La douleur chez l’enfant

La douleur chez l’enfant

L’expression de la douleur chez les bébés et les très jeunes enfants est rendue difficile par l’impossibilité qu’ils ont de recourir à la parole. Jusqu’à une période récente, les nouveau-nés et les bébés étaient réputés peu sensibles à la douleur, du moins jusqu’à l’âge où ils pouvaient clairement l’exprimer par des attitudes ou la parole. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien : les voies nerveuses qui transmettent la douleur se forment pendant la grossesse et sont en place dès le sixième mois de grossesse. En revanche, les mécanismes de régulation du cerveau sur la moelle épinière se développent progressivement chez le nouveau-né. On peut dès lors penser qu’en l’absence de ces systèmes inhibiteurs, la sensation douloureuse est plus intense après la naissance, bien que les pensées et les émotions soient encore immatures.

La douleur des nouveau-nés s’exprime essentiellement au travers du comportement. Les cris et les pleurs sont significatifs, mais il convient aussi d’observer l’attitude générale, l’agitation ou les rythmes du sommeil. Certains symptômes sont parfois associés, comme la transpiration, les palpitations cardiaques, l’augmentation de la tension artérielle, qui sont autant de signes d’une réaction de stress associée à la douleur. A partir de quelques mois, les réflexes de retrait (des mains et des pieds par exemple) sont possibles, de même que la recherche de positions antalgiques.

A mesure qu’ils grandissent, le bébé et le jeune enfant peuvent exprimer de plus en plus précisément leurs sensations douloureuses. L’acquisition de la parole facilite la désignation et la description des douleurs, mais pas au même niveau de détail que chez l’adulte. Les expériences mémorisées sont insuffisantes pour qualifier complètement une douleur, son intensité ou sa localisation précise, surtout lorsqu’elle est interne.

La vie de l’enfant est jalonnée d’événements douloureux et de petits traumatismes qui accompagnent son développement : lorsqu’il apprend à marcher, au cours des jeux, lorsqu’il contracte les maladies infantiles, par exemple. Il découvre l’univers des douleurs banales : le mal de tête, les contusions, les blessures superficielles, les maux de ventre, les coups de soleils, les maux de dents, etc… Tous ces événements contribuent à construire son système de référence de la douleur, en lien étroit avec son univers affectif. La manière dont l’enfant exprime ses sensations douloureuses dépend de tous ces facteurs relationnels, sociaux et culturels.

Quelles sont les causes de la douleur chez l’enfant ?

La douleur est un signal d’alarme commun à de nombreux types de blessures ou de maladies. En grandissant, un enfant découvre l’univers des douleurs communes, telles que le mal de tête, les coups et les blessures superficielles, les brûlures légères ou encore les maux de dents. La plupart du temps, les douleurs sont liées soit à une lésion (par exemple, après une chute), soit à l’inflammation d’un organe (par exemple après un coup de soleil). Elles disparaissent lorsque ces causes sont traitées. Néanmoins, la douleur peut également avoir une origine psychique (anxiété, stress ou dépression entre autres). Les maux de tête ou les maux de ventre qui précèdent le moment de partir à l’école en font partie.

Comment prévenir la douleur chez l’enfant ?

Dans la plupart des cas, il est impossible d’empêcher l’apparition de la douleur, mais on peut parfois en prévenir les causes. Par exemple, on peut prévenir une rage de dents avec une bonne hygiène buccodentaire et des visites régulières chez le dentiste. On peut également sécuriser son domicile afin de prévenir les chutes et les accidents domestiques.

Les douleurs liées aux examens médicaux (par exemple les prises de sang) peuvent être prévenues par l’application d’un gel anesthésique local appliqué par l’infirmière quelques minutes auparavant. Les professionnels de santé veillent également à rassurer l’enfant, car l’anxiété peut amplifier le ressenti de la douleur.

Comment soulage-t-on la douleur chez l’enfant ?

Lorsqu’un enfant a mal, le médecin, après un interrogatoire précis de ses parents et, si possible, de l’enfant, puis un examen clinique et une analyse de la douleur en fonction du contexte, peut conseiller plusieurs moyens de lutte contre cette douleur, médicamenteux ou non (relaxation, bain, suppression de la cause de la douleur, kinésithérapie, etc.). S’il prescrit un médicament antalgique, il choisit une substance et une posologie adaptées à l’intensité de la douleur. Il tient également compte de sa durée d’action et de son mode d’administration.

En homéopathie, les modalités sont importantes pour le choix des remèdes :

Que faire lorsqu’un enfant a mal ?
  • Restez attentifs aux signes de douleur chez votre enfant. Si la douleur ne passe pas, s’accentue ou se modifie, n’hésitez pas à consulter votre médecin.
  • En cas de traumatisme, il existe des médicaments antalgiques locaux (pommades, crèmes, gels, etc.) vendus sans ordonnance. Chez les enfants, leur utilisation doit toujours se faire sur avis médical.
  • Pensez également à l’application de froid pour soulager les douleurs dues à un coup ou un traumatisme.
  • Rassurez votre enfant face à la douleur. Une fois qu’ils n’ont plus peur de ce qui leur arrive, la plupart des enfants supportent beaucoup mieux les douleurs modérées.
  • Pendant les soins, les douleurs légères sont mieux supportées lorsque l’enfant est distrait par une histoire, un dessin animé ou un jeu par exemple.
Les techniques psychologiques

Elles font appel, entre autres, à des techniques de thérapie cognitive et comportementale, à la relaxation (qui diminue l’anxiété, le stress et la douleur) et à l’imagerie positive (qui utilise la suggestion d’images agréables de confort et de bien-être). L’hypnose est une méthode complémentaire pour prévenir et soulager la douleur. Elle permet d’obtenir une relaxation profonde sans perte de conscience. Les enfants y adhèrent plus facilement que les adultes. Une prise en charge psychothérapique est parfois nécessaire lors de douleurs chroniques.

Bibliographie :

En savoir plus sur https://eurekasante.vidal.fr/maladies/chez-les-enfants/douleur-enfant.html?pb=sourcesref#LveFkwyawbr7Pgyw.99

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.