Végétariens – végétaliens – véganes

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Régimes d’exclusion “philosophiques”

Le Végétarisme est une pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale pour des motivations diverses liées à l’éthique, leur religion, leur culture ou leur santé, mais d’autres facteurs peuvent motiver l’adoption d’un régime végétarien, comme la critique des méthodes de traçabilité, d’élevage et d’abattage, l’impact environnemental ou encore le refus par principe de l’exploitation animale.

La définition la plus large du végétarisme correspond à l’ovo-lacto-végétarisme qui consiste à consommer des végétaux, des champignons et des aliments d’origine animale, comme le miel, les œufs, le lait, ainsi que leurs produits dérivés. Il s’agit du végétarisme occidental. Le végétarisme indien, autorise la consommation de produits laitiers, mais exclut les œufs.

FruitsSaison

Vécu de cette attitude :

Étant jeune, j’étais végétarien. Je ne supportais pas l’idée d’un animal mort dans mon assiette. Si quelqu’un essayait de me forcer, j’avais des haut-le-cœur irrépressibles m’empêchant d’avaler. Heureusement, autour de moi, tout le monde était au courant : « Jean-Marc est végétarien ». Ces souvenirs remontent à l’âge de quatre ans, peut-être plus loin encore.

« Végétarien », c’était une fête. C’était le droit de n’avoir, dans mon assiette, que de bons légumes, de la salade, des crudités. En desserts, des fruits, des noix, de la salade de fruit !! Si l’on ne me donnait que des légumes, je devenais l’enfant modèle, celui « qui termine tout ce qu’il a dans son assiette ». Alors dans mon esprit, l’association est restée très claire. Végétarien = bon goût, joie.

Je suis toujours ainsi. Bien que j’aie finalement appris, vers l’adolescence, à manger de tout, cela n’a jamais été un sacrifice pour moi de manger végétarien, au contraire. Je sais comme on peut se sentir bien d’être végétarien. Et je ne suis pas surpris de voir des études qui montrent que c’est vraiment très bon pour l’homme. Si tout le monde mangeait végétarien, un tiers des décès précoces seraient évités. Selon le Dr Walter Willet, de l’Université de Harvard, les bienfaits du régime végétarien ont été fortement sous-estimés jusqu’à aujourd’hui.

« Nous avons fait des calculs sur la réduction de la mortalité en allant vers un régime plus sain, plus basé sur des produits végétaux – pas nécessairement végane – et selon nos estimations, environ un tiers des décès précoces seraient évités. », a-t-il déclaré lors d’une conférence sur la santé à la Cité du Vatican.

Le Pr David Jenkins, de l’Université de Toronto, considéré comme le « père » de l’Index Glycémique, a également déclaré que les bienfaits du végétarisme avaient été sous-estimés. Il a recommandé de suivre le régime « simien » (de simius, singe), c’est-à-dire une alimentation similaire à celle des gorilles des plaines qui mangent des tiges, des feuilles, des baies et des fruits.

Dans le débat, il est fait grand cas des carences nutritionnelles que risqueraient les végétariens : vitamine B12, iode, calcium, fer et acides aminés. Les végétariens consommant des légumes et des fruits, mais aussi du lait et des œufs, ils n’ont en principe pas de risque de carence.

Toutefois je voudrais préciser que le régime végétarien moderne est, trop souvent, compatible avec la pire malbouffe. Et dans ce cas évidemment, les bienfaits pour la santé s’évanouissent, et les carences en tout genre peuvent exister. En effet, manger des cacahuètes grillées, des chips, de la pizza margherita (tomate et fromage) et boire du Fanta répond, sur le papier, au critère du régime végétarien. Les bonbons, les frites, les Mars, les pâtisseries et le Coca-Cola, aussi, sont « végétariens ». Vous pouvez donc devenir obèse, hypertendu, diabétique et cardiaque en mangeant végétarien (vous n’avez pas d’iode, ni de fer, ni de vitamine B12 dans les frites !!!)

 

Les “Flexitariens” ?

Vous ne le savez pas encore mais vous avez probablement quelques personnes dans votre entourage qui suivent un régime flexitarien.  Vous vous demandez s’il s’agit encore d’une nouvelle mode des médias santé ? Si le mot parait étrange, il représente pourtant une tendance montante chez les Français. Les personnes qui suivent un régime flexitarien sont en réalité des « semi-végétariens ». Les flexitariens sont des végétariens qui mangent parfois de la viande et du poisson lors d’événements particuliers comme des repas en famille, des mariages, etc.

Le régime flexitarien a été créé par la diététicienne Dawn Jackson Blatner pour aider les gens à bénéficier des bienfaits de l’alimentation végétarienne tout en consommant des produits d’origine animale avec modération. C’est pourquoi le nom de ce régime est une combinaison des mots flexible et végétarien. Le régime flexitarien n’a pas de règles claires et n’impose pas de quantités spécifiques de calories ou de macronutriments à consommer chaque jour. En fait, c’est plus un mode de vie qu’un régime.

 

Le Végétalisme est une pratique alimentaire qui exclut les produits animaux (viandes, poissons, crustacés, mollusques) et les sous-produits d’origine animale (produits laitiers, œufs, gélatine, miel, etc…). Dans ce cas, le seul risque avéré de carence concerne la vitamine B12. En effet, c’est un nutriment indispensable pour l’homme mais il ne se trouve que dans les produits animaux.

À noter que le risque est faible, car tous les sites pour végétaliens en parlent. Tous les végétaliens que je connais en sont conscients. La vitamine B12 est en outre très facile à trouver en complément alimentaire. On l’appelle cobalamine et beaucoup de produits alimentaires estampillés « végan » en contiennent de toute façon : certains laits végétaux en particulier, ou même le dentifrice. Il faut en prendre 10 microgrammes par jour, ou alors 200 microgrammes une fois par semaine (car alors le taux d’absorption chute).

Les symptômes caractéristiques d’une carence en B12 sont la perte d’énergie, les fourmillements, les engourdissements, la diminution de la sensibilité à la douleur et à la pression, la vision floue, la démarche anormale, la langue irritée, la mémoire défaillante, la confusion, les hallucinations et le changement de personnalité. On parle aussi de risque de carence en fer, en iode, en calcium et en acides aminés mais il s’agit d’un mythe, à moins bien sûr de suivre un régime végan-malbouffe, qui, en effet conduit à des problèmes de santé (voir ci-dessus).

Les végétaliens consomment des aliments provenant des règnes végétal (graines, légumes, fruits, fruits à coques, huiles végétales, épices, etc…), fongique (champignons comestibles, levures alimentaires, levain, etc…) et bactérien (bactéries lactiques comme le bifidus dans le soja fermenté ou le leuconostoc dans la choucroute, ainsi que les sous-produits de plusieurs espèces de bactéries comme source de vitamine B12).

Quant aux acides aminés, les huit acides aminés essentiels se trouvent dans les végétaux. Le problème est que deux d’entre eux sont rares dans certaines catégories de végétaux : la lysine est rare dans les céréales et la méthionine rare dans les légumineuses, c’est pourquoi il est important de consommer les deux. Mais là encore, tous les végétaliens que je connais sont conscients de ce problème. Légitimement, ils s’agacent quand on cherche à leur faire la morale là-dessus.

 

ProtVeg

 

Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit ou service issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux. Cette idéologie peut prendre la forme de l’antispécisme, un mouvement selon lequel la même considération morale devrait être accordée aux différentes espèces animales. Plus généralement, le véganisme peut s’inscrire dans une action pour la défense des droits des animaux.

Au-delà de l’adoption d’une pratique alimentaire végétalienne (qui exclut la viande et le poisson, mais aussi les produits laitiers, les œufs et le miel), le véganisme exclut la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d’abeille, cosmétiques et médicaments testés sur des animaux ou contenant des substances animales). Il exclut également l’utilisation d’animaux dans le cadre des loisirs (chasse, corrida, cirques, zoos, etc.).

On nomme communément végane la personne qui opte pour le véganisme. Le mot « végan » est aussi utilisé au masculin. Le mot vegan est utilisé en 1946 par Fay K. Henderson, qui publie le livre de cuisine Vegan recipes. Il faut attendre 1951 pour que la Vegan Society annonce une définition officielle.

NB. Ces régimes posent le problème de l’apport suffisant d’acides aminés essentiels (protéines), de fer et de vitamine B12. Une bonne connaissance des supplémentations est nécessaire pour éviter les carences.

 

Gastronomie, végétarisme et détox ?

Les créateurs rivalisent d’idées pour mettre au point de délicieux petits plats, équilibrés et même détox ! Saluons ces avancées pour faire coincider gastronomie et diététique idéale, comme celle-ci, appliquée aux glaces :

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.