Les produits “allégés”

Pourquoi les produits allégés font grossir ?

 

Une étude de l’Université de Stanford [1] a montré que les gens ont plus d’appétit quand on leur fait croire qu’un plat est allégé, même si ce n’est pas vrai !! Vous êtes moins rassasié. Vous avez plus envie de vous resservir. Cela explique pourquoi l’industrie agro-alimentaire fait tant d’efforts pour pousser les produits allégés, à la télévision comme dans les rayons des supermarchés.

Non seulement ils sont moins chers à fabriquer (les portions sont plus petites, les ingrédients structurants sont remplacés par des émulsions aqueuses, les produits gras, qui sont chers, sont remplacés par du sucre et de la farine) ET vous en mangez plus, car vous avez toujours faim. Cela fait les affaires de Taillefine, Sveltesse et autres Weightwatchers !

C’est donc une étude de l’Université de Stanford, Californie, qui a révélé ce mécanisme très profond de notre psychologie, et dont nous ne pouvons pas nous douter. Il s’agit d’une sorte de « piège », que les commerçants ont su habilement exploiter. Les chercheurs ont donné des milkshakes à 46 personnes. Ces milkshakes contenaient chacun 380 calories.

  • À la moitié des gens, ils ont dit qu’il s’agissait d’un milkshake ultra-gras et sucré, de 620 calories.
  • À l’autre moitié, ils ont dit qu’il s’agissait d’un milkshake « spécial santé allégé » de 140 calories seulement.

Résultat : le groupe qui pensait prendre un milkshake allégé s’est aussitôt remis à avoir faim, et en a voulu un autre, tandis que les membres de l’autre groupe étaient écœurés et ont perdu l’appétit pour plusieurs heures !! C’était pourtant le même milkshake !

L’effet n’était pas uniquement psychologique. Les chercheurs ont pu mesurer le taux de ghréline, l’hormone de l’appétit, par des prises de sang chez tous les participants. Elle agit sur l’hypothalamus, un des principaux centres de contrôle du cerveau.

— Les personnes qui avaient cru recevoir un milkshake allégé ont vu leur taux de ghréline se maintenir, comme si elles n’avaient pas mangé. Elles ont continué à avoir faim.
— Les autres, qui pensaient avoir mangé un milkshake hypercalorique, ont vu leur taux de ghréline s’effondrer. Cela leur avait coupé l’appétit !

Plus vous avez de ghréline dans le sang, plus vous avez envie de manger. Les personnes obèses, qui ont toujours faim, ont souvent un problème de ghréline : elles en produisent trop, ou y sont trop sensibles. Les personnes qui les entourent ne peuvent pas comprendre. La satiété leur vient naturellement.

La ghréline est une hormone digestive qui stimule l’appétit : son taux est élevé avant les repas et diminue à mesure que l’estomac se remplit. Elle est considérée comme l’antagoniste de la leptine, hormone produite par les adipocytes, qui induit la satiété lorsque son taux augmente.

Quand vous avez toujours faim, les autres vous disent : « Fais un effort ! » (dans leur esprit, cela veut en fait dire : « Fais comme nous »). Mais ils ne se rendent pas compte que, pour vous, les efforts sont plus grands car vous avez cette stimulation intérieure que vous ne pouvez pas contrôler !

Pour diminuer votre production et votre sensibilité à la ghréline, il faut :

  • Améliorer votre sommeil : le manque de sommeil est scientifiquement lié à une hausse de l’appétit et de l’obésité, notamment du fait de la hausse du taux de ghréline ; [2]
  • Augmenter votre masse musculaire : le simple fait d’avoir plus de muscle réduira votre appétit en diminuant votre taux de ghréline, même si vous avez toujours autant de graisse ; [3]
  • Manger plus de protéines : un bon petit-déjeuner protéiné réduit le taux de ghréline et aide à maintenir le poids après un régime amincissant. [4]

À noter que vous avez plus de risque d’un problème de sensibilité à la ghréline si vous avez connu dans votre vie des périodes d’anorexie et/ou d’obésité, et des fluctuations de poids.
Soyez indulgent – et patient – avec vous-même, car ces problèmes génèrent d’authentiques traumatismes.

Retrouver un appétit normal est un vrai défi, nécessitant probablement le soutien d’un professionnel (psychologue). Il vous aidera à comprendre ce qui s’est passé, dénouer les causes, souvent profondes et inconscientes du problème. Ce n’est qu’une fois qu’on a compris ces causes que l’on peut s’en libérer, sortir du mécanisme qui nous conduit à agir, contre notre gré, pour nous faire du mal.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.