La chambre à coucher

La chambre à coucher

Disposer d’une chambre servant à dormir quelques heures sur un coin de matelas synthétique, n’est pas suffisant. Il devrait aussi y être question d’éviter soigneusement les :

  • pollutions volatiles, ou C.O.V.,
  • acariens, puces et autres parasites,
  • traitements chimiques,
  • nanoparticules de fibres synthétiques,
  • et les ondes électromagnétiques.

Or, pour parvenir à un sommeil de qualité, il est important de considérer l’organisation du lieu lui servant de fondation.

Par exemple, une chambre garnie d’ustensiles, utilisée à la fois comme bureau et salle à manger, hébergeant une connexion wi-fi, du matériel électrique, informatique, une télévision… est l’ennemi absolu du bon dormeur. Un peu comme l’écran sur lequel est projeté un film, le pain utilisé pour un sandwich ou encore le fil réunissant les perles d’un collier… sans un lieu approprié, jouir d’un sommeil de qualité est généralement délicat, voire impossible.

Dès lors, pourquoi ne pas mettre au service de nos nuits les aspects positifs du monde moderne, tout en veillant à éviter consciencieusement les points négatifs. ?

Comme n’importe quel lieu saint, la chambre à coucher devrait avoir ses privilèges, son agencement, ses contre-indications, et, somme toute, sa spiritualité. Et, bien qu’il semble parfois impossible de réunir les conditions idéales, notamment dans un studio ou un petit appartement, pour les nomades ou les campeurs, certaines bases pourront généralement s’adapter à tous.

Dès lors, si l’on devait imaginer les dix commandements du dormeur, guidant notre bon sens en fonction des situations, ils prendraient peut-être la forme suivante :

Les dix commandements du dormeur moderne :

1/ La qualité de ton sommeil est le reflet de ta santé.2/ Ta chambre est un temple devant rester libre de tout ce qui n’est pas directement destiné à la détente et à l’endormissement.

3/ Tu prendras soin de dormir sur des matériaux sains, ne polluant ni l’environnement ni la santé.

4/ Tu respecteras les cycles de la nature en accueillant la lumière du jour et en dormant dans l’obscurité de la nuit.

5/ Tu assumeras ton propre rythme, qu’il te faille dormir 5h ou 10h consécutives pour parvenir à satiété.

6/ Tu régleras ta dette de sommeil, jour après jour, jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

7/ Tu éviteras les pollutions électromagnétiques et environnementales en éloignant ton lieu de sommeil de leurs sources.

8/ Sur le pas de la porte de ton temple tu laisseras ta journée derrière toi.

9/ Tu n’idolâtreras pas les fausses économies menant à la ruine de tes nuits.

10/ Tu emploieras ce lieu sacré uniquement afin de méditer, dormir ou plus si affinité.

Pourtant, bien qu’infiniment salvateurs, ces principes auront du mal à être vraiment entendus par la majorité. D’une part, parce que très peu jouissent de matelas, d’oreillers, de draps et de couvertures à la fois vraiment confortables et sains. Et d’autre part, parce que l’investissement financier que l’acquisition de cet équipement représente, n’est pas encore accepté par tous.

Un matelas bon marché et polluant ou plus cher et sain ? Le calcul n’est pas toujours évident.

On pourrait facilement croire que certaines dépenses liées à la santé et le bien-être général, sont plus urgentes que celles liées à la chambre à coucher.
« Un luxe que je ne peux pas me permettre », diront certains.
« Un confort au-dessus de mes moyens », affirmeront d’autres.

Pourtant le sommeil et la santé sont les deux faces d’une même pièce. Essayons de faire un calcul rapide : d’un côté, considérons les quelques milliers d’euros d’investissements nécessaires à un matelas, un oreiller, des taies et des draps sains. Pour une période garantie de quinze ans, mais qui avec un véritable matelas en hévéa végétal pourrait durer jusqu’à vingt ans.

Et de l’autre, la somme colossale que représente une décennie d’achats liés à l’entretien de sa santé, au niveau :

  • de l’impact des pollutions volatiles émises pendant le sommeil,
  • des nanoparticules utilisées pour la confection des fibres et latex synthétiques,
  • du stress,
  • de la fatigue,
  • du mal de dos et des troubles articulaires,
  • ou encore des contraintes psychologiques et de l’épuisement mental.

Sans même faire entrer dans ce calcul les conséquences extérieures des problèmes présentés ci-dessus. Après déduction, il sera toujours temps de réaliser qu’un cadre de sommeil entièrement dédié est, en soi, un acte de prévention hautement significatif.

Le matelas

Bien choisir son matelas et l’équipement de sa chambre à coucher n’est pas chose aisée. Le marché de la literie, tout comme celui de l’alimentation et des cosmétiques, des soins et des remèdes naturels, souffre actuellement d’une grande opacité. Opacité d’autant plus importante que pour la plupart des labels, des entreprises et des consommateurs, la toxicité des matelas, oreillers, draps et housses, n’est pas aussi encadrée que pour le reste du marché de la bio. Et, dans la mesure où les exigences du label bio ne sont plus ce qu’elles étaient il y a quelques années… je vous laisse imaginer la suite.

Vous savez certainement déjà que les matelas à ressorts, les mousses et autres matières pétrochimiques ne sont pas adaptés à la santé humaine. Vous savez aussi qu’ils participent à une pollution environnementale que personne ne souhaite. Par conséquent, comme d’habitude, le problème consiste à comprendre les différentes appellations et ce qu’elles définissent. La première étape consistant à noter qu’il existe de nombreuses marques de matelas affichant 100% de « latex naturel », qui n’en sont composés que très partiellement. Et cela parce que la législation française s’est positionnée avec une grande flexibilité vis à vis des industriels, en leur permettant de dire que leurs matelas sont 100% latex naturel, dès lors qu’il atteignent un taux de 85% ! Le complément étant fait avec des matériaux issus de la pétrochimie, comme le latex synthétique, le polyester, les microfibres, etc.  Ainsi, usant de stratagèmes marketing vieux comme l’industrialisation, la plupart des entreprises propose des produits faussement sains. Dans ces conditions il leur est facile de duper les consommateurs en affichant des prix parfois équivalents à un matelas en mousse et autres matériaux synthétiques.

Le sommier

Bien choisir son sommier permet :

  • d’éviter de dormir trop près des poussières,
  • d’aérer correctement son matelas,
  • et d’obtenir un confort supérieur au seul matelas, grâce à des systèmes plus ou moins flexibles comme les lattes en bois souple.

Il est crucial d’opter pour un sommier en bois non traité et qui respecte les dimensions du matelas choisi.

L’oreiller

Si l’on a des difficultés respiratoires, asthme, emphysème, broncho-pneumonie, ou tout simplement que l’on ronfle, mieux vaudra conserver la tête légèrement surélevée, soutenue par un ou plusieurs oreillers aux propriétés naturelles préservant des parasites et des C.O.V.

Mais si l’on souffre de douleurs vertébrales, notamment d’origine arthrosique, il faudra alors faire l’achat d’un oreiller spécial, étudié pour maintenir le cou dans une position physiologique.

Pour les enfants, on optera de préférence pour un oreiller en flocons de latex naturel ou en latex naturel souple, permettant une adaptation à toutes les positions du sommeil et évitant la transpiration.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.