Les oligo-éléments essentiels

Les oligo-éléments essentiels 

A côté des sels biochimiques, substances de base des tissus, prennent place un nombre important d’éléments, en très petite quantité par rapport aux premiers et qui ont un rôle fondamental en tant que catalyseurs sur la plupart des métabolismes cellulaires. Il représente moins de 1/10 000 du poids sec de l’organisme (du grec oligo = peu). Pour être considéré comme “essentiel”, un oligo-élément doit remplir plusieurs critères :

  1. être présent dans les tissus pour y remplir un rôle physiologique,
  2. avoir une teneur relativement constante,
  3. provoquer par sa carence des anomalies structurales ou des troubles pathologiques.

Ceux-ci sont bien connus actuellement, il s’agit de :

  • Métaux = Aluminium, Chrome, Cobalt, Cuivre, Etain, Manganèse, Molybdène, Nickel, Vanadium, Zinc,
  • Métalloïdes = Brome, Germanium, Iode, Lithium, Sélénium, Silicium, Strontium.

D’autres éléments mériteront peut-être, dans l’avenir, d’être ajoutés à cette liste, ainsi l’on étudie actuellement le Bore.

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Dans l’organisme, un même oligo-élément peut se présenter sous des formes différentes selon qu’il s’agit de son lieu d’absorption, d’utilisation, de stockage ou de transport (sang/lymphe/…), ainsi que de son élimination (selles/urines/sueurs/haleine…). On rencontre essentiellement ces éléments sous forme complexe avec de petites molécules protéiques (spécifiques ou non), rarement à l’état d’ions libres ou intégrés dans des liaisons covalentes. 

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Les principaux liens connus entre les carences de ces éléments et les processus physiologiques chez l’homme sont les suivants :

* croissance….

  • Manganèse = trame organique de l’os, synthèse des hormones stéroïdiennes,
  • Zinc = cofacteur de plus de 120 enzymes (dont l’ac. glutamique), activation des hormones antéhypophysaires et sexuelles,
  • Cuivre = CRP (maladie de Wilson), développement sexuel

* dentition…. Fluor, Molybdène et Vanadium

* gustation …. Cuivre, Zinc et Nickel

* infection … Cuivre, Argent, Etain

* érythropoïèse…… Fer, Cobalt, Cuivre, Manganèse, Molybdène et Zinc (cf. effet anti-drépanocytaire du zinc)

* métabolisme glucidique… Chrome, Molybdène, Sélénium, Zinc

* coagulation ….. Manganèse, Phosphore

* métabolisme lipidique … Chrome, Manganèse, Vanadium, Zinc, Sélénium

* métabolisme cérébral … Cuivre, Iode, Lithium, Manganèse, Zinc, Vanadium

Le Lithium,troisième élément du tableau périodique de Mendeleïev, conseillé par le docteur Hans Nieper, est très efficace dans le traitement de la psychose maniaco-dépressive, mais relativement toxique à forte dose. C’est un métal alcalin dont les sels, au contact de l’eau contenue dans l’organisme, se dissocient en ions et agissent de manière à réguler l’humeur.

* reminéralisation … Strontium, Silicium

 

  exemple de complexe d’oligoéléments

Interactions connues :

 

Oligo-éléments                       inhibés par :                                favorisés par :

  • Aluminium                    Fluor, Magnésium
  • Chrome                        Fer, Zinc
  • Cobalt                           Fer, Mn, Sélénium                      Iode
  • Cuivre                           Fer, Mo, Se, Soufre, Zn              Fluor, Mn
  • Etain                             Fluor
  • Iode                               Lithium                                        Cobalt, Mn
  • Lithium                          Iode
  • Manganèse                   Ca, Co, Fer, Mg, Ph, Se, Si        Cuivre, Fluor, Iode
  • Molybdène                     Cu, Silicium                                Fer
  • Sélénium                       Ag, Cobalt, Cu, Manganèse
  • Zinc                               Calcium, Chrome, Cu, Fer, Phosphore

Les recherches se poursuivent en explorant les maladies dont les symptômes évoquent ceux d’une carence ou d’une intoxication liée à un oligo-élément (exemple : Sélénium et myopathie, Chrome et diabète, etc …)

De nombreux laboratoires proposent des oligo-éléments, sous forme :

  • ionisée (lab. des Granions),
  • liée à un sucre (gluconates – lab. Oligosols)
  • ou à une protéine (pydolates – lab. Poirier, Orotates – liposolubles) …

En unitaires (lab. Granions) ou en associations (cf. méthode de Ménétrier) ou encore en complexes (ex.: lab. Nutergia).

Le sélénium, un nutriment essentiel

Le bon fonctionnement du système immunitaire dépend, au moins en partie, d’apports suffisants en sélénium. En cas de déficiences, les réponses immunitaires innées et adaptatives sont perturbées. Le sélénium est un oligo-élément dont l’importance est fondamentale pour la santé de l’homme. Le sélénium est retrouvé dans 50 à 100 différentes protéines aux rôles très différents allant de la construction des muscles cardiaques à la santé du sperme. Il est impliqué dans la reproduction, le système immunitaire et la synthèse de l’ADN. Il a également des propriétés antioxydantes et a donc la capacité de protéger les cellules contre les lésions provoquées par les radicaux libres.

Des insuffisances d’apports trop fréquentes
Le sélénium entre dans la chaîne alimentaire directement par les plantes qui le captent dans le sol ou par la consommation de viandes ou d’autres produits d’origine animale. La quantité de sélénium dans les aliments dépend donc fortement de la concentration en sélénium des sols.

Des carences en sélénium ont été identifiées dans des parties du monde où la teneur du sol en sélénium est notablement faible, par exemple dans les régions volcaniques. Les sols acides et la présence de fer et d’aluminium réduisent également la captation du sélénium par les plantes, comme cela est le cas dans de nombreuses régions d’Europe. Les plus pauvres se trouvent principalement en Allemagne, en Ecosse, en Finlande et dans certains pays des Balkans.

On trouve du sélénium dans les oléagineux secs et, plus particulièrement dans la noix du Brésil, dans les poissons et crustacés, le jaune d’œuf, la viande, les céréales ou la levure de bière. Les apports quotidiens recommandés sont de 70 mcg et, dans un pays comme la France, 30 % des personnes en consommeraient insuffisamment.

L’impact de déficiences en sélénium
Une sélénoprotéine est une protéine dont l’un au moins des acides aminés constituant la chaîne polypeptidique contient du sélénium, la plupart du temps sous la forme de sélénocystéine, le 21e acide aminé. Environ 25 sélénoprotéines ont été identifiées et jouent des rôles extrêmement divers et sont présentes dans une grande variété de tissus. La plupart des effets du sélénium sur le système immunitaire sont attribués à son insertion dans les sélénoprotéines.

L’importance pour le bon fonctionnement du système immunitaire de concentrations adaptées de sélénium et de son incorporation efficace dans les sélénoprotéines a été démontrée sur cultures cellulaires, sur des modèles animaux et chez l’homme. Une déficience en sélénium peut entraîner une augmentation de la vulnérabilité aux infections et aux cancers. Par ailleurs, une insuffisance d’apport en sélénium et une expression inhibée des sélénoprotéines ont été impliquées dans une augmentation des niveaux de cytokines inflammatoires dans de nombreux tissus incluant notamment le système gastrointestinal, l’utérus, les glandes mammaires.
D’autre part, les effets bénéfiques d’un statut élevé en sélénium ont été montrés dans certaines maladies virales. Quelques études n’ont cependant pas démontré d’amélioration efficace de l’activité antivirale. Enfin, les propriétés antioxydantes de certaines sélénoprotéines contribuerait à renforcer l’immunité antivirale.

Cependant d’autres recherches sont encore nécessaires pour bien comprendre le rôle joué par les sélénoprotéines dans la stimulation du système immunitaire et la réduction de l’inflammation.

Avery JC et al. Selenium, selenoprotein and immunity. Nutrients, 2018, 1203
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.