maladie de Crohn et colite ulcéreuse, par exemple).

Apports Journaliers recommandés selon la directive 90/496/CEE (AJR) = 800 ug.

Les médicaments suivants peuvent nuire à l’absorption de la vitamine A :
– contraceptifs oraux
– hypolipidémiants : cholestyramine (Questran®), colestipol (Colestid®)
– colchicine (antigoutteux)
– Néomycine (antibiotique)
– Oméprazole (antiacide)
– antiacides contenant de l’hydroxyde d’aluminium (Gaviscon® et Maalox® par exemple)
– Phénobarbital (antiépileptique).

 

A propos de l'auteur
Catherine Cattaert
Docteur en Pharmacie, Pharmacienne d'industrie. Praticienne MTC Actuelle présidente de IMH (association)