Maladie de Verneuil

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Maladie de Verneuil

Parmi les hidrosadénites, la maladie de Verneuil se caractérise par des lésions nodulaires, inflammatoires et douloureuses des grands plis (aisselles, aines) évoluant vers la suppuration et la fistulisation et pouvant limiter la mobilisation des articulations concernées. La maladie de Verneuil est chronique avec un retentissement sur la qualité de vie. Ce nom provient du chirurgien Aristide Verneuil qui l’avait décrite en 1854.

En France, elle atteint 1 % de la population adulte. Elle est plus fréquente chez la femme, débute chez l’adulte jeune et apparaît plus rare après 50 ans. La maladie de Verneuil est une maladie à composante génétique. En effet, on retrouve plusieurs personnes atteintes par famille dans environ 30 à 40% des cas. Dans ces cas, le mode de transmission est dominant autosomique à pénétrance variable. Ceci signifie qu’une personne porteuse du gène ne déclare pas obligatoirement la maladie. Aucun gène n’a été localisé ni identifié à ce jour.

Sa physiopathologie n’est pas claire. Il existe une participation inflammatoire avec une élévation locale de la production de TNF-alpha et d’interleukine 1-bêta

Le surpoids, le tabagisme, l’hypertension artérielle, le diabète, l’alcoolisme sont des facteurs associés. Elle est également retrouvée plus fréquemment lors de certaines maladies inflammatoires comme une maladie de Crohn ou une spondylarthrite ankylosante.

Les antibiotiques peuvent être efficaces pour diminuer l’inflammation et stériliser l’infection bactérienne.

Les traitements locaux sont peu utiles, les lésions étant profondes. Un anesthésiant local peut momentanément apaiser des douleurs insupportables.

La maladie de Crohn (maladie inflammatoire chronique de l’intestin) peut être confondue avec la maladie de Verneuil des orifices ou y être associée. Le traitement par Infliximab (anticorps monoclonal utilisé dans le traitement de la maladie de Crohn) a une certaine efficacité dans le traitement de la maladie de Verneuil.

Dans une étude de 2013 portant sur 12 personnes, une alimentation excluant la bière et les aliments contenant de la levure de bière ou du blé a permis une régression lente mais complète des lésions cutanées sur une période de 12 mois, avec un retour immédiat des lésions en cas d’ingestion de ces aliments !

Trois types de chirurgie sont proposées :

  1. incision en urgence d’un abcès pour soulager la douleur et évacuer le pus si le traitement médical n’a pas pu éviter sa survenue
  2. exérèse limitée d’une lésion suppurative récidivant régulièrement au même endroit permettant une rémission prolongée
  3. exérèse large d’un placard douloureux suppuratif permettant la guérison de cette localisation, si elle est réalisée dans de bonnes conditions.

Voici le BNS24 de la patiente porteuse des lésions axillaires objectivées ci-dessus :

Le stress oxydatif (Euglobulines) et les troubles lipidiques (Am, Mn et Ca élevés) sont au premier plan, alors que les Albumines sont basses, ce qui signe l’organicité de l’affection.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.