Sinusite

      Sinusite

Les sinus complètent le rôle du nez dans le conditionnement de l’air inhalé (filtration, température et humidité). Pour le praticien la difficulté consiste à différencier une rhinite muco-purulente (rhume traînant) d’une sinusite aiguë. C’est l’apparition d’une douleur unilatérale de la face qui va permettre le diagnostic différentiel. Le traitement doit avoir pour objectif de lutter contre l’inflammation, l’œdème de la muqueuse et l’infection.

L’absence d’efficacité impose une radiographie des sinus et le recours à l’ORL. Dans certaines sinusites aiguës bloquées (frontales, sphénoïdales) hyper algiques, ne répondant pas au traitement, une ponction évacuatrice de sinus peut être nécessaire.

  • La sinusite frontale aura plus volontiers une céphalée fébrile matinale,
  • La sinusite maxillaire sera plutôt vespérale et reconnaît une origine souvent dentaire : cherchez un chicot ou une carie négligée sur une unilatéralité des signes nasaux.
  • La sinusite sphénoïdale, dont le symptôme d’appel est une céphalée rétro-orbitaire, comporte des risques ophtalmologiques (baisse vue et troubles oculomoteurs) et endocraniens (phlébite, méningite).
  • L’ethmoïdite, atteinte isolée de diagnostic difficile, se voit plus souvent chez l’enfant : œdème de l’angle interne de l’œil et de la paupière (attention à l’orbite !). Elle est souvent associée à la présence de polypes nasaux.

Lorsqu’une personne souffre de sinusite aigüe plus de trois fois par an, on parle de sinusite récidivante. Ce type de sinusite peut être lié, par exemple, à une déformation de la cloison nasale qui prédispose à une obstruction des orifices d’élimination du mucus.

Si la sinusite dure plus de trois mois sans amélioration, on parle de sinusite chronique. Les sinusites chroniques sont le plus souvent des sinusites aigües mal soignées ou des sinusites d’origine allergique. Leurs symptômes sont similaires à ceux des sinusites aigües, sans fièvre.

Les personnes qui souffrent de sinusite doivent éviter de s’exposer à la fumée de tabac et maintenir un taux d’humidité suffisant à leur domicile ou sur leur lieu de travail. Attention aux systèmes de climatisation qui assèchent l’atmosphère. Il est également important de veiller à boire suffisamment pour rester hydraté.

De plus, les personnes qui souffrent de sinusite aiguë doivent éviter les baignades et les voyages en avion. En effet, lors de la descente de l’avion, les sinus bouchés ne peuvent pas ajuster leur pression interne ce qui entraîne des douleurs intenses. En cas de nécessité impérative de prendre l’avion, le médecin peut prescrire des médicaments décongestionnants pour prévenir ce type de problème.

Chirurgie :

Le traitement des sinusites ne fait appel à la chirurgie que dans des cas très particuliers, par exemple pour corriger une déviation de la cloison nasale ou pour enlever des polypes. Il arrive qu’une intervention chirurgicale soit nécessaire pour visualiser l’intérieur d’un sinus (sinuscopie, par exemple à la recherche de polypes) ou pour déboucher un sinus.

Un lavage du sinus sous anesthésie locale peut alors être effectué pour dégager le mucus accumulé et, éventuellement, faire une culture des germes responsables de l’infection afin de choisir un antibiotique adapté.

 

Traitement homéopathique :

* Sur-aiguë : Belladonna (ca) … fièvre et céphalée

La fréquence accrue des allergies, de la pollution aérienne, les antibiothérapies inadaptées et les barotraumatismes restent des facteurs favorisants.

* Chronique :

  • Calcarea sulfurica … décharges muqueuses jaunes et épaisses
  • Kalium carbonicum … racle l’arrière-nez
  • Kalium muriaticum … sécrétions jaunes-grises, adhérentes
  • Kalium sulfuricum (ou Pulsatilla) … amélioré par l’air frais
  • Natrum carb. … écoulement postérieur mucopurulent, aggravé par la chaleur
  • Spigelia (cu) … écoulement dans cavum, contexte vermineux .
  • Silicea ou Calcarea silicata … aggravé par l’air frais.

Si hypertrophie des cornets (ou présence d’un polype) :

  • Thuya occidentalis … ou Natrum sulfuricum
  • Teucrium marum (na) … ou Silicea
  • Sanguinaria (ph) … ou Phosphorus
  • Nitricum acidum … ou Hydrastis (k)
  • et les différents Calcarea ….

Dans l’espace …

1/ Sinusites frontales et ethmoïdales

Une fièvre avec œdème douloureux de l’angle interne de l’œil et rhinorrhée purulente doit faire suspecter une ethmoïdite aiguë. L’examen clinique doit permettre de dépister une éventuelle complication ophtalmologique (cellulite ou abcès orbitaire) ou neurologique (thrombophlébite du sinus caverneux). Aggravées :

• par le froid :

  • Kalium bichromicum … pus jaune-vert, croûtes
  • Kalium iodatum … aqueux, prolongé (sur fond allergique)
  • Cistus canadensis (au) … sensation de froid glacial et réaction ganglionnaire

• par la chaleur :

  • Allium cepa (s) … écoulement clair (coryza spasmodique)
  • Hydrastis … écoulement clair au jaune épais

• par les températures extrêmes :

  • Arsenicum iodatum … mais désir d’air frais.
  • Cinnabaris (hg) … pus + haleine nauséabonde
  • Hepar sulfur (ca) … attention ! le pus doit pouvoir se drainer.

Peu d’influence de la température :

  • Eupatorium perfoliatum (ca) … fièvre, globes oculaires douloureux
  • Sticta pulmonaria (s) … obstruction nasale, améliorée par mouchage, toux

2/ Sinusites maxillaires :

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Droite aggravée par le froid :

  • Aurum … pression douloureuse des malaires
  • Corallium rubrum (s) … sinusite maxillaire, toux nocturne.
  • Kalium bichromicum … ozène, antécédents d’eczéma

Droite aggravée par la chaleur : Hydrastis (k) … catarrhe filant et jaunâtre des muqueuses.

Gauche aggravée par le froid : Mezereum (hg) … aggravation nocturne

Gauche aggravée par la chaleur :

  • Lachesis … aggravée à l’arrêt de la rhinorrhée
  • Melilotus (s) … céphalée battante améliorée par un épistaxis.

Dans la forme : écoulement clair ou suppurant ?

CHU à alterner en aigu : “Calcarea comp.” / “Sulfur comp.”, “Lachesis comp.” (ou “Hepar comp.” si drainable) avec “Kalium bich. comp.” (les glaires). 

Toujours soulever la question :

  • d’une récente vaccination : Grippe, BCG, Pneumocoque ++ …
  • d’une épine irritative dentaire (surtout si contexte de parodontopathie = poches)
  • d’une auto-intoxication digestive : Lycopodium / Pulsatilla … avec : Paratyphoïdinum B
  • d’une allergie exogène : poussières, pollens, etc … Blatta orientalis, Poumon-histamine
  • d’un polype nasal, qui peut provoquer une sinusite. Ils sont trois fois plus fréquents chez les personnes asthmatiques et, en particulier, chez celles qui souffrent de syndrome de Widal.
  • d’un asthme : il a été démontré que la présence d’une sinusite chez une personne asthmatique augmente son risque de développer une crise d’asthme et s’accompagne de plus grandes difficultés à contrôler son asthme.

Dans certains cas résistants, on pourra utiliser un isothérapique de sécrétions nasales ou un isothérapique urinaire post-prandial (patient allergique).

Pratiquer un BNS est toujours souhaitable, pour faire le point du rôle des différents facteurs et choisir un traitement d’action globale adapté !

Anthroposophie : Argentum D30 + Silicea D12 + Berberis D3 aa amp. injectable

Avec onguent local : Berberis Fruct. + Prunus Spinosa 5% aa

Aromathérapie : H.E. naturelle de Lavande, de Thym ou de Serpolet (3 labiées !), quelques gouttes à verser sur un mouchoir et à respirer, 4 à 5 fois par jour.

Complexes d’HE tout prêt en pharmacie : Calyptol inhalant ou Vapomyrthol.

Sérothérapie : Serum equi 4CH “Sinus” + “SRE”, gouttes buvables à alterner

Oligo-éléments :

  1. Mn-Cu (sinusites récidivantes) alterné avec : 
  2. Soufre (terrain allergique) ou Cuivre-Or-Argent (surtout infectieux)
  3. Certaines stations thermales proposent des cures destinées aux personnes qui souffrent de sinusites récidivantes.
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.