Pesticides et OGM

Pesticides et OGM

Une poignée d’associations françaises tente de mettre un terme à l’utilisation généralisée des pesticides ainsi qu’à la manipulation, parfois souterraine, d’anciennes espèces végétales en OGM. Il est clair que si nous n’agissons pas très rapidement pour corriger intégralement nos méthodes de cultures en abolissant pesticides et OGM, bientôt, les espèces anciennes disparaitront de la nature et la terre s’appauvrira au point de ne plus être suffisamment fertile pour permettre aux graines non transformées génétiquement, de grandir.

Si tant est que cette catastrophe écologique puisse ne pas vous toucher au plus haut point, force est de reconnaître que nous sommes déjà tous porteurs de milliers de produits chimiques comme le glyphosate, même en s’alimentant bio et en prenant les précautions indiquées pour les éviter. Sur ce point, au moins, tout le monde s’accorde à dire que le temps de l’indignation est révolu, et qu’il est désormais indispensable de passer à l’action très globalement, très rapidement, en se souciant plus encore des générations futures que de soi-même.

Par le biais de 746 événements en France, vendredi 8 février 2019 s’est organisée une nouvelle mobilisation intitulée « Nous voulons des coquelicots ». Depuis quelques mois le mouvement des « coquelicots » a mis en place une vaste campagne de sensibilisation lançant « un appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse ». Les rassemblements arborant des coquelicots en tissu ont permis à la pétition adressée au gouvernement de récolter près de 500 000 signatures.

La pétition des coquelicots

Le constat motivant la pétition des coquelicots semble d’une justesse évidente :

  • la nature est défigurée,
  • de nombreuses espèces d’oiseaux disparaissent,
  • les abeilles sont déroutées et meurent par milliards,
  • les grenouilles et les sauterelles s’évanouissent,
  • les fleurs sauvages, comme les coquelicots, ne supportent plus la pollution des sols et se raréfient de manière inquiétante, voire disparaissent totalement du paysage.

Se répandant par les nappes phréatiques, les eaux de pluie, le lait maternel, les fruits et légumes… les milliers de pesticides créés par l’homme entretiennent ainsi un génocide silencieux, engendrant une hécatombe à travers absolument toutes les espèces vivantes. D’ailleurs, il est maintenant de notoriété publique que les cancers et maladies dégénératives sont intrinsèquement liés à ce gigantesque « effet cocktail » de pollutions iatrogènes.

Et même s’il reste primordial d’avoir conscience de la réalité ainsi que de l’omniprésence de ces dangers, il me semble plus important encore de s’orienter vers des solutions positives. Or, si l’association bienfaitrice des coquelicots est indéniablement à l’origine d’un élan positif, elle semble pourtant naïvement croire qu’une pétition puisse suffire à décider le gouvernement à protéger les citoyens, ainsi qu’elle l’exprime en conclusion :

« Nous exigeons de nos gouvernements l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes. »

Une volonté d’agir venant probablement du cœur, mais se noyant dans un processus pétitionnaire s’étant montré largement limité, insuffisant au changement ou inutile à grande échelle. Qu’on se le dise, malgré l’apparent moratoire planétaire sur une transition écologique, aucun gouvernement ne sera spontanément prêt à sacrifier les milliards que lui apporte le commerce de pesticides afin d’en protéger qui que ce soit ou quoi que ce soit. Tous ceux ayant motivé des pétitions ou des mouvements sociaux peuvent en témoigner, après en avoir fait les frais.

Les faucheurs volontaires d’OGM

Avec une approche différente, les faucheurs volontaires, collectif de militants refusant l’implantation d’OGM et de substances chimiques dans notre quotidien, semblent penser sensiblement la même chose. Pour leur part, ils tentent d’éradiquer manu militari la vente d’herbicides et pesticides, tout en dénonçant le manque de transparence concernant certaines espèces OGM cultivées massivement, comme par exemple :

  • le maïs,
  • le tournesol,
  • ou le colza…

Après avoir neutralisé à coup de peinture des bidons d’herbicides hautement dosés en glyphosate dans des grandes surfaces, certains de ces activistes ont été poursuivis par le Tribunal correctionnel de Foix. En octobre 2017, le cabinet Tumerelle, organisant la défense des militants, a immédiatement réagi en demandant au Tribunal de Foix de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, afin de demander une mise en lumière concernant « l’illégalité » des textes européens prévoyant une méthode d’évaluation des pesticides ne respectant pas le principe de précaution.

Et c’est tout particulièrement en dénonçant les dangers largement sous-estimés du glyphosate, un cancérigène employé dans la fabrication du Round Up, qu’ils ont fini par avoir gain de cause au Tribunal de Foix, dont le juge a tranché en acceptant de saisir la Cour de justice européenne. Rappelons tout de même que, malgré la volonté des collectivités de supprimer l’utilisation du désherbant le plus utilisé au monde, ses ventes ne cessent de croître. Rappelons également qu’après avoir promis de l’interdire d’ici 2021, le président Macron est revenu sur sa décision en annonçant que la France ne parviendrait pas à s’en passer… du tout.

Les questions posées par la défense à la Cour de justice européenne portent sur la conformité du règlement européen face au principe de précaution, tout en interrogeant la suffisance d’un tel principe pour assurer l’impartialité de la commercialisation de produits nocifs comme des désherbants. Elles mettent également en exergue le danger d’un « effet cocktail » où le mélange de plusieurs substances chimiques nocives telles que le glyphosate, peut engendrer des risques bien supérieurs à la somme de chacune d’entre elles.

D’ailleurs, afin de prouver globalement les risques d’intoxications au glyphosate, les faucheurs volontaires, ainsi que les avocats de la défense, ont réalisé des analyses d’urine, proposées depuis à l’ensemble de la population à travers une grande campagne de prélèvement, démontrant à la Cour de justice européenne que l’ensemble de la population est d’ores et déjà contaminé. Cette campagne est disponible sur un site internet réalisé par l’association 4972, permettant non seulement à chacun de dépister ce polluant, mais aussi et surtout de porter plainte au Tribunal pénal en visant aussi bien les autorités sanitaires que les industriels.

Agir individuellement et simultanément

Au regard des actions pertinentes des uns et des réactions légitimes des autres, il semble plus urgent que jamais de regrouper toutes les volontés d’en finir avec la dictature industrielle et la loi du marché. Ainsi l’on peut déplorer que deux associations aussi proches dans leur volonté d’éradiquer les pesticides et de sauver les plantes sauvages ne soient unies dans une action commune et une réflexion plus globale, et non résolues à proposer des solutions de remplacement comme l’utilisation du neem et la permaculture.C’est une des nombreuses raisons, mais non la moindre, motivant la création d’une ONG internationale, connectant aussi bien les volontés locales que nationales et internationales. Tant il s’avère paradoxal de constater qu’individuellement ces démarches sont relativement fragiles et désuètes, tout en proliférant dans le monde entier. Sans oublier que la gratuité ainsi que la vitalité des végétaux et minéraux, dans leur grande diversité, sont intrinsèquement liées.

Rendez-vous sur cette page pour vous inscrire au prélèvement d’urine de la campagne glyphosate :
Rendez-vous ici pour signer la pétition du mouvement des coquelicots :
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.