Vitamine B1

La vitamine B1 (Thiamine)

La thiamine, ou vitamine B1, intervient comme cofacteur de réactions métaboliques importantes (activation de l’acétyl-Coenzyme A = utilisation des glucides pour fabriquer de l’énergie) et en particulier dans la neurotransmission (utilisée dans le traitement de syndromes douloureux).  Structure chimique : la thiamine (ou aneurine) est une substance hydrosoluble, composée d’un noyau pyrimidique relié à un noyau thiazole par un pont méthylène. Elle se présente sous forme de cristaux blancs inodores.

Historique : Découverte en 1920, la carence en vitamine B1 entraîne un syndrome polynévritique appelé Béri-Béri (du nom du pénitencier où elle a été décrite, les prisonniers ayant préférés le riz blanc au riz complet !) que l’on rencontre encore dans certains pays (Inde, Indonésie), avec des troubles neurologiques, digestifs et cardiaques.

La vitamine B1 est apportée par le péricarpe et le germe des céréales, la levure de bière, les œufs, le lait, la viande de porc. Elle est détruite par la chaleur. La solubilité de la thiamine entraîne une grande déperdition lorsque les aliments sont bouillis ou passés au micro-ondes (jusqu’à – 65%).  

L’aptitude de l’organisme à stocker la Thiamine est limitée. Elle s’élimine par la sueur et les urines. Différents facteurs anti-thiaminiques (thiaminase de la chair de certains poissons) s’observent dans la nature et sont responsables de symptômes de Béri-Béri (Japon).

Apports Journaliers recommandés selon la directive 90/496/CEE (AJR) = de 1 à 1.5 mg / jour chez l’adulte.

L’encéphalopathie de Gayet-Wernicke est un trouble neurologique sévère qui résulte d’une carence en vitamine B1, accompagnée d’une absorption répétée d’hydrates de carbone ou d’alcool. Un régime déséquilibré peuvent déclencher la maladie. 

Elle est caractérisé par la perte de la mémoire à court terme, des troubles oculomoteurs (nystagmus, diplopie), impossibilité pour le malade de déglutir, troubles de l’équilibre et confusion. Le traitement consiste à injecter, par voie intraveineuse ou intramusculaire (Benerva), des doses de thiamine.

Si le syndrome est diagnostiqué tôt et que le malade est traité correctement, un rétablissement rapide et complet est possible (20% des cas). 

Si l’encéphalopathie n’est pas traitée, elle peut dégénérer et entraîner un coma, ou évoluer vers un syndrome de Korsakoff (ou psychose de Korsakoff) : perte de mémoire + fabulations + polynévrite.  Il peut y avoir des séquelles, où l’amnésie (antérograde et rétrograde) domine.

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.