Santé, maladies et guérison des animaux domestiques

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Santé, maladies et guérison des animaux domestiques

La santé

La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

Cette définition montre que la santé n’est pas simplement équivalente à l’absence de symptômes, c’est-à-dire à l’absence des manifestations visibles des maladies. La santé est bien plus que ça, puisqu’elle résulte de la quiétude et de l’union harmonieuse du corps, des fonctions organiques, de l’existence et de l’environnement social. Cette définition doit aussi être notre référence en Médecine Vétérinaire.

La maladie

La maladie est l’éloignement prouvé de leur état normal des données anatomiques, physiologiques, immunologiques et psychiques d’un organisme… ce qui aboutit à un état pathologique, pris dans le sens d’une perturbation de l’homéostasie. La condition de base de la santé est donc la suivante : chaque partie du corps et chaque organe doivent être en ordre. Un organisme ne peut pas être en meilleure santé que son organe le plus faible. Il faut en plus que soit garantie l’union et l’harmonie des fonctions et des forces corporelles. Si un organisme s´éloigne de cette harmonie, on est en présence d’une maladie.

Hiérarchie de la Nature :

                                                                                   Consciemment responsable

                                                     Psychique

                                                     Animé de sentiments

                           Physiologique

                           Vivant

Physique

Chimique

Inanimé

MINERAL           VÉGÉTAL           ANIMAL                HUMAIN

Les maladies des animaux domestiques sont le plus souvent la conséquence des erreurs des Humains qui s’en occupent. La surveillance des animaux est une vocation !

 

Et les maladies infectieuses ?

Les germes pathogènes, considérés comme responsables de la plupart des maladies, sont normalement partout présents et ne sont que des agents pathogènes facultatifs, c.-à-d. qu’ils ne déclenchent pas obligatoirement une maladie. En réalité, ce n’est le plus souvent pas le germe pathogène qui est réellement responsable de la maladie, mais c’est l’état du corps qui permet à un organisme étranger (parasites, bactéries, virus, fungus) de pénétrer dans un corps qui leur est normalement imperméable.

Le manque de résistance contre la pénétration des organismes pathogènes et la déficience des défenses immunitaires sont synonymes de maladie. Même l’environnement dans lequel vit l’animal peut jouer un rôle dans l’apparition d’une maladie, par exemple lorsque l’animal est soumis à la présence continuelle d’organismes pathogènes, ce qui peut aller jusqu’à briser ses défenses. Un tel scénario peut concerner presque tous les germes. Le véritable problème est presque toujours une perturbation interne et/ou un surmenage externe. Le plus souvent en effet, le germe ne fait que mettre à profit des conditions qui lui sont favorables.

Tendances actuelles des maladies des animaux domestiques

Il semble que le développement des maladies subisse des changements au cours du temps. Reconnaître et traiter les maladies des animaux domestiques est devenu plus difficile. Les formes classiques des maladies animales typiques décrites dans la littérature vétérinaire n’existent pratiquement plus aujourd’hui. Les maladies se mélangent et se combinent alors que les symptomatiques se diluent, perdent leur clarté et se superposent mutuellement.

L’organisme, qui est malade lorsque ses organes le sont, voit ses fonctions perturbées. La maladie n’apparaît plus sous la forme d’une altération bien délimitée arrivée dans un certain organe, mais elle touche l’organisme entier. Les maladies ont maintenant tendance à s’attaquer aux organes au-dessous de la surface visible et à ne produire que rarement des symptômes externes visibles. Cela n’empêche pas ces maladies d’être là en permanence, et il n’est pas rare qu’elles provoquent des lésions irréversibles aux organes atteints.

Les germes qui contribuent à l’apparition d’une maladie développent des formes toujours plus difficiles à combattre. On peut aussi parler « d’agents pathogènes intelligents », c.-à-dire tous les microorganismes qui développent toujours plus de résistances aux antibiotiques. Ces résistances sont ensuite transmissibles.

L’interface d’un organisme est son enveloppe corporelle, la peau. En fait, l’individu n’est pas séparé du monde extérieur uniquement par son interface externe. Les très fines structures des poumons sont les meilleurs exemples d’interfaces internes avec le monde extérieur. Il y a une simple couche alvéolaire de cellules, suivi d’une membrane basale extrêmement fine qui accueille à son tour les plus fins embranchements des vaisseaux sanguins, les capillaires. Des maladies peuvent se développer partout où il y a de telles interfaces. Ici, la maladie est l’expression d’une perturbation de l’efficacité de la séparation entre le monde intérieur et extérieur. Si la claire séparation entre le monde intérieur et le monde extérieur n’est plus garantie, que ce soit par endommagement des interfaces externes (par exemple la peau) ou internes (par ex. la limite entre le sang et les poumons), une infection peut survenir et se développer en maladie, quel que soit l’organe concerné. Le monde extérieur pénètre illégitimement dans le corps sous la forme de germes pathogènes, ce qui lui cause des dommages. En même temps le monde intérieur évacue vers l’extérieur des excrétions pathologiques sous forme de pus ou d’autres sécrétions (p.ex. glaire/mucus).

On observe chez l’humain et les animaux une tendance générale à l’affaiblissement des défenses corporelles, notamment immunitaires. De plus en plus souvent apparaissent de graves infections pulmonaires, des diarrhées contre lesquels on agit en vain tout un arsenal thérapeutique. On oublie en réalité que dans ce genre de cas le problème principal ne vient pas de l’organe touché, mais que la véritable maladie est un affaiblissement ou un endommagement du système de défense immunitaire. Il est très vraisemblable qu’il y ait ici, comme dans le problème des allergies toujours plus fréquentes, non seulement une augmentation de l’agressivité de notre environnement qui provoque l’affaiblissement de l’organisme, mais que des facteurs internes y contribuent.

Parallèlement à son affaiblissement, le système immunitaire a aussi tendance à réagir de manière exagérée et déséquilibrée : ce sont les allergies. Dans le cas d’une allergie, la substance qui la déclenche (l’allergène) est normalement remplaçable. Le plus souvent en effet, une autre allergie apparaît sitôt fini le traitement de la première. Le problème ne vient en fait pas de l’allergène en soi, mais des réactions exagérées et inadaptées du système de défense immunitaire, qui s’avère incapable de réagir adéquatement aux problèmes que lui posent l’environnement et qui finalement réagit aléatoirement contre n’importe quoi.

Les maladies multifactorielles

Bien souvent une maladie donnée n’est plus déclenchée par une seule cause. Nous voyons actuellement qu’une multitude de facteurs, dépendant des domaines les plus divers formant l’environnement animal, concourent à l’apparition d’une maladie, comme si celle-ci était causée par l’accumulation de diverses erreurs.

La guérison

Après avoir vu que les notions de santé et de maladie ont en réalité une signification bien plus large que celle donnée par leur définition commune, il est normal que la notion habituelle de guérison doive être complétée elle aussi. La guérison n’est pas seulement l’élimination des symptômes d’une maladie, mais c’est la restauration de la santé corporelle, organique et psychique des animaux.

En règle générale, l’administration de médicaments ne suffit pas pour apporter la guérison. Lorsque la santé a été profondément perturbée, la thérapie est sensiblement plus complexe. Si on veut vraiment guérir, il faut toujours agir sur plusieurs plans.

Démarche

Nous ne devons pas laisser souffrir les animaux, que ce soit à cause d’une inflammation ou d’autres douleurs. Quand un animal souffre, il faut toujours chercher immédiatement à le soulager. Il faut mettre en ouvre la bonne thérapie à court terme.

1/ Les mesures thérapeutiques à court terme :

  • Doivent être efficaces et agir rapidement ;
  • Doivent aussi agir longtemps ;
  • Devraient avoir le minimum d’effets secondaires ;
  • Doivent bien sûr être financièrement raisonnables.

2/ Les mesures à moyen terme vont consister à éliminer la cause de la maladie. C’est une étape qui est souvent négligée.

Seul ce drainage des causes des maladies permet de garantir qu’un succès thérapeutique rapide ne sera pas suivi de rechutes.

Si on ne supprime pas les causes de la maladie, il est inévitable que la maladie de l’animal guéri développe et se généralise dans le troupeau.

3/ Les mesures à long terme

En plus des mesures à court et à moyen terme, il faut prévoir des mesures à long terme. Les mesures à long terme comprennent par ex. la vérification du concept de la sélection/génétique. Si des erreurs de sélection ont contribué à l’apparition de la maladie en question.

La correction du concept de nourriture de bonne qualité, le choix des aliments (biologiques, nourriture naturelle ou industrielle chimique), le choix des produits qu’on utilise par ex. comme prévention contre les ectoparasites (puces, tiques) et endoparasites (parasites intestinaux ou pulmonaires) et la notion de « terrain biologique » (analyses BNS de www.mybiobox.com) de chaque animal font typiquement partie des mesures à long terme.

Pour réussir à traiter les maladies “en profondeur”, il faut la conjonction de mesures immédiates et adéquates (médicaments), de mesures causales (élimination des causes des maladies) et de réflexions conceptuelles à long terme (quelles sont les erreurs systématiques commises avec mes animaux ?).

A propos de l'auteur
Marisa Neves
Diplômée en Médecine Vétérinaire (FMV, Lisbonne) Diplômée en Acupuncture Vétérinaire (IMAOV, Paris) Étudiante en Homéopathie (FFMI, Genève)