Douleurs ostéo-articulaires chez les animaux

Rhumatologie vétérinaire et homéopathie : douleurs ostéo-articulaires chez les animaux

Nombreuses sont les maladies qui frappent l’appareil ostéo-articulaire des animaux. Leur nom n’intéresse que les “scientifiques”, mais notre rôle d’homéopathe consiste surtout à localiser la douleur et dans un temps aussi bref que possible, à la soulager… évitant ainsi d’avoir recours aux anti-inflammatoires souvent très mal tolérés.

L’animal, en refusant de marcher, voire même de bouger, indique qu’il a mal. Quand il regarde la zone douloureuse, quand il la mord ou la frotte contre un objet dur, ou contre un mur… comme pour se soulager…il nous apporte les premiers éléments de diagnostic. Mais les mains du vétérinaire demeurent l’outil diagnostic le plus fiable. Savoir si le toucher aggrave ou améliore, si la mobilisation d’une articulation est possible ou non, si les trajets nerveux sont chauds ou douloureux … autant d’approches “vétérinaires” qui appartiennent plus au domaine de l’Art qu’à la Médecine et conduisent à la prescription du médicament homéopathique qui va rendre au malade son envie naturelle de se mouvoir.

Les grands médicaments homéopathiques de la douleur :
  • ACONITUM NAPELLUS :  Le malade (qui souvent a été exposé au froid : chasse, entraînement, voiture) est agité, anxieux … agressif. La douleur que l’on a du mal à situer peut être accompagnée de diarrhée ou de spasmes abdominaux.
  • ARNICA MONTANA : CE N’est pas vraiment un médicament de l’appareil ostéo-articulaire, mais il reste en vétérinaire le médicament n° l de la douleur “traumatique” qu’elle que soit la localisation.
  • RHUS TOXICODENDRON : En relation avec un effort physique mal adapté et entraînant une raideur articulaire aggravée par l’immobilité et par l’humidité. Médicament de tous les “arthrosiques” en crise aiguë. Le malade peut mordre jusqu’au sang les zones douloureuses.
  • BRYONIA ALBA : Les douleurs apparaissent à des points précis et sont soulagées par une pression forte. Avant les crises, le malade est fiévreux, assoiffé. Il se couche sur un sol froid, refusant tout mouvement, tout affleurement… mais la main enfin posée, il accepte le massage en profondeur.
Les “moyens” médicaments :
  • APIS MELLIFICA : La douleur est apparue très brutalement et la zone douloureuse est gonflée, rouge, chaude. Le toucher aggrave et est refusé par l’animal.
  • KALIUM CARBONICUM : c’est en médecine vétérinaire le grand médicament des douleurs rachidiennes souvent dues à la présence de “becs de perroquet”. Les douleurs irradient vers les hanches, voire même sur le membre dans sa totalité.
  • LACHNANTHES : La nuque est “bloquée” et le malade est “tétanisé” par la douleur, refusant de boire ou de manger (Teckel).
  • RUTA : L’articulation est douloureuse et le malade marche sur trois pattes. Il est amélioré par la chaleur et par la mobilisation douce de la zone douloureuse.
Les “petits” médicaments :
  • ANGUSTURA : La douleur siège essentiellement au niveau d’une articulation.
  • CAULOPHYLLUM : Les douleurs siègent essentiellement au niveau des petites articulations (au-dessus du sabot chez le cheval) et le malade se lèche continuellement les pattes.
  • GINSENG : Pendant les épisodes “arthrosiques” douloureux.
  • HARPAGOPHYTUM : Les lésions chroniques sont bien installées … et des phases aiguës apparaissent très brutalement, sans raison appréciable.
  • SARCOLACTIC ACIDUM :  Les douleurs sont surtout musculaires et consécutives à un entraînement mal adapté. Très fiable chez le cheval et chez le chat.
Les médicaments climatiques. Ils sont importants en vétérinaire. Citons:
  • ACONITUM NAPELLUS :  La douleur apparaît brusquement chez un animal sensible au froid sec.
  • DULCAMARA : L’animal a marché sur un sol mouillé, en période humide et froide.
  • RHODODENDRON : Aggravé avant l’orage, la tempête et le froid humide.
Les médicaments diathésiques :

Leur prescription  est indispensable chez les animaux plus âgés, quand les douleurs appartiennent à la chronicité ou alternent avec des crises eczématiformes, des crises diarrhéiques, des crises asthmatiformes …

  • Les TUBERCULINUM sont aggravés par le froid humide, surtout quand on impose un effort physique trop violent. Ils ont un appareil pulmonaire fragile et d’autant plus fragile qu’ils ont perdu du poids. On constate des laryngites alternant avec des rhinites, ou des toux nocturnes aggravées par une mauvaise aération. Ces animaux sont hyperémotifs et se laissent difficilement examiner. Le chat Tuberculinum mange essentiellement la nuit et au matin il rejette des selles diarrhéiques et d’odeur nauséabonde. Au moindre effort physique, le cheval tuberculinum transpire anormalement.
  • Les THUYA manifestent simultanément aux crises douloureuses des infections localisées (fourreau, vulve, vessie, nez, yeux, peau) résistantes aux antibiotiques. La peau malsaine est presque toujours recouverte de néoformations de toute sorte : verrues, fibrosarcomes, kystes, lipomes, tumeurs mammaires… Ce sont des animaux inquiets, impressionnables mais aussi paresseux, tout effort physique aggravant la douleur.
  • Les MEDORRHINUM sont des animaux améliorés par les frictions, le bord de mer. Les épisodes douloureux (surtout sensibles au niveau de la colonne dorso-Iombaire et des articulations coxo-fémorales) alternent avec des crises d’allergie pulmonaire ou cutanée, des cystites, des infections génitales. Ces animaux sont sans cesse en mouvement. Ils sont peu obéissants et manquent de mémoire.

Les animaux souffrent tous, mais la douleur semble dépendante de leur constitution (aspect morphologique). Ainsi:

le LABRADOR, au squelette massif, a besoin d’activité s’il ne veut pas se laisser dominer par l’arthrose. Alimentation légère et exercice lui donneront une meilleure vieillesse.

Le LEVRIER, au squelette fin et frappé par des douleurs le plus souvent épiphysaires sera protégé de l’humidité et recevra une alimentation riche en sels minéraux.

Le PEKINOIS, dyssymétrique et hyperlaxe doit surveiller ses os et ses articulations … mais aussi tous ses organes éliminatoires …

Chez tous les animaux qui souffrent, la prescription d’anti-inflammatoires est possible … bien que parfois très mal tolérée.

Alors, pourquoi ne pas chercher ce médicament homéopathique symptomatique parfaitement fiable qui soulage vite et durablement… et, ce qui est merveilleux, c’est de savoir que si l’animal ne fait pas vraiment la différence, l’os ou l’articulation savent parfaitement ce qui leur convient !

 

D’après un article de Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l’homéopathie vétérinaire.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.