Vitamine C

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   La Vitamine C (acide ascorbique)

C’est bien la lutte contre le scorbut qui mena à la vitamine C. Au XVIIIe siècle, le médecin écossais James Lind observe la disparition des symptômes chez des marins – la maladie décimait les équipages – ayant consommé des citrons et des oranges. Bientôt, le problème sera réglé grâce à l’appertisation.

En 1928, le chercheur hongrois Albert Szent-Gyorgyi observe chez les rats que des jus de plantes comme le chou ou l’orange ont le même effet qu’une substance réductrice présente en quantité dans le cortex surrénal, et qui vient contrebalancer l’oxydation des tissus. Il nomme cette substance « acide hexuronique » car elle est constituée de 6 atomes de carbone et 6 d’oxygène. En 1932, il extrait 500 g d’une poudre blanche cristallisée à partir de 2 tonnes de poivrons doux, le même utilisé pour le fameux goulash, et décide de rebaptiser l’acide hexuronique en acide ascorbique, soit anti-scorbutique, avant de faire le lien avec la vitamine C étudiée à la même période par d’autres biochimistes célèbres tels que Jack Cecil Drummond ou Charles Glen King. En 1937, il est récompensé par le prix Nobel de médecine. Entre-temps, Tadeusz Reichstein puis Walter Norman Haworth ont pu synthétiser la molécule : on se réjouit, c’est autant de poivron pour nos assiettes !

La Vitamine C est présente pour divers fonctions essentielles :
– c’est un puissant antioxydant, elle régénère la vit. E oxydée et participe à la réduction des nitrites et du fer (Fe3+).
– elle est psychotonique (peut énerver en surdosage), car elle joue un rôle important dans la synthèse de la noradrénaline (les neurotransmetteurs sont essentiels au fonctionnement du cerveau et connus pour affecter l’humeur)
– elle est immunostimulante (active l’interféron) et protecteur de membranes. La vitamine C intervient auprès de huit enzymes différentes.
– elle contribue à la synthèse du collagène (une composante importante de structure des vaisseaux sanguins, les tendons, les ligaments et os)
– elle est indispensable à l’absorption du Fer.

– elle protège de l’intoxication à l’amanite phalloïde.

En outre, la vitamine C est nécessaire pour la synthèse de la carnitine (une petite molécule importante pour le transport de matières grasses dans les mitochondries). La recherche suggère également que la vitamine C est impliquée dans le métabolisme du cholestérol en acides biliaires … mais attention, elle peut favoriser une lithiase !

Mais c’est aussi la plus fragile des vitamines : elle est détruite par l’air, la chaleur (90% lors de la cuisson) et la lumière.

Les besoins sont augmentés en de multiples circonstances : grossesse, allaitement, croissance, états de stress, infections … Elle est présente dans les légumes et les fruits frais, sa carence entraine le scorbut (maladie des marins au 18ème siècle). Le tabac consomme la vit. C, entrainant une gingivite chronique = c’est le “scorbut des fumeurs” !

Contrairement aux idées reçues, les légumes sont plus riches en vitamine C que les fruits. L’acérola mis à part, grand champion avec 1 790 mg pour 100 g, le poivron cru en contient 127 à 167 mg, loin devant le jus d’orange (50 mg) ou de citron (37 mg), battus aussi par le persil (200 mg), le brocoli (110 mg) ou la ciboulette et le cresson (60 mg).

NB. Tous les plantes à épines font de la vitamine C !

 

 

 

 

 

 

 

 

De nombreux laboratoires la propose à partir d’extrait sec d’Acérola (Malphighia galabra), petite cerise d’Amérique du sud de culture biologique, particulièrement riche en vit. C.

Quelques auteurs, dont L. Pauling, ont suggéré que des doses élevées pourraient prévenir du cancer, ce qui a fait l’objet de débats passionnés dans la communauté scientifique. Quelques publications ont en effet décrit un effet antiprolifératif. Une équipe française (S. Belin et coll. de Marseille) confirme l’existence de cette propriété : la vit. C a un rôle sur l’AMPc et bloque la croissance des tissus tumoraux en phase “S”. Chez l’animal (souris), on observe que des concentrations élevées de vit. C inhibent la progression tumorale :

http://orthomolecular.org/resources/omns/v07n03.shtml

D’autres essais ont été effectués pour démontrer ses propriétés anti-virales. Regardez un cas clinique récent lors de la pandémie H1N1 :

http://www.3news.co.nz/Living-Proof/tabid/371/articleID/171328/Default.aspx

Apports Journaliers recommandés (AJR) = 60 à 90 mg. par jour.

Attention cependant, l’excès de vitamine C provoque une certaine nervosité, de l’insomnie et de la diarrhée (accélération du transit intestinal). Elle peut aussi favoriser les calculs rénaux chez des patients prédisposés.

VITC

A propos de l'auteur
Catherine Cattaert
Docteur en Pharmacie, Pharmacienne d'industrie. Praticienne MTC Actuelle présidente de IMH (association)