Carica papaya

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Le papayer (Caricacée, passifloracée – plantes à latex) est un arbre fruitier de 3 à 7 mètres de haut, à feuillage persistant des régions tropicales humides et sous-humides, cultivé pour son fruit, la papaye. Il est originaire du sud du Mexique. C’est une plante dioïque : le papayer peut être mâle ou femelle, mais aussi hermaphrodite. Les femelles et les hermaphrodites (en moindre quantité pour ces derniers) portent des fruits. La floraison se poursuit toute l’année. Le fruit est une baie apparaissant directement sur le tronc, à pulpe orangée et graines noirâtres.

NOM FRANCAIS : Papaye, Figuier des iles (Ang.: Melontree / All.: Melonen baum)

PRINCIPES ACTIFS : mélange d’enzymes (papaïne), alcaloïde, vitamines A, B1, B2 et C.

INDICATIONS traditionnelles : troubles inflammatoires cutanées (cataplasmes), troubles dyspeptiques (avec enrobage entérique), graines vermifuges.

HOMEOPATHIE diathésique : remède du groupe du Mercure (Kollitsch p. 182). Eczéma suintant, surtout de la paume des mains. Otite externe et moyenne suppurée.

 

J’ai découvert avec étonnement la véritable histoire du Pape Jean-Paul II et de la papaye fermentée, en lisant le livre du Pr Luc Montagnier « Les Combats pour la vie ». Le Pr Luc Montagnier, on le sait, est Prix Nobel de Médecine 2008 pour sa découverte du virus du Sida. Grand spécialiste des virus, il connaît mieux que personne leur capacité à générer du stress oxydant : le virus qui s’installe dans la cellule empêche les mitochondries (usines à énergie) de fonctionner normalement. Celles-ci se mettent à fabriquer en grande quantité des radicaux libres, autrement dit des molécules dangereuses qui oxydent les protéines de la cellule et les lipides (graisses) de la paroi cellulaire, précipitant son vieillissement et sa mort (apoptose). Chez les malades du Sida, le stress oxydant est tel que les malades vieillissent prématurément de plusieurs dizaines d’années. Mais le stress oxydant intervient dans beaucoup de maladies : cancers, maladies cardiovasculaires, arthrose, Alzheimer, Parkinson, entre autres.

Lors d’un voyage aux États-Unis en 2002, il reçut de la main de ses confrères américains des antioxydants exceptionnellement puissants : glutathion et extrait spécial de papaye fermentée. Le hasard voulut qu’il soit invité à son retour à une conférence au Vatican, incluant une rencontre avec le Pape Jean-Paul II. Jean-Paul II, on le sait aussi, était alors atteint de la maladie de Parkinson. La maladie de Parkinson entraîne une très forte oxydation de l’organisme. Le Pr. Montagnier offrit au Pape un sac contenant les deux produits (glutathion et extrait de papaye fermentée) pour un mois de traitement avec des instructions précises et une lettre adressée à son médecin.

Que n’avait-il pas fait ! Dès le lendemain la presse s’empara de l’affaire. Le Pr Montagnier fut accusé d’avoir donné un « élixir de jouvence » au Pape et de chercher à promouvoir des médecines irrationnelles. Le Pr Montagnier tenta alors d’expliquer qu’il « ne s’agissait pas de médicaments mais de compléments alimentaires pouvant améliorer la santé, mais seulement en conjonction avec le traitement prescrit par le médecin ».

Rien n’y fit. L’affaire s’envenima. Le Pr Montagnier fut accusé d’avoir des intérêts financiers dans l’industrie des antioxydants (c’était faux). Cette histoire de Pape, insinuèrent les médias, n’était qu’une opération de marketing pour faire vendre l’extrait de papaye. Par le simple jeu des tamtams de la presse déformant la vérité à l’infini, l’image du Pr Montagnier fut peu à peu assimilée, dans l’esprit de certains, à celle d’un charlatan faiseur d’argent. Il fut soupçonné d’avoir utilisé sa réputation pour recommander un « complément naturel », rendez-vous compte !! Cela ne pouvait pas être sérieux.

Les Autorités de Santé entrèrent dans la danse. En 2005, l’Afssa (agence du médicament) publia un rapport soulignant que « la promotion de l’extrait de papaye fermentée ne devait pas s’appuyer sur des soutiens scientifiques non légitimes », une attaque à peine voilée contre le Pr Montagnier. On oublia, bien commodément, que le Pr Montagnier avait également donné du glutathion. Le terme était-il trop scientifique et trop difficile à ridiculiser ? On oublia de préciser que la présence d’un stress oxydant dans la maladie de Parkinson avait été démontrée, et qu’il était donc logique de recourir à des produits ayant un rôle antioxydant.

Peu après l’affaire, vers la fin juillet 2002, Jean-Paul II apparut aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Toronto dans une forme qu’on ne lui avait plus vue depuis longtemps. À la surprise générale, il parlait distinctement, ne tremblait plus ! Cette fois, les journalistes prompts à changer d’avis se mirent à faire courir le bruit que c’était l’extrait de papaye fermentée qui guérissait Parkinson !! C’était aussi absurde que le reste. Le Pr Montagnier exprima un avis mesuré qui ne fut bien sûr pas repris. Mais on le trouve dans son livre publié six ans plus tard : « Cette amélioration (de la santé de Jean-Paul II), était-elle le résultat direct de mon traitement ? J’ai toujours dit que c’était possible sans pouvoir l’affirmer avec certitude. Ce pouvait être les antioxydants, le ciel, un miracle, un autre traitement… »

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.