Les micro-algues et les cyanobactéries

Le monde des microalgues et des cyanobactéries

 

Les cyanobactéries et les microalgues sont deux organismes différents d’un point de vue biologique, puisque les premières sont procaryotes et les autres eucaryotes, mais toutes deux sont des micro-organismes photosynthétiques. Les microalgues ont été parmi les premières espèces présentes sur Terre ; on parle de 4 milliards d’années. Les applications industrielles des microalgues sont aujourd’hui l’aquaculture, les compléments alimentaires et les cosmétiques. Quel avenir pour les microalgues ? Avec leur nombre gigantesque et leur extrême diversité biologique, les microalgues offrent un éventail impressionnant pour effectuer des synthèses chimiques de produits qui peuvent intéresser l’humanité.

 

La CHLORELLA

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La chlorelle (Chlorella pyrenoidosa, Chlorella vulgaris) est une algue verte (chloro-phycophyte) microscopique d’eau douce de la classe des Chlorophycées. Cette algue sphérique mesure entre 2 et 8 microns (à peu près le même diamètre qu’un globule blanc). Elle possède un noyau bien spécifique et une membrane cellulosique. Elle a été découverte en 1890 par un biologiste hollandais, Beijerinck. Son utilisation comme substitut alimentaire fut tentée à plusieurs reprises par les allemands lors de la première et de la seconde guerre mondiale par un microbiologiste allemand, Hardner Lindner, qui dut constater amèrement qu’elle était difficilement digestible.

Chlorela

Après la guerre, le Japon décide d’utiliser la chlorelle comme source de protéines pour nourrir sa population et la déclare d’intérêt national. En 1957, un institut de recherche sur la chlorelle est crée pour étudier la meilleure façon d’exploiter cette algue. Dans les premières années, les japonais incorporèrent la chlorelle aux aliments de base : boissons, gâteaux et même lait en poudre (distribué dans les écoles et dans l’armée).

Les premières recherches médicales sur la chlorelle, avaient montré ses effets bénéfiques sur la flore intestinale, car elle stimulait la croissance des lactobacilles. 25 ans plus tard (1970) les chercheurs découvrent un procédé permettant d’éclater sa membrane cellulaire, la rendant ainsi digeste à 80 %. Il est difficile de savoir quel procédé exact fut utilisé pour faire éclater la membrane.

C’est pourtant cette membrane cellulaire qui a la faculté de fixer les métaux lourds, et c’est précisément parce que la chlorelle n’est pas digeste que le rejet de ces métaux lourds peut ensuite s’effectuer par les voies naturelles. Il y aurait donc deux façons d’utiliser la chlorelle. L’une dans un cadre alimentaire ou elle demande à être prédigérée par éclatement de sa membrane, l’autre dans un cadre de thérapie détoxiquante (notamment des métaux lourds) qui réclame de ne pas toucher à sa membrane.

Sur le marché la chlorelle est vendue en poudre en vrac ou en gélules. Aucune mention ne précise si la membrane à été éclatée ou non. On peut soupçonner une mise en poudre telle quelle, car l’opération qui consiste à éclater la membrane est complexe et coûteuse.

COMPOSITION : Elle est particulièrement riche en protéines (50%) en acides gras essentiels et en sels minéraux (Mn, Cuivre, Fer, Magnésium, Zinc) ainsi qu’en vitamine D. Elle possède une membrane particulière à trois couches de cellulose et de chitine (composant de l’exosquelette des crustacés) : cette paroi possède de grandes propriétés absorbantes vis-à-vis des toxines organiques comme la dioxine, les métaux lourds (mercure, cadmium et plomb), les pesticides et toxines diverses.

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Chlorella Growth Factor (CGF) est le facteur de croissance de la chlorelle ; celle-ci favorise la reproduction cellulaire (cellules saines non cancérigènes) de manière très rapide : toutes les 24 heures, chaque cellule mère se devise en quatre cellules filles. Ce complexe CGF est formé de vitamines, d’acides aminés et de nucléotides d’ADN et d’ARN. Il aurait un effet pré- biotique favorable à la santé de la flore intestinale. Il participe à l’augmentation des lymphocytes T (système immunitaire), des globules rouges et des cellules saines de l’organisme.

 

La DUNALIELLE

Algue verte unicellulaire des marais salants, riche en vitamine A (jusqu’à 14% de son poids), vitamine E et biotine. Elle est utilisée pour ses propriétés anti-oxydantes (anti-inflammatoires) et la protection de la peau et de la vision.

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La SPIRULINE

Présentée comme une “micro-algue bleue”, c’est en fait une cyanobactérie (procaryote), qui est de forme cylindrique et hélicoïdale, longue d’un demi-millimètre). Cette poudre verte, au léger goût de champignon, contient plus de protéines, de fer, de vit. A et d’acide gamma linoléique par gramme que tout autre aliment.

Donc :

Spiruline

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il en existe 1500 espèces, qui vivent dans les eaux saumâtres (pH de 8 à 11) et chaudes (de 25 à 40°). Ce sont des procaryotes (pas de noyau distinct), condiment traditionnel dans plusieurs endroits du monde (lac Tchad – Afrique, Mexique …) découverts pour le monde scientifique depuis 1964. La NASA en étudie la culture pour les colonies spatiales (régénération de l’air et nutriment énergétique). Elle contient :

  1. tous les acides aminés essentiels (65% de protéines contre 35% au soja et 22% à la viande maigre, 19% aux haricots, 12% aux œufs) et les bases puriques (ADN et ARN) environ 5% des protéines.
  2. de nombreuses vitamines, surtout : A, B1, B2, B3 (PP), B12 ++, E et K
  3. de nombreux minéraux : Calcium, Potassium, Phosphore, Fer, Magnésium, et oligo-éléments : Chrome, Cuivre, Manganèse et Zinc, traces de Sélénium.
  4. des acides gras, surtout : linoléique et gamma-linoléique (oméga 6 = pré-prostaglandines PGE2 … régulation des désordres inflammatoires)
  5. des pigments : bleu (phytocyanine), vert (chlorophylle) et rouge (béta-carotène)
  6. des enzymes (la SOD), quelques glucides (22%) et des fibres (8 gr./100 gr.).

spiruline

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indications : les inflammations chroniques et les maladies dégénératives (antioxydant majeur et nutriment réparateur) :

  1. Pathologie de surcharge = perte de poids (- 1,4 kg/mois), amélioration des pics hyperglycémiques et baisse du cholestérol (- 6% de LDL) cf. FDA 1986. Régulation des HTA.
  2. Chélateur des métaux lourds (30% mieux que la Chlorela = restaure l’épuration rénale du Cadmium, du Plomb et du Mercure) et correcteur de l’anémie (richesse en Fer) : fumeurs, femmes sous pilule, sportifs …
  3. Stimulant de l’immunité =
  • Etat de la peau (cicatrisation des plaies, personnes exposées au soleil : on l’utilise de plus en plus dans les crèmes de beauté), des ongles et des cheveux, ainsi que du système digestif (augmentation de la flore de lactobacilles, inhibition de la prolifération des bactéries, levures et champignons)
  • Infections virales chroniques (dont l’Herpès simplex, le virus grippal, les virus de la rougeole et des oreillons, ainsi que le HIV-1), par effet probiotique et antiviral direct (Ca-SP : polysaccharide).
  • Cancer (effet protecteur du béta-carotène + effet cytostatique de la Phytocyanine, TNF alpha stimulante) et durant les chimiothérapies (Cis-platine) et radiothérapies (radio-protection), pour ses effets détoxiquants et de réduction de la perte en GB.

    4.   Troubles neurologiques = elle a été utilisée dans des déficits de l’attention et le syndrome d’hyperactivité (TAD/HD : Attention Deficit / Hyperactivity Disorder), ainsi que dans les pathologies dégénérative du système nerveux (Alzheimer, Parkinson …) car la Phytocyanine a une action anti Leucotriène B4.

Actuellement, des associations se multiplient à travers le monde pour promouvoir la culture de Spiruline en systèmes autonomes (recyclage des déchets azotés), car elle produit plus de protéines que le soja, en consommant beaucoup moins d’eau. On estime la production actuelle à environ 1000 tonnes/an.

Elle est meilleure au goût que la chlorella et beaucoup plus digeste.

 

Expérimentation :

Nous avons eu l’opportunité de développer en 2015 une nouvelle pathogénésie biologique sur une quinzaine d’étudiants volontaires du cursus naturopathique de l’Agricampus d’Hyères. Nous tenons à remercier vivement ceux-ci, ainsi que leurs professeurs, messieurs Kamel Kissar et Philippe Stéphanini.

Ces étudiants (et leurs professeurs), en bonne santé apparente et sans traitement particulier, ont fait un premier BNS et entrepris un traitement de 4 mois de SPIRULINE, celle-ci étant produite sous surveillance de l’école, dans les meilleures conditions possibles. Un second BNS a été réalisé à la fin de cette période et les résultats comparés. C’est cette étude que nous vous résumons ici (différences entre les 2 profils) :

ALB       A1P       A2P      BET       GAM      EuGlobulines

-0,38 0,01 -0,14 0,23 0,13 -0,29

 

On observe que la Spiruline (très protéinée) à tendance à « sécher » les patients (baisse des ALB et EuG) et à compenser une éventuelle insuffisance hépatique (augmente les BêtaGlobulines). L’action moyenne sur les autres paramètres immunitaire n’est pas significative.

Iode        Zinc      Amm.     Acide    Mang.   Calcium

0,11 -0,17 0,35 -0,22 -0,05 -0,05

 

Là aussi, l’action de la spiruline s’exerce essentiellement sur l’eau : baisse de l’Ammonium (sècheresse et malgestion des sucres) et du radical Acide (acidose urique, goutte).

Globalement, les résultats paraissent un peu décevants. En fait, l’interprétation cas par cas des résultats est bien plus éclairante : la spiruline normalise la plupart des profils de façon très efficace ! Elle semble posséder, comme nous l’avions déjà remarqué chez d’autres plantes, des effets « anti-hyper et anti-hypo » que leur simple somme manque à objectiver :

spiruline2

Fig. 1 : BNS n°1 en bleu / BNS n°2 en rouge

Cette propriété normalisatrice est d’ailleurs répandue chez la plupart des plantes primitives. A ce sujet, on peut citer la Prèle, riche en soufre et en silice, qui s’est avérée efficace, à l’occasion, aussi bien sur des inflammations aiguës (hyper Alpha1+2), que chroniques (hyper Bêta + Gamma).

spiruline1

Fig.2 : BNS n°1 hyperfloculant (en bleu) avec une belle normalisation de presque tous les paramètres !

 

NB. La revue médicale “Prescrire” alerte des dangers liés à la spiruline, via un communiqué du 1er novembre 2018. Des effets indésirables principalement hépatiques lui sont imputés.
Sans préciser le nombre exact, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) affirmait déjà en novembre 2017 que “plusieurs cas d’effets indésirables survenus à la suite de la prise de compléments alimentaires contenant de la spiruline” ont été recensés. Parmi ces effets indésirables : des atteintes principalement hépatiques mais également musculaires, des troubles digestifs et des réactions d’hypersensibilité (allergie).

Ces risques proviendraient du fait que les produits à base de spiruline “peuvent être contaminés par des cyanotoxines (microcystines notamment), des bactéries ou des éléments traces métalliques (plomb, mercure, arsenic)”. Elle est par ailleurs contre-indiquée chez les personnes atteintes de phénylcétonurie, “maladie génétique rare liée à l’accumulation de l’acide aminé phénylalanine dans l’organisme”, et chez celles “présentant un terrain allergique”.

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La Klamath (produite dans le lac Klamath en Oregon) est une micro algue bleu-vert connue depuis le début du 20ème siècle. C’est un aliment riche en vitamines et minéraux, particulièrement adapté aux périodes de récupération de compétition ou de blessure.

Les propriétés de cet « alicament » nommé « Klamath » sont celles de ses nombreux composants. Selon ses adeptes, on peut classer les propriétés de cette algue en 6 catégories :

1. Détoxination de l’organisme : ses antioxydants protègent les cellules de notre corps contre les radicaux libres. L’algue « Klamath » fixe les composants toxiques qui proviennent des métaux lourds, des métaux radioactifs, des herbicides et des pesticides. Ensuite, le polysaccharide de sa membrane se charge d’éliminer ces différents « poisons corporels ».

2. Activation de l’énergie physique et du système nerveux : cette algue miraculeuse exerce une action revitalisante pour le corps. En plus, elle dynamise l’activité cérébrale et les capacités intellectuelles. Avec «Klamath », la mémoire deviendrait plus vive et la concentration plus importante. Cette algue « Klamath » agirait aussi comme un antidépresseur naturel. Avec la détente de l’esprit et l’amélioration de l’humeur, le sommeil deviendrait facile et l’attachement à la vie prendrait la place du désespoir et de la détresse. Chez les enfants, les troubles de comportement à l’école ou à la maison diminueraient.

3. Amélioration de l’immunité naturelle de l’organisme : l’algue « Klamath » activerait la production des lymphocytes T et B dans le sang et permettrait au corps de mieux résister aux attaques du milieu extérieur (infections microbiennes et même virales).

4. Equilibre du métabolisme : avec une digestion plus facile, les sucres seraient mieux assimilés. L’activité du pancréas (l’insuline naturelle) serait régulée et l’appétit pourrait diminuer. Les problèmes de surpoids et de l’obésité pourraient être traités.

5. Pouvoir anti-inflammatoire : en inhibant l’enzyme COX2 avec son polysaccharide, « Klamath » agirait comme un « anti-inflammatoire naturel ». Son effet dépasserait celui du plus puissant des anti-inflammatoires chimiques.

6. Pouvoir reconstituant : l’algue « Klamath » régénèrerait les cellules nerveuses et ralentirait les signes de vieillissement comme les rides et le relâchement de la peau. Elle agirait sur les cellules souches de la moelle osseuse et faciliterait leur migration vers les organes. Ces propriétés peu communes entraîneraient la reconstitution des tissus affectés après un accident corporel (blessures…) ou suite à un infarctus du myocarde (muscle cardiaque)! « Klamath » pourrait aussi aider à régénérer en partie les tissus du foie, des muscles, de la peau et même des cellules nerveuses (cerveau et moelle épinière)!

Analyse comparée :

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Bibliographie :

  1. NAYAKA N. “Cholestérol lowering effects of Spirulina” (Progress in medicine, juin 1988)
  2. SCHWART, SCKLAR and SUDA “Growth, inhibition and destruction of oral cancer cells by extracts of Spirulina“, American academy of oral pathology (juin 1988)
  3. Aids-antiviral sulfolipids from cyanobacteria” Journal of the National Cancer Institute
  4. MICHKA “La Spiruline, l’homme et la planète” (Terra Magna, 1990)
  5. Chemopreventive properties of chlorophyllin : anti-mutagenic activity against AFB1 and two heterocyclic amines in the Salmonella mutagenicity assay” Carcinogenesis (vol. 12 1991)
  6. Current knowledge on potential health benefits of Spirulina” Journal of Applied Phycology 1993
  7. An extract from Spirulina platensis is a selective inhibitor of Herpes simplex penetration into HeLa cells” Phytotherapy research (vol. 7, 1993)
  8. Opto-crystallization patterns” Transformational research (1994)
  9. Gamma-linoleic acid as a treatement in AD/HD” Stockholm 1994
  10. Calcium Spirulan, an inhibitor of enveloped virus replication, from a blue-green alga : Spirulina platensis” J.Nat. Prod. (1997)
  11. GRACI S. et CRISAFI D.-J. “Les superaliments” (Montréal 1997)
  12. MARION J.P. “Spirulina is a cyanobacterium” (Centre de recherche Nestlé, Mai 2000)
  13. Spiruline_2015
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.