Le Bicarbonate de soude

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   Le Bicarbonate 

Le bicarbonate de sodium (NaHCO3), ou hydrogénocarbonate de sodium, communément appelé “Bicarbonate de soude”, fait partie de notre quotidien. C’est une poudre blanche, assez fine et cristalline, sans odeur particulière. Si nous la goûtons diluée dans un peu d’eau, elle nous apparaît légèrement salée.

Sa polyvalence est assez exceptionnelle, car elle peut être utilisée pour nettoyer (agent blanchissant), récurer ou polir (abrasif doux), adoucir, désodoriser, jardiner (herbicide), cuisiner (stabilisant de goût, renforçant l’effet des levures) et réduire l’acidité gastrique. 

C’est un produit connu depuis l’Egypte ancienne (Natron = Na2CO3), extrait des lacs salés et lits de rivières asséchées, qui servait de dentifrice (mélangé à l’argile) et dans la momification des corps. Il est biodégradable et ne présente pas de toxicité. 

Il est à présent obtenu par réaction entre le chlorure de sodium et la craie (procédé Solvay). C’est donc un composé qui regroupe dans une molécule simple l’Hydrogène, le Carbone, l’oxygène (3 des 4 composants de base de la vie) et le Sodium. Il possède un pH alcalin de 8 (la peau est à 6,5). Il est soluble dans l’eau et l’alcool. Pour une conservation optimale, le maintenir dans son emballage d’origine, à l’abri de la lumière et de l’humidité. 

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Consommer du bicarbonate de soude un peu chaque jour pourrait diminuer l’inflammation présente dans certaines maladies dites auto-immunes, comme l’arthrite ou la polyarthrite rhumatoïde, révèle une nouvelle étude américaine publiée dans le Journal of Immunology. Selon une équipe de chercheurs de l’université Augusta (Etats-Unis), le bicarbonate de soude favoriserait un environnement anti-inflammatoire, ce qui est bénéfique dans le cadre de maladies inflammatoires telles que l’arthrite et la polyarthrite rhumatoïde.

Menée chez le rat puis chez l’homme, l’étude montre que la consommation quotidienne de bicarbonate de soude dilué dans l’eau va agir au niveau des cellules mésothéliales de l’appareil digestif. Le bicarbonate de sodium va en quelque sorte envoyer un signal à ces cellules, leur indiquant que le corps n’est pas attaqué par un organisme extérieur, et que par conséquent il est inutile de lancer une réponse immunitaire inflammatoire de défense. Après deux semaines de “traitement”, les chercheurs ont constaté une baisse du nombre de cellules immunitaires appelées “macrophages” de type M1, qui promeuvent l’inflammation, à la faveur des macrophages M2, qui la réduisent. Et d’autres changements de cet ordre ont été observés au niveau cellulaire, notamment une augmentation du nombre de cellules T régulatrices, qui réduisent la réponse immunitaire et empêchent notre système immunitaire de s’emballer et d’attaquer notre propre corps.

Quant au mécanisme sous-jacent, les scientifiques estiment que le bicarbonate de soude induirait tous ces changements via son interaction avec les cellules mésothéliales de la rate, organe qui joue un rôle dans l’immunité et le renouvellement des cellules sanguines. Ce changement anti-inflammatoire a été visible durant quatre heures chez l’homme, et durant trois jours chez le rat. Aussi, du fait que certaines maladies sont liées à une inflammation chronique et à un emballement du système immunitaire (définition-même des maladies dites auto-immunes), le bicarbonate de soude pourrait s’avérer être un traitement efficace, peu coûteux et ayant peu d’effets indésirables, au moins pour le traitement de maladies telles que l’arthrite ou la polyarthrite rhumatoïde.

C’est aussi un agent limitant la croissance fungique (moisissures), largement utilisé pour traiter le muguet buccal des jeunes enfants :

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Il a été récemment proposé comme agent anti-tumoral. Une étude américaine chez la souris a donné des résultats intéressants : For more than a decade there has been very interesting work going on at the University of Arizona, using bicarbonate as a potential treatment for cancer. Robert J. Gillies and his colleagues have demonstrated that pre-treatment of mice with sodium bicarbonate results in the alkalinization of the area around tumors. This “enhances the anti-tumor activity” of two anticancer drugs, doxorubicin and mitoxantrone, in two different mouse tumor models (Raghunand 2003).

In March 2009, the same group reported that bicarbonate increases tumor pH (i.e., make it more alkaline) and also inhibits spontaneous metastases (Robey 2009). An acidic pH has been shown to stimulate tumor cell invasion and metastasis in animal models. The question was whether inhibition of tumor acidity would reduce the incidence of metastases. The authors showed that oral sodium bicarbonate increased the pH of tumors and also reduced the formation of spontaneous metastases in mice with breast cancer. It also reduced the rate of lymph node involvement, yet it did not affect the levels of circulating tumor cells (Robey 2009).

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Bibliographie : “Les incroyables vertues du bicarbonate de soude ” Alessandra Moro-Buronzo (editions Jouvence)

NB. A ne pas confondre avec :

BORAX … Borate de sodium. Minerai d’origine naturelle possédant des propriétés antiseptiques, fongicides et désodorisantes. Intéressante pathogénésie homéopathique du groupe du Sodium (Kollitsch p. 38). 

Sels d’Epson  … Cristaux de Sulfate de Magnésium, utilisés traditionnellement comme laxatifs. Intéressante pathogénésie homéopathique du groupe du Magnésium (Kollitsch p. 137). 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.