Qui était Mirko Beljanski ?

Qui était Mirko Beljanski ?

Il est arrivé à Paris juste après la guerre pour obtenir une licence et un doctorat à la Sorbonne. Par la suite, il a rejoint l’Institut Pasteur et le CNRS, où il est devenu maître de recherche et a fait sa carrière. Après l’Institut Pasteur, où il est resté jusqu’en 1978, il est allé à l’Université de Pharmacodynamie jusqu’en 1988, l’âge de sa retraite.

Entre temps, il a été invité à diriger un laboratoire privé du nom de Cerbiol, installé en Isère, jusqu’en 1987. Ce biologiste moléculaire a révolutionné l’approche thérapeutique du cancer. Longtemps soutenu par le CNRS et l’Institut Pasteur pour ses recherches « prometteuses », le Professeur Mirko Beljanski fut néanmoins écarté par ses pairs, ces théories allant à l’encontre de la pensée classique.

Dans les conditions normales, la cellule doit dupliquer son génome ADN, transcrire des gènes en ARN et traduite ces ARN en protéines conformes. Il existe une différence entre les ADN des cellules saines et ceux des cellules cancéreuses dont les brins sont ouverts en permanence et ne fonctionnent plus de façon coordonnée. Quelques substances se sont révélées actives sur l’ouverture excessive des brins d’ADN, sans toxicité pour les cellules normales. Ces remèdes ont été choisis grâce au “test d’activité ribonucléasique” (Oncotest) et ont la propriété de freiner considérablement le développement tumoral et la multiplication virale par “verrouillage des brins d’ADN” :
Comment s’est-il intéressé plus particulièrement à la question du cancer ?
Tandis qu’il était jeune chercheur à l’Institut Pasteur, il a eu l’opportunité de faire un partenariat de près de deux ans avec un prix Nobel, Severo Ochoa, à New York, qui l’a mis sur une piste de travail en l’intéressant aux états de l’ADN. Une fois rentré à l’Institut Pasteur de Paris, il a continué à se pencher sur la déstabilisation de l’ADN en raison de facteurs environnementaux.

Il prétendait qu’en l’absence de mutation génétique, il pouvait y avoir un cancer lié aux facteurs environnementaux, puisqu’il avait démontré par le biais de l’Oncotest que ces facteurs environnementaux peuvent déstabiliser cumulativement et progressivement l’ADN. C’était donc offrir une autre vision du cancer, et en même temps retirer le tapis sous le pied de toute cette recherche dans laquelle il y avait énormément d’argent investi, pour le développement de la recherche génétique. Il s’est faits ainsi quelques ennemis à l’Institut Pasteur.

Pourquoi ce fameux Oncotest, n’a-t-il pas été retenu par la recherche sur le cancer ? Il y a sans doute deux raisons à cela :

La première étant que c’est un test sensible avec une marge d’erreur extrêmement faible, qui permet de montrer si un produit a un potentiel cancérogène. Donc vous imaginez bien que la plupart des sociétés qui ont des produits douteux sur le marché n’ont absolument aucune envie d’utiliser un test qui mettrait en avant leurs défauts. Ce qui n’a pas empêché Mirko Beljanski de breveté cet Oncotest qu’aucun laboratoire n’a souhaité acheter et qui est à présent dans le domaine public.

Ensuite, il a eu l’idée d’utiliser son test pour voir s’il y avait des molécules qui pouvaient faire le contraire des cancérogènes, c’est à dire de contrer la déstabilisation ADN des cellules cancéreuses. Finalement, il a trouvé deux plantes capables de faire cela, à savoir le Pao Pereira et le Rauwolfia Vomitoria.
Comment et pourquoi sa collaboration avec l’Institut Pasteur a-t-elle pris fin ?
D’abord, il s’est intéressé au virus du SIDA à l’époque où le laboratoire Glaxo-Smith-Kline voulait absolument imposer l’AZT. A travers l’association COBRA, le Pao Peirera a été largement diffusé, hors du circuit pharmaceutique, grâce à une centaine de praticiens amis surpris des bons résultats obtenus, dans une période ou les patients mouraient par milliers, faute de molécules efficaces.

Ensuite, il y a eu l’affaire du cancer de la prostate du président François Mitterrand, révélé par une métastase dès sa première élection, et que F. Mitterrand a décidé de prendre les produits « Beljanski », puis qu’il a fini son deuxième mandat… cela a créé un nouveau groupe de gens puissants, ayant eu l’impression de perdre la face et d’être ridiculisés à cause de quelques molécules naturelles…

Sans le vouloir, M. Beljanski a fait tout ce qu’il fallait pour se mettre tout le monde à dos !

Pour revenir à ses recherches, quand le Pao Pereira a-t-il été suspecté d’avoir des résultats positifs sur le cancer ?

Cela date de l’époque de ses premières publications. Si vous allez sur le site de la fondation Beljanski, https://www.beljanski.info/, vous trouverez la liste de toutes ses publications. Il y a beaucoup de choses sur ce site, qui a été retravaillé récemment. Dès les années 80, il a commencé à travailler sur le Pao Pereira et à mettre en évidence son efficacité sur différents types de cellules cancéreuses.

Depuis lors les recherches n’ont pas cessé sur les vertus de cette plante, d’ailleurs les dernières études sont très récentes… et datent de cette année 2018, sur l’inhibition des cellules-souches du cancer du pancréas, par le Pao Pereira et le Rauwolfia Vomitoria, faisant l’objet de deux publications différentes, in vitro et in vivo. Ce travail a été poursuivi par le Kansas University National Center.

Certains laboratoires, services de santé américains ou internationaux se sont-ils penchés sur ses travaux et leur continuité, afin d’aider à répandre ces solutions ?

Nous avons fait des études sur les cellules cancéreuses de 3 types de cancer : pancréas, prostate et ovaires, sur lesquels ces produits fonctionnent aussi bien. Mais les sociétés pharmaceutiques n’ont aucun avantage à investir dans les remèdes naturels, puisqu’elles ne peuvent pas les breveter. Si les propriétaires d’actions de firmes pharmaceutiques veulent voir un retour sur leur investissement, les sociétés pharmaceutiques ne développent que des molécules qu’elles peuvent breveter, évidemment.

Quel genre d’homme était Mirko Beljanski, sur le plan personnel ?

C’était un rat de laboratoire, il adorait son laboratoire, il vivait pour la recherche. Tout le reste ne l’intéressait que médiocrement. Cependant il était extrêmement touché par les malades, il devenait d’une patience infinie pour les écouter, pour leur poser des questions et chercher à comprendre, s’intéresser à toutes leurs analyses, voir s’il n’y avait pas une déficience vitaminique ou un déséquilibre hormonal qui aurait pu justifier la cause de leurs malaises…

Il demandait de leurs nouvelles et était extrêmement présent pour les gens malades qu’il rencontrait.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.