Les crampes

Les crampes, parfois révélatrices …

Vous êtes peut-être de ceux que les crampes aux jambes réveillent pendant la nuit. D’après les statistiques, jusqu’à 60 % des adultes déclarent avoir ressentis des crampes aux jambes pendant la nuit (étude réalisée en 2012 par American Family Physician). Ces crampes affectent généralement le mollet et le pied, bien que ces derniers peuvent aussi frapper les ischio-jambiers. Ces crampes touchent tout le monde, mais semblent être plus fréquentes après 50 ans (selon une étude réalisée en 2017 dans le cadre de BMC Family Practice) et une enquête anglaise évalue à 50 % les plus de 65 ans qui en souffrent au moins une fois par semaine.

Les recherches du Dr Garrison, ont montré que les crampes nocturnes sont plus fréquentes en été qu’en hiver. Bien que ce fait ne soit pas le cas pour tout le monde, la fréquence de ces crampes a tendance à culminer à la mi-juillet et être au plus bas à la mi-janvier. Il est important de comprendre que ces crampes musculaires sont causées par des problèmes nerveux et non par des troubles musculaires, explique le Dr Garrison. Les électromyogrammes ont montré que les nerfs allant de la colonne vertébrale jusqu’au mollet déclenchent ces crampes.

Alors pourquoi l’été ?

« La croissance et la réparation des nerfs pourraient être plus actives en été en raison des niveaux plus élevés de vitamine D » , avance le Dr Garrison. Votre corps produit de la vitamine D à partir de l’exposition au soleil. Ainsi, en été, lorsque vos niveaux de D sont à leur maximum, votre corps peut s’engager dans une réparation neuronale « accélérée », ce qui pourrait déclencher ces crampes ?

D’autres experts ont observé que, couché face contre terre, le pied est souvent en « flexion plantaire », ce qui veut dire que les pointes des orteils sont étirées, ce qui raccourcit les muscles du mollet. Lorsque le pied repose dans cette position pendant de longues périodes, même de petits mouvements des pieds peuvent déclencher une crampe. Dormir sur le côté, les pieds en dehors du lit ou dans une autre position qui maintient vos orteils neutres – et non pointés vers l’extérieur – peut être une meilleure position pour ces muscles.

Certains éléments prouvent que la déshydratation favorise les crampes nocturnes. « Il y a une tendance saisonnière claire dans la fréquence des crampes musculaires, avec des cas plus élevés en été et plus faibles en hiver », d’après Michael Behringer, médecin et professeur de sciences du sport à l’Université Goethe en Allemagne.

« Cela suggère que la chaleur et peut-être aussi l’équilibre des fluides ont une influence sur le développement des crampes. » La déshydratation peut favoriser des déséquilibres électrolytiques dans le sang, ce qui pourrait être un déclencheur de crampes.

 

La majorité des crampes (contractures douloureuses affectant un muscle) sont des symptômes bénins (Yang de VB sur vide de sang, par exemple : Actea racemosa, Cuprum ou Nux vomica). Elles surviennent surtout au mollet, la nuit, et cèdent à l’étirement.

Elles sont favorisées par divers situations : la grossesse, la fatigue, l’activité sportive (natation surtout), la déshydratation (“vide d’eau”, par exemple : Alumina ou Causticum), le froid ou encore des positions imposant le raccourcissement musculaire. Certains médicaments les favorisent : laxatifs, diurétiques, corticoïdes (modification de l’équilibre Na/K) et statines (hypocholestérolémiants).

Si aucune de ces situations ne peut expliquer les crampes d’un patient, il faut rechercher :

  1. Une affection endocrinienne, en premier lieu une hypothyroïdie dont il faudra chercher la cause (Baryta carb., Graphites ou Pulsatilla). Mais aussi une insuffisance surrénalienne, un hypercorticisme ou une hypoparathyroïdie qui induisent une hypocalcémie qui peut être la cause de la survenue de crampes (ex. : Strontium carb.).
  2. Une pathologie radiculaire ou une polynévrite (carentielle = déficit en vitamines du groupe B) chez les alcooliques ou les diabétiques, par exemple : Magnesia phos. ou Zincum.
  3. Les formes les plus préoccupantes sont des crampes diffuses s’associant à une atrophie évolutive, à des fasciculations qui doivent faire évoquer un maladie du motoneurone, notamment la SLA (ex.: Manganum metal.).
  4. Si les crampes surviennent électivement à l’effort, en dehors de la prise d’une statine (hypolipémiant), le diagnostic doit s’orienter vers une myopathie métabolique (avec élévation des CPK). Le diagnostic des différentes formes sera posé par la biopsie musculaire (maladie de MacArdle, syndrome de Brody …).

La technique empirique qui consiste à mettre au fond du lit un morceau de Savon de Marseille n’est pas si stupide que cela : ce savon est stabilisé à l’essence de Térébenthine. Terebenthina (mn) est un remède des « chaleurs à la vessie sur vide d’eau » … or le méridien de la vessie passe au beau milieu des mollets !

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.