Arthrose

 Structure de l’os en microscopie

L’arthrose … des douleurs d’installation progressive

L’arthrose est une maladie due à une usure précoce du cartilage. Elle peut toucher toutes les articulations, mais elle se manifeste plus fréquemment au niveau de certaines articulations: genoux, hanches, doigts (articulations métacarpo-phalangiennes du pouce, articulations interphalangiennes proximales et distales). D’autres articulations, comme celles de l’épaule, du coude et de la cheville, sont moins souvent atteintes. La colonne vertébrale, qui peut également être touchée par l’arthrose, présente une situation particulière dans la mesure où un grand nombre d’articulations, de muscles, de ligaments et de nerfs se mobilisent les uns par rapport aux autres.

 

L’arthrose est une maladie chronique qui évolue lentement. Très souvent, le cartilage a déjà subi une dégradation avant que les douleurs n’apparaissent. Des signes d’arthrose peuvent être visibles sur des radiographies sans que le patient ne ressente des douleurs.

Les causes sont souvent multiples :

  1. — génomique : fragilité héréditaire, co-facteurs métabolique (diabète, goutte, déminéralisation …)
  2. — contraintes externes, mécanique le plus souvent, sécheresse tissulaire …
  3. — état immunitaire : inflammation / sclérose

Ces conceptions actuelles de l’arthrose s’opposent à la vision ancienne d’une “usure liée à l’age” : cette affection apparaît précocement, nous n’en voyons que les symptômes tardifs : des lésions cartilagineuses, avec production d’ostéophytes ou de chondrophytes, pathologie chroniques dégénératives non inflammatoire (ou très peu).

NB. Les ostéophytes (enthésopathies non inflammatoires des régions chondro-périostés antéro-latérales du rachis) ou “becs de perroquet sont présents dans 20 à 30% de la population agée, mais demeurent le plus souvent asymptomatiques.

Le trépied symptomatique de l’arthrose comprend : la douleur, la raideur et l’épanchement, auxquels viennent parfois s’ajouter : craquements, déformations, impotence. Le traitement classique comprend :

  1. des anti-inflammatoires, lors des poussées évolutives : injections de corticoïdes intra-articulaires (attention aux effets généraux, si renouvelés fréquemment) et les A.I.N.S. (dangereux et dont rien ne prouve l’efficacité à long terme),
  2. des médicaments “chondro-protecteurs”: Piasclédine, Structum, Junctum …

Les causes seront toujours à rechercher : problème endocrinien et/ou trophique endogène (ex.: uricémie, oxalémie, hémochromatose …), ou exogène (ex.: saturnisme). Il faudra :

Arthrite

Les antalgiques dans le traitement de l’arthrose :

Les médicaments contenant du paracétamol sont recommandés en premier lieu. Dans le traitement de l’arthrose, le paracétamol peut être pris à la dose de 1 gramme, quatre fois par jour, mais uniquement sur prescription médicale. Le paracétamol est habituellement bien toléré. Néanmoins, un surdosage peut être toxique pour le foie. Il faut s’assurer de ne pas dépasser les doses prescrites et de ne pas associer plusieurs médicaments contenant du paracétamol. En cas de traitement anticoagulant oral et de prise d’une dose de quatre grammes de paracétamol par jour pendant quatre jours ou plus, une surveillance accrue du traitement anticoagulant peut être nécessaire.

Si le soulagement est insuffisant, le médecin peut également prescrire des AINS disponibles uniquement sur ordonnance pour traiter l’arthrose, notamment lorsqu’elle est invalidante. Ces médicaments diminuent la douleur, l’inflammation des articulations, ainsi que la raideur. En raison de possibles effets indésirables digestifs (brûlures d’estomac, ulcère de l’estomac ou du duodénum), ils ne doivent pas être utilisés de façon prolongée sans avis médical.

Dans le traitement de l’arthrose, les corticoïdes sont généralement administrés sous forme d’infiltrations. L’infiltration consiste à injecter une solution de glucocorticoïde dans ou autour d’une articulation pour calmer la douleur et réduire l’inflammation. Il s’agit d’un traitement local qui permet d’obtenir une forte concentration d’anti-inflammatoire à l’endroit de l’inflammation. Avec les glucocorticoïdes injectables à effet retard (dont l’effet dure plusieurs jours), des réactions douloureuses au site d’injection peuvent survenir dans les douze heures suivant l’injection. Elles disparaissent spontanément. Les infiltrations ne doivent être pratiquées que par un médecin expérimenté et dans des règles d’asepsie strictes. Pratiquée dans de mauvaises conditions d’hygiène, une infiltration peut provoquer la survenue d’une infection au point d’injection, provoquant l’infection de l’articulation ou un abcès. Si vous constatez un gonflement très douloureux et chaud accompagné de fièvre dans les jours qui suivent une infiltration, prévenez aussitôt votre médecin.

Les injections d’acide hyaluronique dans le genou permettent de soulager la douleur et de diminuer la gêne. Depuis décembre 2017, plus aucune solution injectable visco-élastique d’acide hyaluronique n’est remboursable en France, quel que soit son statut (médicament ou dispositif médical). Cette décision fait suite aux avis de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux, selon lesquels le service rendu de ces produits est insuffisant dans l’arthrose du genou, faute de données solides.

D’autres médicaments sont parfois prescrits dans le but de préserver les cartilages : chondroïtine sulfate, glucosamine, diacéréine, insaponifiables d’avocat et de soja. Suite à la réévaluation de leur service médical rendu par les autorités de santé, ils ne sont plus remboursés par l’Assurance maladie. Certaines de ces substances (glucosamine, chondroïtine…) sont également présentes dans des compléments alimentaires

Le thermalisme propose de traiter, à l’aide de différents soins, des maladies particulières en tirant profit des éléments contenus dans certaines eaux minérales. Ces traitements peuvent prendre différentes formes : prises d’eaux en quantités précises et selon un horaire établi, douches chaudes sur certaines parties du corps, bains avec massages pulsés, bains de boue, etc. Une cure dure en général 18 jours.

 

L’homéopathie, clef de l’arthrose :

a – choisir un remède selon le mode d’évolution sycotique (car raideur douloureuse, ankylose …) :

Thuya occ. (na) … la sycose humide = cellulite, état catarrhal des muqueuses. Les pathologies “d’HUMIDITE” sont souvent associées à la chaleur. Les allergies (asthme, œdème de Quincke..), l’herpes, les oedèmes (piqûres d’insectes, hydarthrose, cellulite), les transpirations excessives, diarrhée liquidienne …

Hydarthroses chroniques = Apis mel., Bryonia alb., Calcarea fluorica, Kalium iodatum, Stannum, Sulfur

Nosode = Medorrhinum … affection ancienne, sujet impatient et anxieux, amélioré la nuit.

Causticum (am) … la sycose sèche = raideurs et crampes, aggravé par le vent froid. Les pathologies de “SECHERESSE” ont des douleurs aggravées par l’immobilité, une déshydratation (déficit hormonal), peau sèche (rides), destruction de cartilages.

Nosode = Tuberculinum residuum … rhumatisme ankylosant, peu influencé par l’humidité.

Le remède complexe du lab. Heel : « COLNADUL » arthrite aggravée par temps humide (Colocynthis/Dulcarama/Natrum carb.)

b – traiter le déséquilibre minéral (basses dilutions):

Calcarea carb., Calcarea phos., Calcarea fluor., Baryta carb., Silicea … avec le coffret d’homéopathie gazeuse = “RHUMA.STOP” (voir dans “Pharmacie”, sur ce site).

Arthrose déformante (8 remèdes dans le Boger) : Arsenicum / Aurum / Causticum / Guaiacum (am) / Hepar sulf./ Mercurius / Pulsatilla / Radium bromatum (as)

c – choisir un remède selon les modalités horaires :

* Guéris le jour = Aurum, Mercurius et LUESINUM

  • Kalium bichromicum … douleur “en point” (différent d’Hypericum : douleur “en trait”)
  • Ammonium muriaticum … sécheresse ligamentaire, amélioré par le temps humide.

* Guéris la nuit = Natrum carb., Thuya et MEDORRHINUM

* Toujours mal = Causticum, Silicea et TUBERCULINUM

d – selon la localisation articulaire :

L’examen clinique devra toujours comprendre une méticuleuse recherche de “points sensibles” (dermalgies réflexes), qui signent la mémorisation d’une souffrance tendino-musculaire qu’il sera aisé de faire céder (décharge du neurone moteur), sans manipulation, par la simple recherche de la position antalgique optimale, puis son maintien pendant 90 secondes, suivi d’un lent retour à la position neutre, cf. “Strain and counterstrain” L.H. Jones USA 1981 (voir Enseignement de “Naturopathie” sur ce site).

Sérothérapie : « OFB » + « Neuro-vasculaire » alternés

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.