Diététique de l’insuffisance rénale

Diététique de l’insuffisance rénale 

Les Personnes en insuffisance rénale doivent veiller à :

  1. Avoir des apports en énergie (calories) et protéines (acides aminés) suffisants et adaptés
  2. Limiter leurs apports en potassium, phosphore, eau et sel (sodium)

Les recommandations sont différentes selon les situations :      

  • Insuffisance rénale moyenne (prédialyse)
  • Hémodialyse
  • Dialyse péritonéale 

Actuellement, de nombreux produits agro-alimentaires portent, sur leur emballage, l’indication de leur composition nutritionnelle. NB. Pour calculer l’apport en sel, il suffit de multiplier la quantité de sodium indiquée par 2,4

Protéines … l’apport recommandé sera :

  • En insuffisance rénale moyenne (prédialyse) = 0,6 à 1 gr/kg de poids corporel
  • Hémodialyse = 1 à 1,2 gr/kg de poids corporel
  • Dialyse péritonéale = au minimum 1,2 gr/kg de poids corporel

Les protéines sont de deux origines :

  1. Animales : viandes, volailles, poissons, fruits de mer, œuf, lait et produits laitiers (qui contiennent beaucoup de phosphore)
  2. Végétales : céréales, mais surtout légumineuses (légumes secs), tofu …

Le phosphore (les protéines en sont riches) :

L’apport quotidien en phosphore ne doit pas dépasser 1000 mg (prédialyse), 1200 mg (dialyse) et 1300 mg (dialyse péritonéale). Un taux trop élevé, à moyen terme, peut avoir des conséquences fâcheuses pour l’os (déminéralisation) et les vaisseaux (calcification).

Evitez surtout les fromages à pâte dure et les légumineuses. Il existe des chélateurs du phosphore, mais ceux-ci ont des effets secondaires désagréables.

Le sodium (sel) :

La consommation quotidienne ne devrait pas excéder :

  • 4 à 6 grammes (1,6 à 2,5 gr. de sodium) en pré-dialyse
  • 3 à 6 grammes en hémodialyse
  • 5 à 8 grammes en dialyse péritonéale

Une consommation modérée de sel permet de limiter la soif et donc de mieux gérer les apports hydriques, ainsi que l’hypertension.

Une alimentation normale couvre très largement – et même au delà – ces besoins quotidiens. Il est donc nécessaire de limiter l’utilisation du sel de cuisine, que les herbes aromatiques et les huiles parfumées remplaceront avantageusement.

Sont considérés comme pauvres en sels, les aliments contenant moins de 120 mg de sodium pour 100 grammes de denrée comestible crue. Exemple : viandes et volailles de boucherie, céréales, légumes et fruits frais.

Sont particulièrement riches en sodium : les plats cuisinés du commerce, les soupes et sauces en sachets, les assaisonnements (extraits de viandes, cubes …), les produits fumés, salés ou marinés (viandes, poissons, charcuterie …), les fromages et produits cuisinés avec du fromage, les condiments …

Le Potassium

Un taux trop élevé de potassium dans le sang (hyperkaliémie) peut avoir des conséquences graves sur le coeur (troubles du rythme, arrêt cardiaque).

L’alimentation moderne apporte trop de Sodium et pas assez de Potassium (présents surtout dans les légumes et les fruits), or l’équilibre entre ces deux cathions est fondamental pour le bon fonctionnement tissulaire, en particulier cardio-vasculaire. Attention à leurs fluctuations chez les insuffisants rénaux sous diurétiques !

Apports Journaliers recommandés selon la directive 90/496/CEE (AJR) = 800 mg.

L’apport quotidien en potassium ne doit pas dépasser :

  • 4 grammes en pré-dialyse
  • 2,8 grammes en hémodialyse
  • 3,9 grammes en dialyse péritonéale

Les aliments riches en potassium doivent être évités :

  1. certains fruits = abricots, bananes, raisins noirs …
  2. certains légumes = avocats, bettes, cardons, fenouil …
  3. les légumineuses = lentilles, haricots secs …
  4. les céréales complètes, le pain complet
  5. certaines préparations de pommes de terre (chips, frites …)
  6. le cacao et les chocolats

Il y a intérêt à ajouter une supplémentation en Magnésium, qui favorisera les échanges cellulaires entre le Sodium et le Potassium et contribuera à régulariser l’acidité gastrique.

En pré-dialyse, on se méfiera en outre du Calcium (laitages, pastilles Rennie, …)

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.