Dépression

Les états DEPRESSIFS

Ils ne correspondent pas une névrose spécifique, ce sont des “états réactionnels transitoires”. Notion névrotique opposée à la notion de mélancolie qui est psychotique et délirante (pôle Poumon). Ces phases dépressives surviennent après une expérience vécue comme une frustration (deuil, rupture, échec). Ils surviennent toujours dans des situations qui réactualisent un sentiment d’insécurité (qui est toujours plus ou moins refoulé et que jusque là, le sujet avait réussi à compenser).

C’est une maladie fréquente : 5% de la population, 15% des hospitalisés, 4 fois plus de femmes, plus souvent entre 20/35 ans ou après 55 ans. Ce syndrome représente 10 à 15% de la clientèle des omnipraticiens, 20 à 30% de celle des psychiatres. Une étude américaine récente concernant le traitement des dépressions met en évidence les faits suivants :

–> les thérapies cognitivo-comportementales (approche directive ayant pour but de corriger les schémas de pensée, des comportements, des croyances faussées) ont 60% d’efficacité en 16 semaines et un taux de rechute faible,

–> le traitement antidépresseur classique donne aussi 60% d’efficacité en 16 semaines, alors que le placebo se contente de 30% d’efficacité dans le même temps.

 

Le sujet est pris dans d’engrenage névrotique type : frustration, agressivité, culpabilité, crainte de perdre l’estime et l’affection d’autrui. Les sujets ayant souffert une carence dans la première relation maternelle, présentant un sentiment permanent d’insécurité dans la relation avec les autres sont les plus susceptibles de faire une dépression de ce type en cas d’expérience traumatisante, stressante.

.

 

Description clinique :

On observe 3 symptômes essentiels : les idées dépressives, la fatigue et le sommeil perturbé.

 

1 – Les idées dépressives : le sujet se met à considérer les évènements de sa vie comme insurmontables, il se retire de la lutte et par conséquent échappe à l’angoisse de la confrontation, d’absence d’estime de soi. Il ouvre la porte à l’éventualité suicidaire.

Le sujet est dans un système permanent d’accusation à l’égard des autres, son avidité affective prend rapidement un caractère tyrannique (plaignez moi, réconfortez moi !). Les réactions de l’entourage seront déterminantes pour l’évolution de la situation. Les paroles de réconfort, les assurances d’assistance améliorent souvent l’issu du tableau, mais ce n’est pas assuré. De toute façon, le fond de dépression étant toujours lié à une blessure narcissique, le besoin de revalorisation est immense !

 

2 – La fatigue : anorexie, fatigue sexuelle (impuissance), hypotension et toute activité est difficile

 

3 – Le sommeil de mauvaise qualité : problème toujours présent dans la dépression névrotique, réveils dans la nuit, cauchemars.

 

Trois issues à cette dépression :

  1. ou bien à une récupération d’une part importante de la vie intérieure,
  2. ou bien à un effondrement de la vie psychique (décompensation vers une névrose structurée) aggravé la plupart du temps par la grande fragilité de la vie affective du sujet.
  3. la troisième issue est une somatisation, depuis des symptômes plus ou moins graves comme l’asthme jusqu’à des incidents, comme l’infarctus ou encore des cancers, issues classiques à une situation psychologique bloquée = soit du fonctionnel au lésionnel avec implication de la rate (fonction mémoire – solution logique), surtout dans la culpabilisation et l’incapacité à prendre du recul.

Psycho

Un autre exemple de l’intérêt du rapprochement « orient-occident », à travers l’homéopathie diathésique est le syndrome dépressif (YU ZHENG), tableau clinique où la MTC distingue cinq affections différentes :

* Le « burn out » (GAN YU) d’origine Foie :

  • Sulfur … accès dépressif plusieurs fois dans la journée, // eczéma, prurit…
  • ou Nux vom. (s) … avec colère
  • Sepia … « se force pour tout » (irritable, critique) // congestion portale et ptose.
  • ou Helonias (mg) … triste et languissante, mais amélioré par les distractions.

* Le « vide de Sang du cœur et de Qi de la Rate » (XIN PI LIANG XU), le patient s’agite, débordé d’informations :

          Argentum nitricum … hypochondriaque obsessionnel

* Le « vide de Sang et de Yin du Cœur » :

  • Kalium brom. (jeune), Kalium phos. (intellectuel épuisé) ou Kalium carb. (retraité).
  • ou Hydrastis (ka) … dégoût de sortir, de lire, d’écrire : tout est un effort
  • Thuya occ. … infiltration tissulaire (prise de poids post vaccin ?) et hypersensibilité émotive. Dépression matinale barométrique, vers la somatisation (polypes et cancer ?).

* Le « Rein et le Cœur ne communiquent plus » (XIN SHEN BU JIAO) :

  • Lycopodium … perte du goût de l’action et de sa confiance en lui. Irritable, susceptible, avec mauvais réveil, pleure, trous de mémoire…
  • Causticum (am) … secs et agités
  • ou Cocculus (am) … engourdi physique et psychique, taciturne et hypersensible.

* Le « vide du Yang des Reins » (ZHI – l’âme du Rein = capacité réalisatrice) :

  • Aurum … remède de l’évolution bipolaire.
  • Picricum acidum … désintéressement taciturne de tout (sur Aurum le plus souvent), problèmes sexuels

 

Ci dessus, BNS typique d’un état dépressif : bilan hypofloculant (chronicité) avec test AURUM au plus bas. La plante proposée par le calcul : Hypericum perfolatum 1 DH (le Milleperthuis) a la propriété d’agir positivement sur le taux des neurotransmetteurs. 

Si vous souhaitez réaliser un BNS12 ou 24, cliquez sur ce lien : www.mybiobox.com

Micronutrition : ZENIUM … est à base de Millepertuis (Hypericum). Il contribue :

  • à l’équilibre émotionnel et à maintenir une humeur positive (Hypericum)
  • à des fonctions psychologiques normales (Vit. B1,B3, B6, B9 et B12)
  • au fonctionnement normal du système nerveux (Vit. B1, B2, B3 et B6).

 

Après 60 ans = dépression d’involution : anxiété + dépression + hypochondrie. Ils se sentent « finis ». Cette dépression revêt différents masques dont les plus fréquents sont les douleurs psychosomatiques ou l’hostilité.

  • Arsenicum album … agitation et auto-dépréciation, obnubilation, abandonisme …
  • Baryta carbonica … obésité progressive, alopécie et perte de mémoire
  • Helleborus (ba) … suite d’ictus (post coma)
  • Opium (ba) … sidération, hébétude, somnolence…
  • Graphites … découragement, tristesse avec pleurs abondants.

Le cas particulier de la dépression bipolaire ou « psychose maniaco-dépressive » … est traité dans un chapitre spécifique.

NB. Il existe partout des associations de soutien aux dépressifs, que vous pouvez contacter par mail (ex. en Suisse : www.ge.ch/depression) ou téléphone (ex.: 022 305 45 45 à Genève)

 

Cas clinique : La dépression qui n’en était pas une !

Le jour où Marie comprit que quelque chose n’allait pas, elle se décida à voir son médecin. Après plusieurs rendez-vous où il n’expliquait pas sa prise de poids, ses insomnies et son désespoir permanent, il lui a diagnostiqué une dépression : Vous faites une dépression. Une dépression assez grave. Ne vous inquiétez pas, avait-t-il ajouté. La dépression, c’est surtout une question de chimie. Si vous allez mal, c’est parce que votre taux de sérotonine dans le sang est trop faible. Et on peut le faire remonter.

Sur son conseil, Marie a donc pris des inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS) pendant plusieurs mois. Les ISRS (Prozac, Paxil, Celexa …) sont les antidépresseurs les plus communs ; ils servent à faire remonter le taux de sérotonine dans le sang. Pourtant, alors que ses taux de sérotonine remontaient en flèche, Marie n’allait pas mieux. En fait, avec le temps, les choses avaient empiré. Elle avait repris du poids et ne dormait toujours pas. Elle restait amorphe et n’avait plus goût à rien. Déprimée, isolée et incapable de travailler, elle avait dû mettre un terme à son activité d’auxiliaire de vie.

Pour ceux qui connaissent la dépression, vous savez que c’est une maladie qui s’autoalimenteSes conséquences (isolement social, prise de poids, négligence de soi, problèmes de sommeil, absence de joie et de motivation) deviennent ses causes, et entraînent les malades dans une spirale infernale dont il est très compliqué de sortir.

Mais la chance finit par sourire à Marie. À quelques mètres de son appartement, qu’elle ne quittait presque plus, s’ouvrit un cabinet de naturopathie. Un peu par hasard, Marie prit rendez-vous quand elle comprit que les antidépresseurs n’avaient AUCUN effet sur elle. Après une anamnèse, une analyse sanguine (BNS et Bilan des neurotransmetteurs), Ce praticien se posa une question que le médecin de Marie ne s’était jamais posée : et si c’était la dopamine ?

Ce n’était pas un problème de sérotonine. En fait, ses taux de sérotonine étaient même au-dessus de la moyenne, comme en attestaient chacune de ses prises de sang. C’était un déficit important en dopamine, l’autre neurotransmetteur qui détermine l’humeur… que la médecine conventionnelle néglige bien trop souvent.

Les programmes de la faculté de médecine ne sont pas actualisés quand il le faudrait, les ISRS sont un marché tellement lourd qu’il pèse de tout son poids sur les prescriptions… En revanche, je peux vous dire que Marie a suivi, sur le conseil de Nicolas, un protocole naturel à base de L-tyrosine (un acide aminé qui influe sur l’humeur) et de plantes adaptogènes (rhodiole et ginseng en tête).

En quelques semaines, Marie a retrouvé la forme et l’humeur suffisantes pour travailler. Elle a fini par perdre tout le poids qu’elle avait pris, et a dormir correctement. Le médecin de Marie avait raison sur un point : c’était une question de chimie. Encore fallait-il savoir y répondre.

Cette petite histoire montre à quel point il est facile de se faire piéger par une erreur de diagnostic. Elle témoigne aussi de l’importance des neurotransmetteurs (comme la dopamine et la sérotonine) dans l’humeur, et plus largement dans la personnalité.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.